CHAPITRE V iSt
de brevet, je leur demandai la date de leur promotion et le numéro d'ordre de leur brevet, et ces gens-là avaient donné leur parole qu'ils avaient été décorés (1) par l'Empereur en 1815! Depuis lors, les Chambres ont bien voulu confirmer les grades et les croix des Gent-Jours; nos chevaliers do la Catalogne seuls n'ont pas été compris dans cette confirmation et pour une bonne raison, bien entendu. Nous n'avions donc réellement d'ofliciers que le brave Garrel qui se présenta avec une modeste épaulette de sous-Iicutcnant et son uniforme du 29® de ligne; il avait donné sa démission à Marseille. Venaient après lui : le bravo capitaine Vistoo, les capitaines Sestier, Spinola et Bride, le chef d'escadron polonais Schulz, le lieutenant Dcsbordcs et les sous-ïieutenants Lacombe, Pegulu, Laiïanour, Rindorhagen, etc. Nous avions encore plusieurs jeunes Français pleins de courage et de dévouement, à qui l'on donna le grade de sous-lieutenant; je me fais un plaisir do citer ici •MM. Delaure, Fabre, Boussuge, Arthaud, Joubcrt, Barthe, ainsi que les braves sergents Guicz, Marché, Vivier, etc. Quant aux ofiîciers improvisés, je m'abstiens de les nommer; ils m'en sauront gré, sans nul doute.
Dans notre organisation de Mataro, la compagnie de grenadiers fut donnée au brave capitaine Vistoo, qui venait de faire le métier de simple soldat dans la légion étrangère. Je voulais donner celle des voltigeurs à Garrel, mais les improvisés s'y opposèrent par un motif excusable cependant, car Garrel n'était qu'à son début; néanmoins, je le fis recevoir avec son grade. Ce fut un des prétendus capitaines des Gent-Jours qui eut le commandement de cette compagnie, le nommé Bellange, ancien sergent.
Moins les bonnets à poil, notre petit bataillon portait l'uniforme de la vieille garde impériale, avec les. boutons à aigle que nous avions reçus de France. Notre drapeau tricolore était surmonté d'une aigle énorme; nos cama-
(1) l\ n*y avait de décorés de la Légion d*honneur que MM. Schulz, Vistoo» Sestier. Bride, LalTanour et moi.
ISS MÉMOIRES DU COMMANDANT PERSAT
I rades de Bilbao (1) ayant pris le numéro 1 des bataillons ^ de Napoléon II, nous primes le numéro 2. L'armée du duo , d'Angoulême marchait (2) paisiblement sur Madrid, tandis que le corps d'armée du maréchal Moncey n'avançait en Catalogne qu'à pas comptés. Le vieil et honorable maréchal se méfiait peut-être du guérillas Mina, bien plus redouté que redoutable, ainsi que nous en avons acquis rexpérience et la certitude. Le maréchal Moncey ne se présenta devant Barcelone que lorsque le casse-cou Donnadieu (3) eut culbuté et dispersé la grande armée de Mina; ce dernier rentra tout contusionné dans Barcelone d'où il ne sortit qu'après avoir livré cette place aux Français (4). Il est vraiment surprenant que des publicistes consciencieux aient persisté jusqu'au dernier moment à attribuer les qualités d'un habile général à ce malheureux Mina. Qu'çi-t-il fait pendant la guerre de l'Indépendance de 1809 jusqu'en 1814? Egorger nos blessés et nos malades sur les grandes routes et piller nos convois mal escortés. Alors, il est vrai, Mina n'était traité que de brigand; cependant il défendait son pays. Mina, en 1823, en Catalogne, a prouvé qu'il n'était réellement qu'un chef de guérillas; il a achevé de faire juger son habileté comme général d'armée en 1831, 1834 et 1835. Il est mort; laissons ses cendres en repos.
Mataro était occupé par les Français. Mina fit préparer une expédition afin d'aller les surprendre. Ces troupes étaient sous les ordres du général Curial (5) qui comman-
(i > C^ét'ait la troupe de réfudés commandée par Fabvier et Caron. (G. S.) (2) Précédée de ravant-garde des cent Tnillions. distribués d'avance aux lortàs et aux traîtres Morillb, Ballesteros, L*AbbbaI, O'DoneU etc.
(3} Donnadicu (Gabriel, vicomte), né à Nimes en 1777, général de brigade n 1611,. fut impliqué dans un complot et interné à Tours. Suivit pendant is Cent-'Jours le roi Louis XVIII à Gand,qui,à son retour. le nomma lieuteant grénéral et commandant de la division militaire de Grenoble. U s*y ion ira impitoyable dans la répression de la conspiration Didier. Mort le 3 juin 1849. (G. S.)
f 4 ) Par la capitulation signée le 2 novembre 1823 par Mina et le maréchal <yn€^€fy (G. S.).
iSy Curial (Philibert- JeanoBaptiste-François-Joseph, comte), général, pair ) pranco, né en Savoie en 1774, mort à Paris en 1829. La division Curial 'Ait ^^^ dirigée sur Parpès et Mataro pour surveiller Milans et Llobera,