‹ Mémoires du commandant Persat, 1806 à 1844Chapitre 106 sur 165 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

longueur» mais n*y périt pas commo sa viciime. M. le commandant Barthélémy fut assez heureux pour survivra à ses nombreuses contusions, mais quelle humiliation pour les troupes qui lui avaient été confiées! nous en parlerons plus tard.

Le chef d'état-major Marnier était aussi fougueux légitimiste alors, qu'il est maintenant exalté et dévoué philippiste; on peut d'ailleurs en juger par ses discours et ses votes ministériels à la Chambre des députes. M. Marnier, s'étant enfin convaincu que le gouvernement du Roicitoyen serait de longue durée, demanda à rentrer en France, ce qu'il obtint facilement, car notre gouvernement était si joyeux lorsqu'il pouvait faire l'acquisition d'un légitimiste! M. Marnier, l'ami particulier do M. Schneider,, fut nommé colonel immédiatement après sa rentrée en France. N'avait-il pas mérité cette faveui'-là pour avoir passé paisiblement trois années dans un pays où il n'y avait ni . bals, ni spectacles!

Lavelaine, dit Maubeugc, qui remplissait les fonctions de sous-chef d'état-major de cette pauvre brigade, était sorti de l'Ecole de Saint-Cyr en 1813 ou 1814, où il s'était fait peu aimer par ses camarades (1). Je crois qu'il a fait la fin de la campagne de 1813 et celle de 1814; c'est là que se bornent ses hauts faits, car depuis' 1815 jusqu'en 1833, il a été presque toujours à la suite des généraux Durrieu, Trézel et Schneider, etc.; c'est ce que m'ont certifié plusieurs olRciors du 42* de ligne.

La brigade avait aussi sa gendarmerie^ C'était un nommé Odouy qui la commandait. Cet homme était arrivé en Grèce maréchal des logis; il est rentré avec le grade de lieutenant et la croix de Henri IV. Quel avancement dans cinq années! Aussitôt après notre rentrée en Franco en 1833 M. Schneider lui donna la direction de Perpignan, son pays, où il est toujours. Je suis élomté qu'il ne l'ait pas encore

(1) J*en pourrais nommer un bon nombre, mats comme ils sont en ocU* vite de service, je m'en abstiens dans la crainte do leur nuire.

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fait nommer capitaine, car c'est un gendarme si parfait, si dévoué au pouvoir.

J'ai dit que notre brigade avait eu jusqu'à quatre sousintendants; ces messieurs se nommaient : Lacour, Flandin, Berlié et G... (1); le premier, homme d'esprit, avait été notre commissaire des guerres de la brigade Sainte-Croix en Portugal en 1810. Lacour était d'un caractère honorable, mais un peu paresseux pour le travail; toutefois, il remplissait SOS fonctions avec dignité; la brigade ne s'est jamais plainte de son administration; c'est une justice que j'ai la satisfaction de lui rendre ici. MM. Flandin et Berlié avaient aussi administré sous l'Empire, mais, supplantés comme tant d'autres sous la Restauraition, ces messieurs s'étaient livrés à des spéculations ruineuses (2).

Maintenant que j'ai signalé le haut personnel de la brigade, je dois faire connaître les avantages énormes de chacun, mais auparavant, je dois dire qu'en Morée tous les comestibles étaient généralement moitié meilleur marché qu'en France; ainsi on pourra juger des économies que ces messieura ont dû faire pendant les quatre ou cinq années qu'ils ont passées en Grèce, et ils osaient encore se plaindre do la monotonie do ce pays (3); toutefois, pas un seul n'a demandé à rentrer en France, ce qui leur était très facile, élant tous les privilégiés de M. Schneider, qui, ainsi que je l'ai dit, était devenu directeur du personnel de la Guerre.

Ainsi donc, le général Schneider, en sa qualité de général en chef de la brigade, avait de traitement fixe trente-six

(1) QalvanI (O. S.)

(2) M. Berlié était protégé par l'honorable général D^uet d*Erlon; ce général avait été soustrait à la vengeance des Bourbons en iai5 par M. Berlié, conduito qui lui fait honneur très certainement.

(3) Me trouvant en soirée chez le général Schneider» où étaient réunis les individus que J'ai siçnalés, Je ne.pus m'empôcher de leur dire qu'ils avaient tort de se plaindre de leur position, puisqu'ils avaient le loisir de demander leur rappel. • D*'ailleurs, leur dis-Je, en outre de l'avantage de pouvoir faire de grandes économies, vous avez encore obtenu de l'avancement et la croix de fa légion de Henri IV, etc. » Ces messieurs n'eurent d'autre réponse à me faire que celle-ci t c Croycz-vous donc que nous n'avons pas mérité ce récomi^enses par l'ennui que nous avons éprouvé dans un pays où il n'y a ni bals, ni spectacles? » Malneureux soldats de ■ camarilla », on voit bien que vous o'éticz pas aveé nous en Russie, en Pologne, en Portugal, etc.

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