CHAPITRE Y lis
ne sont ordinairement que epeciateun; c'est œ qui arriva dans ma dernière affaire avec un ancien militaire ayant sa femme et quatre enfants sur les bras. Garrel était de service ce jour-là; je pris pour mon second le brave capitaine Vistoo (1)» qui, ainsi que moi, n'était pas un duelliste; il savait que notre discussion n'avait rien, d'outrageant pour mon adversaire ni pour moi, aussi fit-il d'honorables efforts pour arrôter cette affaire, qui se termina bien malheureusement pour lui; car il se blessa grièvement au pied en cherchant à me retirer mon sabre de cavalerie que j'avais à la main. Il est certain que cette triste affaire aurait eu une autre issue, si Carrel se fût trouvé sur les lieux.
Je suis fftché d'être entré dans ces petits détails peu intéressants sans doute pour les personnes qui ne me connaissent pas, mais ceux de mes amis auxquels j'adresse CCS mémoires ne m'en sauront pas mauvais gré, et cela pour plusieurs motifs à eux seuls bien connus. « A beau mentir qui vient de loin », dit notre vieux proverbe, aussi, dans la crainte que ceux de mes lecteurs qui no me connaissent pas ne doutent de l'exactitude de tout ce que j'ai écrit, je les invite à aller s'en convaincre près des honorables amis d'Armand Carrel qui sont encore au National, car dans ses entretiens familiers le bon Carrel aimait à raconter nos aventures de la Catalogne.
La Constitution touchait à sa fin; j'étais, ainsi qu'on doit le croire, bien dégoûté de notre triste service, et je n'étais pas le seul; un grand nombre d'étrangers étaient déjà partis, aussi, malgré les sollicitations de mon digne ami, Armand Carrel, je donnai ma démission. Je m'embarquai À Barcelone le !•' septembre 1823, afin de me rendre à Gibraltar. Le navire sur lequel je m'étais embarqué
^ (1) Ce brave et loyal officier a été toé dam le combat de Lien, préi de Viguidrei, au ^|ind regret de set nombreux amis, au rang desquels Je me place en première ligne.
Le sanglant combat de Uers fut livré le 16 septembre ISSS (0. 8.).
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iU MÉMOIRES DU COMMANDANT PERSAT
était rempli d'émigranis de tous sexes, qui fuyaient les prisons ou la mort qui les attendaient à la reddition prochaine de Barcelone. D'ailleurs, le célèbre Mina avait lui-même porté la terreur et la désolation dans la population de Barcelone par ses exécutions sanguinaires et SCS exactions brutales à main armée. Il est étonnant que cet homme n*ait pas rencontré une main vengeresse dans cette ville.
Partis de Barcelone dans la nuit, naus fûmes assez heureux pour échapper à la croisière française qui nous donna la chasse, mais comme notre capitaine était un contrebandier, il serra de si près la côte que les bâtiments français furent forcés de nous abandonner. Nous fûmes encore chassés par des corsaires royalistes, ce qui nous obligea de relficher à Alicante et puis à Carthagène. Il y avait dans cette dernière ville une centaine de déserteurs français. Le brave général Torrijos, gouverneur constitutionnel, m'invita à en prendre le commandement; me trouvant seul oflicier français, j'acceptai.
Pendant mon séjour à Carthagène, nous n'eûmes que peu d'a(Taii*es avec les troupes françaises, car les trahisons de Morille, de Ballesteros et tant d'autres, avaient ouvert les portes de Madrid, Cadix, etc., à l'armée du duc d'Angoulcmc, aussi si le général Torrijos tenait encore pour la Constitution, ce n'était que dans le but de sauver l'honneur de l'Espagne et pour conserver intacte sa belle réputation. On sait que ce jeune et vaillant soldat a été assassiné plus tard par ordre du sanguinaire Ferdinand VII.
Le général Torrijos, ne voulant pas faire répandre du jang inutilement, se décida enfin à ouvrir les portes de Darlhagène (1), mais, avant l'arrivée des Français, il ions fit donner une goélette avec des vivres pour moi et nos hommes jusqu'à Gibraltar où nous allâmes mouiller 25 novembre.
(1 ) Carthagènd capitula le 5 novembre et fut occupée par les troupes du * corps sous le lieutenant-général Bonhemains (G. S.)