‹ Mémoires du commandant Persat, 1806 à 1844Chapitre 84 sur 165 · CHAPITRE VI • • 17T · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI • • 17T

fortune pour*moi, infime chrétien, sans asile, sans pain et^ sans femme! aussi à peine la trôve touchait-elle à la moitié du terme Convenu que je m'empressai de sortir de mon honteux repos pour aller trouver le « père multiplicateur », afin de lui dire que je m'enrôlais sous ses bannières. Ce zélé patriarche, enthousiasmé, me donna aussitôt le baptême, et je fus consacré sur-le-champ membre de l'unicn des c multiplicateurs ». Je choisis ma fiancée, une belle jeune fille qui avait à peine dix-huit ans, des yeux pleins d'amour et de désirs, et une taille à la française. Après nous être contemplés un instant, je me retirai avec elle sous la tente qui m'avait été destinée, et j'oubliai là, pendant trois heures, la France, mon Adèle, et le monde entier. Enfin, après huit jours de délices et d'enchantements, ces modernes enfants d'Epicure levèrent les tentes, à mon grand regret. L'habitation de mon épouse libre ne se trouvant pas sur la route de Nashville, nous nous fîmes de tendres adietix jusqu'à la prochaine réunion; quelques «multiplicateurs» et «multiplicatrices» eurent la galanterie de m'oilrir une place dans leur char-à-bancs jusqu'à leur ferme, où je passai la nuit.

Le 14 juin, l'amour avait fait place à l'amitié, j'étais auprès dé mon excellent ami, Antoine Latapie.

Ce vieux frère d'armes avait calculé le temps que je devais passer en route, de sorte que, ne me voyant pas arriver dans le courant du mois de mai, il avait déjà conçu des inquiétudes sur mon voyage, aussi avec quel empressement se jeta-t-il dans mes bras en me voyant arriver chez lui! Ah! qu'un ami véritable est une douce chose! après tant de revers et de tribulations, je me trouvais heureux aux côtés de mon bon vieil ami.

Je racontai à Latapie mon aventure du camp des « multiplicateurs »; il en rit beaucoup, sans en être étonné, car iravait déjà entendu parler de cette nouvelle religion dont'

Unis, vers 1825 et a eu pour fondateur Joseph Biftith dont la yIsIob célèbre eut lieu le 21 septembre 1823. (O. S.)

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les avantages ne le ientèretlt pas, car il se maria quelque temps après mon arrivée à NashvHle avec une: charmante Françaisci fille de M. Martin, négociant dans cette ville. Pour faire des affaires aux Etats-Unis, il faut connaître Tanglais, et plus encore, les roueries des Américains, ainsi que leurs millions de bank-notes, papier monnaie des Etats. Le bon Latapie m^avait donné un maître d'anglais, mais je ne fis que de très médiocres progrès dans cette langue diabolique, pour laquelle j'avais une antipathie prononcée, à cause du caractère orgueilleux, égoïste et perfide des Américains, malgré les huit jours de délices que j'avais passés avec les « multiplicateurs », et plus particulièrement avec les « multiplicatrices ». Sur ces entrefaites, un Français, nommé Etienne Curcier, de Bordeaux, entreprit un voyage , commercial dans la province de Chihuahua, Mexique. Cette ville se trouve presque sur les confins de la Californie. Ce voyage présentait de grandes difficultés et des dangers incalculables, mais d'un autre côté, d'immenses bénéfices. Mon loyal ami Latapiè ne me laissa ignorer ni lés dangers ni les avantages qui m'attendaient dans ce scabreux et lointain voyage. « Aussi, me dit-il, si tu tiens à faire une fortuné rapide, pars; si, au contraire, tu veux travailler paisiblement, avec moi, reste ici. » Les dangers et les fatigues ne m'ont jamais effrayé. Je me décidai à faire partie de la caravane pour le Mexique, par la raison que, si je réussissais à faire une petite fortune, j'avais l'espoir de revoir bientôt mon Adèle, ma fille et la France. Je ne • quittais cependant pas Nashville sans regrets, car je me serais trouvé heureux chez mon digne ami Latapie, si j'avais pu oublier la France, ainsi que les personnes qui m'y étaient si chères. J'avais, d'ailleurs, fait d'agréables connaissances à Nashville dans les familles françaises et américaines, parmi lesquelles je dois citer celles de MM.Martin-Piquet, Négrin et Morice, françaises, et Bickmann, Gtil, Owerston, Hockley, James Stewart, Carrol, Porter, Jackson et Routledje, américaines. M. Routledje avait été secrétaire

