‹ Mémoires du commandant Persat, 1806 à 1844Chapitre 13 sur 165 · CHAPITRE PREMIER II · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER II

chargée du dassement des officiers en demi-solde. Ce bravo général se chargea de ma réclamation; il m'engagea à rejoindre mes anciens camarades du 2* lanciers parmi lequel je comptais autant d'amis que dans le 4* (1). J'avais été parfaitement accueilli par mes anciens frères d'armes du 4« lanciers; ceux du 2* me reçurent de même; ce régiment était commandé par le brave colonel Sourd (2), qui, sans m'avoir connu précédemment, s'empressa do me recevoir dans son régiment. C'est avec le 2« lanciers que j'ai combattu à Fleurus, à Gcnappe, à Waterloo, et c'eàt sous son drapeau sans tache, sur la rive gaucho de la Loire, que j'ai terminé ma carrière militaire do l'Empire.

Mon dévouement pour l'Empereur avait été. signalé aux épurateùrs de 1815, aussi fus-je placé dans la quatorzième et dernière catégorie des officiers congédiés; cette décision, d'ailleurs, ne me contrariait pas du tout, ne me sentant aucune sympathie pour les Bourbons en général.

Retiré dans mon département, près de ma bonne mère, j'y trouvai des officiers aussi mécontents que moi et doués d'une imagination aussi ardente que la mienne. Le Constitutionnel s'était rabattu sur les victoires de Bolivar; nous nous décidâmes à partir pour l'Amérique, afin d'y aller servir la cause des Indépendants. Nous étions sous la surveillance de la haute police; il nous fallait, par conséquent, une autorisation pour sortir du département. Le général qui le commandait était un vieil émigré (3),

de brigade après la campagne de 1807, IC^n^ral de division le 4 août 1813, gouverneur d'Alger en 1S31, pair de France en 1832, mort en 1847; a ?^rit doux volumes de Souvenir», (0. S.)

(1) Je reçus, le 14 juin, ma commission au 2* lanciers.

(2) Sourd (J.-B.-Jo^eph), général, né dans le Var en 1775, moK à Parin le 2 août 18't9; un des plus brillants soldats de'l'Empire; commandant le 2* lanciers à Genappe, le 17 juin 1815, est amputé du nras sur le champ de bataille et. remonte aussitôt à cheval pour commander son régiment. (O. S.)

(3) Le vicomte de Vergennes qui prit souvent le parti des olTlciors en demi-solde du département contre le préfet qui voulait les tyranniser; cet homme se nommait Harmand; depuis 1830. il a pris celui do d'Ahancourt; il est aujourd'hui second président de la Cour des comptes et tout aussi

i6 MÉMOIRES DU COMMANDANT PERSAT

mais un digne homme qui aimait les vieux soldats; il eut même Tobligeance de nous donner des conseils que nous ne suivîmes pas, pour notre malheur; il nous fit donner des

dévoué à U branche cadette qu*il Ta été à la branche atnée; il faut bien le croire ainsi j

Vergennes d'Alloué (I^uis-Charles-Joseph de Gravier, vicomte de), un des (Ils de Charles, ambassadeur de France en Turauie. né à Constantinople, 18 mars 1765. Était roestro de camp en second au régiment de Bassigny lors de la Révolution, .^ert en émigration de t791 à 1795; passe au service d'Angleterre jusqu'au .^1 décembre 1797. Maréchal do camp le 3 mars 1815. Décédé à Paris, 25 février 1821 (a commandé le départem<^nt du Puv-de- Dômo, 2 novembre 1815). Etait ofRcier de la Légion d'honneur du 28 dérembre ISl.'î.

I^es Archives du ministère de la guerre, au dossier de Maurice Persat, contiennent les pièces suivantes,, dont je respecte l'orthographe du moins en ce qui concerne U première i

Paris, le 29 mari 1817.

A Son Exeellenee Mgr h due de Feitre, ministre de la guerre.

Monseigneur,

Dans ma douzième annés de service, dix campagnes et quoiqu'ayant reçu trois blessures graves. Je më sent Us encore assez de force et de courage pour pouvoir oITrir utilement mes services à mon souverain et à ma patrie; mais des rapports aussi faux que méchants adressés contre moi au ministère. m'ottent tout espoir d'obtenir l'aôtivité que j'ai eut Phonneur de solliciter de Votre Excellence.

Plein de confiance dans le gouvernement paternel qui veux récompenser tous les services rendus à la patrie, j'ose espérer que Votre Excellence intcrprette des volontés du Roi voudra bien avoir pour moi les mêmes bontés qu'elle a eut pour les officiers qui trouvant un établissement avantageux aans le civile ont demandé et obtenu pour récompense de leurs services une gratification une fois payée.

J'ai Phonneur d'être, etc.

Signé ! M. Persat Rue et Hôtel Dauphine.

(Arch. adin. guerre).

Décision du 23 avril 1817.

M. Persat recevra la gratification d*une année d'appointements accordée aux officiers qui n'ont pas droit à la solde de retraite en quittant le service.

Dans le rapport au ministre delà guerre du 8 avril 1817, on lit t

« ... M' le Maréchal de camp de Vergennes, commandant le département du Puy-de*Dôme, l'a ainsi noté (Persat) en 1816 « instruction médiocre, bons principes, conduite très régulière; ses sentiments pour le Roi se sont démontrés avec énergie, mérite 'l'être employé •.

I Ces notes paraissent en opposition avec la conduite de M. Persat qui, maintenu en activité lors de l'organisation de l'armée en 1814. a demandé de suite la dcmi'soldé de songrade, s'est retiré dans ses foyers et n'a repris du service que pondant l'usurpation. Il a fait la dernière campagne et' a été blessé à Waterloo (T) •

(Le mOmo rapport de Vergennes indique Maurice Persat comme étant d'un physique très beau et d'une taille avantageuse.)

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