CHAPITRE XKIII
n anglais, quand il parle avec enthousiasme de » sa patrie , sans savoir au juste ce qu^elle a fait de » grand. Il se croit un Romain, parce que le » peuple boxe dans nos carrefours^ et se délecte » k des combats de coqs, parce que c'est un » emblème de la guerre. Notre invincible marine » entre d[ans toutes ses conversations; i) reste » botté les trois quarts^du jour , et s'enivre pour » faire quelque chose. Il se ferait volontiers vomir j» comme on le faisait à Rome, ^vant d'aller diifer; » oter son chapeau lui paraîtrait incivil , et le » meilleur ton lui semble de traiter les femmes » avec le plus mauvais , quand il se donne la peine » rare d'entrer dans un salon , oà il Jure devant y» des duchesses^ et se couche sur un sopha au lieu » de s^jr asseoir.
» f^ous autres avez fait encore un plus mauvais » marché; vous avez voulu nous imiter , c'est ài> dire, faire ce qu'il y â de plus apposé à vous- » mêmes. Ce qui peut être sans dangers ici , les » aura tous dans votre pays. ï ai voyagé en France^ » Ufaut à votre nation du décorum , et que chaque » état y ait son quant à soi. Une inexplicable ma- » nie vous a fait penoncer à cette dignité polie qui » caractérisait la noblesse française : vous avez » comblé dés intervalles qui doivent rester vides. » Je cherche vos grands noms , je demande s'iis » figurent encore sur un grand théâtre , on m'in-
V forme que plusieurs de cefux qui les portent » sont derrière la toile y ou dans les coulisses , in- T» capables de jouer aucuns râles : je demande s'il » y à encore des Montausier, des du Guesclin *, »; des Sully y des Turenne **y des Couci^ des Fé^ » néhn , etc. , etc. On me dit oui. Que font-ils ? » Rien. Monsieur , ces gens-là auraient dû contr- * nuer leurs ancêtres. Je vais plus loin, le Roi , » votre maître , aurait dû en - quelque sorte les yy forcer à lès imiter. Je leur aut^ais donné de A grandes charges, eussent-ils dû en être acca- » blés, jeks aurais contraints à tenir la place de » leurs aïeux , au moins dans un salon , et à re- » présenter leurs pères, sans faire rougir leurs » enfans.
» — Fort bien', mylord, m'écriai-je, c*est très- » beau !... Le grand Cbatham • n'eût pas mieux » parlé! Vous avez toute la verve de la chevale- *» rie, mais c'est la dernière étincelle d'un feu qui
* Le marquis du Guesclin^ le dernier de son nom , puisqu*on ne peut pas compter la duchesse de Gestre, était déjà mort quand Je marquis de Saint-Hélens faisoit cette question \ mais sept ou huit ans plus tôt elle eût été fondée ot la réponse aussi.
{I^vte de routeur.)
** U n'y a point de descendance de M.- de Tnreniie en ligne directe, mais des gens de sa maison ( Latour-d' Auvergne) ont porté son nom jusqu'à la révolution. Il y a vraisemblablement quelqu'un «ncore chargé de ce fardeau. ^
, , . ( Note de V Auteur. )