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d*ambas8âde en France, aussi était-il dévoué partiiian des Français, autant que le fameux Jackson (1) en était Ten* nemi acharné. Ces souvenirs bienveillants et l'attachement que portait M. Routledje à tout ce qui se rattachait aux Français le fit échouer dans une élection de laquelle j*ai été témoin oculaire à Nashville et que je crois bon de consigner ici, afin de donner une idée du mode d'élection dans le pays modèle des Etats-Unis. Dans cette élection, M. Routledje, duquel je viens de parler, était l'un des candidats;il était appuyé par tous les citoyens les plus honorables du pays et en même temps les plus éclairés. M. Routledje était d'ailleurs un excellent patriote, mais peu prodigue de poignées de mains et ne fréquentant pas les tavernes, tandis que son concurrent, maître maréchal-ferrant du pays, était un gros réjoui à la trogne rubiconde et grand amateur de porter et de whiskey (eau-de-vie du pays). Ce maréchal, qui avait acquis une grande fortune par dilTérents commerces, était le privilégié du célèbre général Jackson.

Au jour indiqué pour l'élection, nous vîmes les hérauts d'armes, les boxeurs, se promener dans les rues de Nashville, bannières déployées, sur lesquelles étaient inscrits les noms des candidats. De temps à autre, ces boxeurs s'arrêtaient pour annoncer aux électeurs que dans telle taverne on trouverait à boire et à manger au compte de l'un ou de l'autre des deux candidats. Il parait que la taverne du maréchal-ferrant se trouva beaucoi:.^ mieux approvisionnée que celle de M. Routledje, car il fut élu à ' une grande majorité. Cette scandaleuse et ignoble élection coûta la vie à deux individus tués sur la place à coups de

(1) Jackson, est à vrai dire, le But^caud des EtaU-Unis, moins toutefois les capacités militaires du nôtre et sa belle valeur devant l'ennemi. Jacksoa est patriote comme M. Bug'eaud. arrogant de même et partisan des moyens coercitifs, plus encore que le héros .de la rue des Transnonainsot de Lyon. etc. Jackson est plus haut de taille que M. Riigeaud, et il était de môme d*u1i fond rouge: aujourd'hui, il est d'un blanc sale. Jackson a débuté dans le barreau, dans lequel il a été aussi médiocre qu'il l'aurait été en Europe comme militaire.

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poing. Quatre autres furent horriblement défigurés, etc. < C'est ainsi que' se font les élections dans ce pays modèle;, aussi qu'en résulte-t-il? Que les sénateurs et les représentants des Etats-Unis se ressentent de ces élections popu-. lacières, car il arrive souvent que ces gens-là se boxent et se poignardent en pleine assemblée, en présence du Président de la République. Quelle représentation!

Mon brave ami Latapie ayant tout disposé pour mon départ de Nashville (1), je quittai cette ville le 2 décembre, jour anniversaire de la grande et mémorable victoire d'Austerlitz! .

Natchez était le point de ralliement de la caravane Curcier; j'arrivai en cette cité le 12 décembre, après avoir traversé diverses petites villes.

Natchez, chef-lieu de cet Etat, est située sur la rive gauclic du Mississipi; de même que les nouvelles villes des Etats-Unis, elle est régulièrement bien bâtie. Sa position, quoique assez élevée, ne la garantit cependant pas de la fièvre jaune qui souvent y fait de grands ravages. Sa population était alors de trois mille à quatre mille âmes. Quant aux Indiens, à Natchez ils n'existent plus; cette tribu a disparu entièrement par le fer et le poison (2) des Américains. A mon arrivée à Natchez, j'y trouvai le nommé Curcier, qui fut enchanté de me voir décidé à faire partie de son expédition; il avait déjà recruté quatre Français, nommés Lecoq, Jean Boy, Louis Ycard et François Guilbeau. Le premier était de Louisville, le second Marseillais, le troisième Béarnais, et le dernier, un misérable déserteur

$ (1) Nashville est située sur la rive eauche de la rivîire Cumborland; elle

est le cheMieu de l'état du Tennessee: à cette époque, cette ville ne comptait .

f que six A sont années d'existence et elle avait néanmoins déjà huit mille

habitants. Nashville doit être aujourd'hui une des plus jolies villes des

Etats-Unis et des plus commerçantes par ses cotons et pelleteries. C'est un

^ ancien boucanier ftançais, nommé Montbrun, que j'ai vu à Nashville, qui

' a donné nA|,ssance à cette ville. On y voit encore, sa baraque en bois, lors-

^ qu*il faisait la chasse aux bulTles.

' (2) Ces farouches républicains se débarrassent des Indiens en mêlant I du poison dans le whiskey dont ces malheureux font un usafire déréglé. Ce ' sont des Américains qui n'ont pas rougi de me faire l'aveu de leur scéléra- ^ tesso envers ces peuplades.

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de rarméa française. Ces trois derniers étaient de très mauvais garnements, bien dignes de Curder;.j*en parierai plus tard.

