‹ Mémoires du commandant Persat, 1806 à 1844Chapitre 133 sur 165 · CHAPITRE IX m · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX m

constances, je me résignai à faire mes trois mois de captivité. J'écrivis immédiatement à M. P^.., afin d'avertir le prince de ma position à l'égard dtt National J'engageais aussi M. P... à prévenir le prince qu'en remettant notre mouvement au mois de février, nous pourrions agir avec do plus grands moyens de réussite, etc. (1). Malheureusement, ce prudent conseil no fut point suivi. La lenteur, à la vérité, devient quelquefois funnste, mais aussi trop de précipitation produit souvent du désordre et des revers; c'est ce qui arriva au prince ainsi qu'à ses fougueux amis.

Avant de me constituer prisonnier de Sa Majesté dans sa prison royale dite de Sainte-Pélagie, j'écrivis au sieur Emile, dit Girardin, pour lui rappeler le serment que j'avais fait à mon ami Carrcl sur le terrain du combat, . serment dele venger! C'était donc un cartel que je proposais à cet homme; ma lettre était confidentielle; il eut Timpudence de publier cette lettre et de refuser le combat. Sa réputation était faite et il avait rempli ses engagementsi

J'entrai à Sainte-Pélagie le !•' octobre et le 30 décembre j'étais libre. .

L'échauiTourée de Strasbourg (2) m'avait vivement aiïecté sans me décourager cependant, car j'étais convaincu que Louis-Philippe se garderait bien de faire couler un sang impérial, par politique seulement, car intérieurement il eût été enchanté d'apprendre la mort du dernier des Napoléons, j'en suis certain, mais je tremblais pour ses amis arrêtés comme lui, qui venaient de donner une terrible secousse (3) au trône des barricades. Heureusement que le jury national de 1837 de la bonne ville.de Colmar jugea

r (1) Par U raison que nous avions déjà rallié à notre parti un mnd nombre de mécontents de toutes les opinions, à l'exception ou parti doctrinaire, si l'on peut qualifier d'opinion les lâches et infAmes doctrines de ces gens-là.

(2) 30 septembre 1836. (O.S:)

(3) J*ai appris par des partisans du gouvefnement que Louis-Phiipp« avait été plus effrayé du mouvement de Strasbourg que des événement! de Lyon et de Paris. C'est probable, car cette alTaire. bien dirigée, aiarait eu d'autres résultats très positivement.

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