CHAPITRE Vil m
de Danrémoni; pour M. Magnan, colonel du 49* de ligne (1), pour M« Boullé, lieuienant-colonel du 6* de ligne^ pour le carliste Lavoirie (2), chef de bataillon du 6*, et même pour un capitaine d*état-major,Foy,run des neveux, sans doute, du digne général de ce nom. Les soldats de la brigade du général de Damrémont accueillirent avec assez d'indifférence la nouvelle des journées de Juillet, carleducd*0rléan8 ne leur était pas connu et lorsque je leur affirmais. que c'était un patriote et uii guerrier de Jemmapes et de Valmy, ils me répondaient avec ironie : « Mais on dit que c'est encore un Bourbon, etc. » Ces braves ne firent éclater leur joie que lorsqu'ils furent convaincus que le drapeau tricolore avait remplacé le drapeau blanc, car il est bon de dire ici que MM. de Damrémont, Magnan, BouUé, Lavoirie, etc. décidèrent, en petit comité, que l'on conserverait la cocarde blanche, que ces messieurs ne quittèrent qu'à notre retour à Alger. Je fus le seul de toute la brigado qui osai adopter la cocarde nationale, aussi fus-je arrêté par les ordres du fougueux Magnan, commandant de la place de Bône, qui, avec un ordre signé par M. de Damrémont, me fit escorter et conduire à bord de la frégate /'/fermime, commandée par le brave capitaine de vaisseau Leblanc. Ce loyal officier avait l'ordre do me mettre aux fors ot, comme il savait ce qui s'était passé à terre, il dit & l'officier commandant mon escorte : « Allez dire à MM. de Damrémont et Magnan qu'il n'y a point de geôliers à mon bord », et pub, m'adressent la parole : « Capitaine, vous êtes libre ici, et je vous prends maintenant sous ma protection, etc. » On peut juger de l'effet que produisit l'admirable conduite du capitaine de vaisseau Leblanc à mon égard sur l'esprit de MM. de Damrémont et Magnan; ils en furent atterrés
(1) Le futur man^chal Magnan, mort à Paris le 29 moi 1865. (O. 8.)
(2) Je lis autourd'hui dans le National du 1t mars une allusion A la relralti de cet oinrier qui n*éCait arrivé depuis lors qu'au grade do colonel seulement. \vec lui a été aussi admis à la retraite le lieutenant -colonel (mm
WiiibU). Qu*ont donc fait ces deux légitimistes pour Mro ainsi traités par li branche cadette de la race actuelleT
«i se gardèrent bien de me faire arrêter uneseconde fois,
' car je retournai à Bôiie immédiatement avec Tapprobation
' du commandant Leblanc qui, dés ce moment, devint seul
' mon supérieur. En retournant à Bône, je n*ayais pas Tin-
tention de provoquer un mouvement révolutionnaire
■ parmi les troupes, car j'avais appris à bord de VHerminie
que la révolution était consommée à Paris; je n'avais d'autre
intention que d'assister aux derniers coups de fusil, ainsi
\ que je l'avais fait pendant l'occupation de Bône, mais la
brigade se rembarqua aussi paisiblement qu'elle avait
débarqué. Néanmoins, MM. de Damrémont, Magnan et
consorts n'en eurent pas mpins le tort d'abandonner sur
la plogo cent cinquante à deux cents tonneaux de vin,
autant de sacs de farine, biscuits, viande salée, une partie
du matériel do l'hôpital, quinze à vingt belles pièces de
«canon en bronze de la place, etc. Je crois même qu'ils
auraient abandonné notre batterie française si les braves
«cirtîllcurs y avaient consenti, tant ils étaient pressés de
r'evenir à Alger (1). Enfin, les troupes étant embarquées,
l 'escadre mit à la voile avec le pavillon blanc le 22 août,
stous les ordres du capitaine de vaisseau Cuvillier, légiti-
jrrkiste et privilégié du légitimiste Rosamel (2), ministre
4Je la marine maintenant. Le 27, lorsque nous fûmes à la
j>ortée de la grande longue-vue de l'amiral Duperré, le
^i^^nal fut donné d'amener le pavillon blanc et de hisser
]o drapeau national. C'est alors que la brigade fit éclater
&o^ enthousiasme. Que n'étais-jo en ce moment sur le
13 â vire où se trouvaient MM. de Damrémont et Magnan!
Ol^* combien je les aurais humiliés, surtout Magnan, qui
^ « ) n est avéré maintenant que M. de Bourmont, en faisant évacuer les ^f ^^o43S d*Oran et de BOne, n'avait d'autre but que de rëunir l'armée, afin »^ s>«vcnir subitement en France pour mettre a U raison les révolution- 23^is-os de Paris, etc. et si M. de Rigny eût été à la place du brave amiral -^^jr>orré, il est possible que ce mouvement eût pu être exécuté, sans. résultat ^^^C€»foi8. On verra à mon chapitre de la Morée ce que M. de Ri^ny était gj^not^i^^ de faire en cette circonstance. (
\*^y \Kq%9xw3\ (Claude-Charles-Marie Dacamps de), né en 177'i, amiral, #« s X* ^® France, ministre de la liiarino du <> septembre 1836 au 30 mars 1839.