Nous nous embarquftmes le 15 sur un bateau à vapeur pour descendre le fleuve jusqu'à Tembouchure de la rivière Rouge» que nous remontâmes pour nous rendre à Alexandrie où nous arrivâmes le 25.

Alcxandria est située sur les deux rives de la rivière Rouge; la plupart des maisons n*y étaient encore construites qu*en bois, à Texception de celles qui sont placées sur les bords de la rivière, qui, en grande partie, sont bâties en briques. On ne pouvait à cette époque donner à Alexandrie que le nom de bourgade; je crains qu'elle ne devienne de longtemps une grande et florissante ville, parce qu'elle est trop rapprochée des Nacedoches et de la Nouvelle- Orléans.

Une expédition aussi hasardeuse que la nôtre exigeait des préparatifs bien combinés pour sa réussite; aussi dûmes-nous rester quelque temps à Alexandrie pour réunir nos moyens et organiser notre caravane. En conséquence, le sieur Etienne Gurcier se rendit à la Nouvelle-Orléans, afin d'y acheter tout ce qui nous était nécessaire. Pendant mon séjour à Nashville (1), j'avais appris que mon ami Fourchy se trouvait à fa Nouvelle-Orléans. Connaissant son caractère résolu, je lui écrivis pour l'engager à faire partie de notre caravane. Le sieur Curcicr lui ayant fait de belles promesses, tout comme à moi, Fourchy s'y décida. Ce fut pour moi une bien grande satisfaction de revoir ee vieux camarade que je n'avais plus revu depuis 1817. Mon jeune frère (2), que le hasard avait conduit à la Nouvelle-Orléans, fit aussi partie de notre caravane.

(1) J'etis le chagrin d'y perdre la Adèle compagne de mes Toyaget, moa intéressante Piano, qui fut empoisonnée par un misérable de NashTillo: je dois dire que ce guet-apons fut vivement blftmé par tous les Américains de la connaissance de Latapie. mOme par le général Jackson» qui en fut vraiment indigné.

(2) Ce n'était pas Victor Persat. le faux dauphin, qui s'était trouvé en Amérique dans l'année 1824» mais qui était de retour au Havre dés le

«lis MÉMOIRES DU COMMANDANT PER8AT

:. Pendant ique nous étions occupés à faire n6s prépaî^atifs de départ, j*appris'par la yole des journaux que le fameux Joly (1) venait d'arriver à la Nouvelle-Orléans. C'était une trop belle occasion pour la manquer, aussi m'empressai-je de m^y rendre. On peut deviner la surprise de cet ancien flibustier de me voir si près de lui et dans un pays neutre pour nous deux. C'est ici que l'on pourra se faire une idée juste des fameuses lois des Etats-Unis.

N'ayant d'autre titré de ma créance sur Joly qu'une simple lettre, dans laquelle la somme n'était pas même fixée, il me fut impossible de l'attaquer devant les tribunaux, et comme il avait eu l'impudence de nier sa dette, je l'apostrophai vertement au Café de la Bourse, le menaçant même de lui arracher ses épaulettes de capitaine de vaisseau. Dès lors, ce misérable me dénonça au maire de la Nouvelle-Orléans comme l'ayant menacé d'attenter à sa vie. En conséquence de cette déclaration, signée par deux anciens flibustiers (2) comme Joly, je fus arrêté et traîné chez le maire, M. le comte de Roftignac. Connaissant l'honorable caractère de M. le comte de Rofllgnac, je lui déclarai, sur l'honneur, que cette dénonciation n'était qu'une ignoble calomnie, et que j'étais très étonné qu'un homme aussi loyal que lui eût accueilli une semblable plainte. M. de Rofllgnac, qui connaissait Joly aussi bien que moi, me dit : « Monsieur, si vous êtes homme à écrire une plainte comme celle du sieur Joly et que vous puissiez trouver

20 octobre de cette année. (Voy. p. zxix de V Introduction, Ce devait tXvt un des deux plus jeunes frères de notre héros. Michel ou Pierre» nés^à Ennexat tous deux, l'un en l'an II, l'autre en l'an IV. (0. S.)

(1) V. p. 34 et suivantes.

.• (2) lx>rs(|ue les Anjrlais vinrent attaqquer la Nouvelle-Orléans, en 1814, Joly. ainsi qu'une trentaine de pirates comme lui, se trouvaient dans les

Srisons de cefte ville et à la veillé d'être pendus. Ces pirates ayant demandé combattre les Anglais, Jackson accepta leurs services, car il les connaissait pour des hommes d'une bravoure éprouvée, et pour d'adroits artilleurs. En conséquence, il leur donna à défendre la batterie qui faisait l'ançle de la ligne de défense des Américains, avec la rive gauche du Mississipi. C'est cette batterie, dite c infernale », oui broya cing à six cents Anglais, ainsi que leur général en chef, Parkingnam, et qui força les Angais a une honteuse retraite; Après la victoire, Jackson accorda la gr&ce à tous les pirates. Les témoiÀs de Joly étaient de ce nombre.

