‹ Mémoires du commandant Persat, 1806 à 1844Chapitre 6 sur 165 · CHAPITRE PREMIER (Man 1806.Août · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER (Man 1806.Août

Réramé de mat lenricefl tout l'Empereur et départ povr lèt Etttf*UBii di l'Amérique da Nord.

L'Empereur, dont l'œil pénétrant savait lire dans l'avenir, était convaincu que le traité d'Amiens (1) n'était qu'une trêve pour les ennemis de la France; aussi se pré^ parait-il à les écraser à leur première levée de boucliers. L'armée française était à son apogée de gloire en 1805 et cette gloire-là avait été noblement conquise en Italie, en Allemagne. L'Empereur venait de congédier un grand nombre d'officiers de la République, très braves sans doute, mais aussi très ignorants, il faut l'avouer. L'Ecole polytechnique ne pouvant pas suffire au remplacement des officiers congédiés, l'Empereur décréta l'organisation des vélitcs à pied et à cheval. Les premiers payaient deux cents francs par an au gouvernement; les seconds, trois cents, ainsi que le petit équipement. Pour être reçu dans les vélites, il fallait, sans avoir fait de grandes études, avoir cependant une certaine instruction. Après quatre années de bons services, les vélites avaient la garantie

(1) Paix d'Amiens, signée le 2 mars 1802. (0. S.)

s MÉMOIRES DU COMMANDANT PER8AT

de passer sous-lieutenants dans la ligne. Je m'enrôlai dans les vélites à cheval, quoique je n'eusse alors que dix-sept ans et quelques mois, et que» par la position et la fortune de mon père, je pusse me faire exempter de la conscription. , D'ailleurs, nous étions cinq frères (1). Toussent partis volontaires comme moi. Ainsi, depuis le brillant soleil d'Austerlitz, jusqu'au pâle soleil de Waterloo, j'ai fait toutes les campagnes de l'Empire où se sont trouvés les grenadiers à cheval de la Garde impériale (2), le 9« dragons et le 4« lanciers, dans lesquels j'ai servi successivement. Les grenadiers à cheval étaient commandés par le brave colonel Lepic (3); la Garde tout entière par le bon et illustre maréchal Bcssièrcs tué à Bautzen, en 1813. Les vieux soldats do la Grande Armée n'ont pas oublié la terrible charge dQS grenadiers à cheval à la sanglante bataille d'Eylau, le 8 février 1807. J'y fus légèrement blessé, aussi rcstai-je sous le drapeau. L'Empereur, satisfait de la conduite de ses jeunes vélites, avait l'intention d'en choisir vingt-cinq par chaque régiment de la Garde pour les faire passer dans la Ligne, avec le grade de sous-licutcnant, mais, sur les observations du maréchal Bcssières, cet avancement n'eut lieu que le 13 juillet 1807. Je fus des heureux et je passai au 9« régiment de dragons. Le colonel de ce régiment venait d'être nommé général de brigade; c'était le colonel Maupetit (4), que Murât appelait le Bayard moderne. A cette époque, la Grande Armée les

(1) Voy. p. XX de mon Introduction. (0. S.)

(2) I. es. vélites furent presque immédiatement incorporés dans les grenadiers et chasseurs à cheval, ainsi que dans les grenadiers et chasseurs à pied; ils y fainaicnt lo môme service et recevaient la mC^me solde que les vieux grenadiers et chasseurs.

(3) Lepic (lo général de division Ix>uis), baron de TEmpire, créé comte par Louis XVIIL né en septembre 1765, mort vers 1828. A Ëylau, il chargea à la tôto dés grenadiers à cheval. Son nom est inscrit sur l'Arc de triomphe (0. S.)

(4) Maupetit (le général- de brigade Pierre-Honoré-Aimé), baron de l'Empire, fils d*un député aux Etats-généraux devenu législateur par la Convention. Colonel du 9* dragons, il se distingua par une charge fameuse au combat de Wcrtingen, en 1805, fut blessé et passa même pour mort. Général de brigade le 30 décembre 1806, il se signala en Espagne à la tête de ses dragons, particulièrement à Zamora. (0. S.)

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