CHAPITRE X (Juin 1837-Novembre
D4pwi de Manelltt pour OAnes, LIvourne et Florenee. — Contlnnailmi ae voyage pour la Grèce. <— Le capitaine Lioderich, commandant du bateau
. A vapeur français U Minât, — Le détroit de Messine. — L*t1e de Halte. — L*tle de Svra et sa quarantaine. — Le capitaine Qavaud, eomoiaii-
c dant du brick français U Dupetit-Thouart, — Arrivée au Pirée. —
• Athènes. — Othon et ses Bavarois. — Conduite odieuse du (^»uver- I nement grec envers moL — M. de Lagrené. ambassadeur français à I Athènes. -* Nauplie et Argos. — Le commandant Thouret. — L^e ' général Gordon et son, ami James Robertson. — Voyage dans Tintérieur f de la Morée. -* Déplorable situation des Grecs en 1B37. -* Exhumaf tion des cendres de ma femme. — Retour h Athènes et départ pour
• Patras. ^-^ Relâche à Corfou. — I^e prince Pierre Napoléon Bonaparte. — - - Le duc de Bordeaux. — Arrivée à Ancdne. — Le général Gazan, comman-
• dant à Ancône. — Les troupes françaises. — Leur situation critique au > cas de guerre avec TAutriche. — Traversée de ritatie. — Mon expulsion I de la Lombardie par les Autrichiens. — M. de Rumiiçny A Turin. — Passage du Mont-Cenis pour rentrer en France. — Arrivée A Grenoble» et conclusion.
Ne connaissant de la belle Italie que Gênes, Naples et une partie de cet Etat, je me décidai à visiter en passant quelques-unes des villes maritimes de la Méditerranée. En conséquence, je m'embarquai à Marseille sur le bateau à vapeur napolitain le Ferdinand /•', à bord duquel j'eus le plaisir do trouver MM. Bigi et Ginest, deux do nos csti* mables républicains qui, comme moi, ont connu les douceurs ot los agréments de la prison royale de Sainte-Pélagie.
Nous étions partis le 25 juin 1837 de Marseille; le Icnde* main, nous étions mouillés à Gênes. J'ai déjà dit que je n'étais pas compétent en matière de description des villes et pays que j'ai visités;, cependant, je serais curieux de savoir pourquoi nos romanesques historiens ont salué Gênes du nom de la « Superbe ». Dans cette ville, il y a des
palais grandioses et de superbes édifices, mais il y en a d'aussi magnifiques à Florence, à Rome, Nàples, Turin, Milan, etc., et toutes ces villes ont l'avantage d'être plus régulièrement bâties et plus convenablement placées pour la commodité des gens riches, des marchands, des voyageurs, etc., que Gcnes, dont les rues étroites, montueuses, tortueuses, et passablement sales, sont autant de coupegorge.
Mon ignorantisme en peinture et en matière de religion m'a toujours dispensé de visiter les églises, de sorte que je n'ai vu que l'extérieur de San-Lorenzo (la cathédrale de Gênes), de l'Annonciade, de Sant'-Ambrogio et de San- Siro; toutes ces mosquées chrétiennes passent pour être tràs somptueuses daas leur intérieur.
L'ancien palais du Doge de Tex-République de Gênes sert aujourd'hui de palais.au roi de Piémont, ainsi qu'à la judicature, la police, etc.
Pour une ville de commerce toile qu'a été Gênes, la Bourse est d'une grande médiocrité; son port n'est pas non plus à comparer à ceux de Toulon, Marseille, etc. Ses forts détachés sont dignes d'attirer l'attention des hommes de guerre. Je conseille à M. Bernard d'aller les visiter; il y puisera des connaissances qu'il parait ignorer dans l'art des fortifications extérieures.
Dans la soirée du 26, nous continuâmes notre voyage pour Livourne, où nous arrivâmes le lendemain. Cette ville, moins riche que Gênes en palais et monuments, n^cn est pas moins bien plus agréable à habiter. Ses rues sont larges et généralement bien tracées; son port libre donne à Livourne l'aspect d'une ville hanséatique; on y voit dés Turcs, des Grecs, des Maures, etc
Les campagnes de Livourne sont fort belles et d'une grande fertilité; aussi la vie matérielle y est-elle peu dispendieuse; cette ville avait été passablement fortifiée par les Français.
J'étais trop près de Florence pour ne pas y aller; d'ail-