CHAPITRE IX M
lerâ les devoirs que sa position et son nom lui imposent.
Ne voyant rien de positif en France» et n'entendant plus parler du. prince Louis-Napoléon, je me décidai à me rendre en Grèce, ainsi que j'en avais le projet depuis longtemps, car je ne pensais pas que le despotisme et l'arbitraire du gouvernement bavarois qui exploite ce triste pays, me forceraient à- revenir en France de sitôt.
En allant en Grèce, j'avais l'intention do m'y fixer, mais je ne voulais pas abandonner mes droits à la retraite. J'écrivis en conséquence à l'honorable général de Guéhéneuc, ami particulier de M. Bernard (1), ministre de la guerre. Je priais ce général de me faire obtenir une retraite quelconque, mais, après de vives démarches et sollicitations, il n'obtint du ministre Bernard que la réponse banale : « Je ne peux rien faire pour le présent, mais je verrai plus tard. »
Les promesses de M. Schneider, en 1833, m'avaient donné de l'expérience; je connaissais la valeur de la parole d'honneur des ministres dé la guerre, aussi pris-jo le parti de me rendre à Marseille, afin de m'y embarquer.
Je ne pouvais pas passer dans Valence sans y voir les bons Valentinois, et leur faire mes adieux. Je séjournai quelques jours dans cette ville où je reçus l'accueil le plus bienveillant du digne et loyal M. Rolland, notaire en celte ville. Mes lecteurs se rappelleront sans doute que M. Rolland et son aimable épouse me prodiguèrent des soins fraternels lors de mon terrible accident de 1829 (2). MM. Fiéron frères, ainsi que M. Clair atné, et autres bons patriotes de Valence, me témoignèrent de nouveau leur afTection. que je leur rends bien sincèrement avec la plus vive reconnaissance.
(1) Bernard <Simon), g<^néra] et ingénieur, né en 1779, aide de camp àê TEmpereur qu'il voulut en vain accompagner à Sainte- Hélène. Exilé sous ta Restauration, il partit pour les Etats-Unis où le gouyernemeni lui confia des travaux de canalisation et de fortiflcation gigantesques. De retour en France apr^s 1830. il devint aide de camp du Roi. lieutenant général d« génie, ministre do la guerre le 6 septembre 1830; il mourut en 1839. (Q. S.)
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sers MÉMOIRES OU COMMANDANT PERSAT
.Arrivé à Marseille, je reçus une seconde lettre deTestimable général de Guéhéneue, qui m'engageait à ne pas désespérer, ce qui me décida à différer mon départ. D'ailleurs, il était question d'une nouvelle campagne de Consiantine, et j'étais disposé à la faire dç même que l'eikpédition do 1830 en qualité de simple volontaire.
J'étais arrivé à Marseille le l^^' mai 1836 et nous étions arrivés au 25 juin, sans qu'il fût question d'expédition. Nos pitoyables ministres n'avaient rien préparé pour cela et n'étaient pas, d'ailleurs, très décidés à la faire. Le brave général de Guéhéncuc, malgré ses pressantes sollicitations, n'avait rien obtenu de décisif dans mes intérêts de ce malheureux ministre Bernard; de sorte que je pris le parti de m'embarquer, me confiant en des temps plu^ heureux pour la France et pour moi.
J'avais aussi beaucoup d'amis à Marseille (1) qui me comblèrent d'amitiés, tout en me faisant leurs compliments de condoléances sur la conduite de M. Bernard envers moi. 11 est certain que cet homme a fait encore plus de mal à l'armée que ses devanciers : l'harpagon Soult, le borgne, ou plutôt l'aveugle et apathique Gérard, ainsi que le butor Maison. Ah! monsieur le baron Bernard, vous eussiez bien mieux fait de rester aux Etats-Unis, où vous vous étiez fait estimer, que de venir vous fourvoyer dans la maison d'Orléans!
(1) MM. Mousset, Richard, Barthélémy; le commandant Laborde, le capitaine O..., le comte Porro, proscrit italien; MM. Darot, Tarraire, Faure, Fabre, etc.