èntore deux témoii» à U Nbuvette-Orléans' pourlasighèrl je vous déclare que je ferai immédiatement arrêter le nommé Joly, etc. » J'observai à monsieur le maire qu'il n'y avait qu'un misérable comme Joly et ses témoins capable de faire un faux et que je m'en référais à sa justice. « Nos lois, me répondit-il, exigent une caution de deux mille cinq cents gourdes (douze mille cinq cenU francs) ou il faut vous rendre en prison* » A quoi il aurait fallu me résigner, sans une vingtaine de généreux Français qui se présentèrent pour me servir de caution. Ce& Français se nommaient Pyronneau, Blanchet, Dubuc, Locart, Benoist, Chauveau, Peyre, LafoAd, Glaise, Pierre Gallon, Audry, Cuviller, Magnant, Pétot, Lecorgne, Lauminet, etc. Ainsi, sans la généreuse intervention des bons Français que je viens de nommer, un ancien forban m'aurait fait emprisonner dans un pays dont les institutions sont si mal interprétées en France; je ne suis pas fort dans les cinq codes de Napoléon, mais je ne crois pas que Fon y trouve un article qui puisse donner la latitu^de à un fripon de faire emprisonner un honnête homme, par un faux, etc.

J*avais contracté un engagement d'honneur envers les Français qui avaient bien voulu me servir de caution, de sorte qu'il ne .me restait d'autre parti à prendre que celui de mépriser cet infâme Joly, car, en le provoquant de nouveau, je faisais perdre les douze mille cinq cents francs de cautionnement que les Français avaient déposés chez le maire. M. le comte de Roflignac (1) me témoigna le lendemain ses vifs regrets d'avoir été forcé d'agir ainsi à mon égard; il eut même la bonté de me déclarer qu'il aurait été ma caution si d'autres Français ne se fussent pas offerts, etc.

(1) M. le comte de Roflignac avait reçu chez lui et bien traité le doc d*0^ léans, lorsque ce dernier courait les aventures. Peu de temps après la réro* lution de 1830, M. de Roflignac vint complimenter son ancien ami, deven* roi, qui s'empressa de lui donner force poignées de main. Heureusement

Êour M. le comte de Roflignac qu'il n*avait besoin ni d'argent ni d'emploi» [. de Roflignac réside maintenant & Angouléme.

N'ayant plus rien à espérer du pirate Joly, je retournai

à'Alexandria.

f Pendant mon séjour à Alexandria, nous eûmes le plaisir

de faire là connaissance des créoles français MM. Héno»

Rudas, Boulard, Biossat, François Renoy, etc.

Tous nos préparatifs étant terminés, nous nous embarquâmes le 26 mars 1826 sur un bateau à vapeur pour nous rendre aux Nacedoches, autre petite ville dans le haut de la rivière Rouge» où nous campâmes pendant une quinzaine de jours environ. Ce séjour nous fut des plus agréables, par les réceptions pleines d'aménité que nous firent les bons créoles français : MM. Janin, Rost (1), Noirit, Antoine Prudhomme, Ghabeau, Pavy, Martine, François. Deblieux, Nettoyer, Casimir Mérick, etc., ainsi. que le spirituel et tolérant abbé Anduze et son confrère Desaussoir.

Nos mulets et chevaux étant enfin réunis aux Nacedoches, nous décampâmes le 10 avril, afin de continuer notre long et scabreux voyage.

Notre caravane était composée ainsi qu'il suit : le sieur Curcier, chef; Fourchy, commandant supérieur pour la marche du convoi; moi, directeur des vivres et des campements; mon jeune frère et les autres Français faisaient partie de l'état-major; venaient ensuite une trentaine d'hommes à gages pour conduire les wagons et pour escorte, tous bien armés, ainsi que lioùs, bien entendu.

Je n'entrerai pas dans de grands détails sur ce pénible et dangereux voyage, car, pour lui seul, on pourrait écrire un volume bien curieux; je me bornerai donc à citer les principaux faits.

Le quatrième jour de notre départ des Nacedoches, nous allâmes camper près d'un poste américain placé sur. la frontière du Texas. La garnison de ce poste était composée d'environ quatre cents hommes avec de l'artillerie.

(DM. Rosi avait été élève à TEcoIe polytechnique, et lieutenant d*ar« illerie en France; nous l'avons laissé avocat et membre de la législature de la Louisiane, avec une belle fortune.

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