‹ Meḿoires du comte Alexandre de Tilly, pour servir a ̀l'histoire des Moeurs de la fin du 18e siec̀leChapitre 32 sur 95 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

de la maison royale , forcés à vous dégrader, oupar une familiarité , ou par des hommages également indignes de vous, venez réclamer contre la flatterie et l'imposture. Avoir eu, ou n'avoir point eu d'amans , est assez peu intéressant : il est simple qu'on s'offre comme une vestale à un monarque qu'on avilit par la seule bassesse qui puisse lui être reprochée dans tout son règne: cela s'explique. Mais qui justifiera l'historien qui trompe les vivans par respect humain pour les morts, par cabale, par spéculation, ou par esprit de parti , et qui vient faire honneur au vice heureux de tous les attributs de la vertu; qui vient nous entretenir de la bonté de cœur, de la sensibilité , de toutes les qualités de l'âme d'une sultane Validé , lâche avec M'"^ de Montespan , hypocrite consommée avec le roi, tyrannique dans son intérieur, persécutrice des protestans, vaine comme une parvenue , dans sa fausse humilité , mêlant sa médiocrité aux plus grandes affaires de l'État, protectrice d'un Chamillard, se trompant

dans une de ses histoires (ce qui est tout-à«fait ëgal) que Mna« de Maintenon mourut f voilà qui est incontestable), laissant une mémoire digne des plus grands éloges à beaucoup iV égards y avec la réputation d'une piété vérùable , d^un esprit fin . . C'était une piété dans le goût de celle de M"»» de Genlis, quant à s^s commencemens. Pour un esprit yî/t, celui de M*ne de Maintenon le fut davantage, car elle eml^£t%'rassa ses contemporains, et ceux de M™* de Genlis ont jugé du premier coup ses vertus. ( Note de l'Auteur. )

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dix ans sans la détromper *j sacrifiant lâchement Racine après l'avoir mis en avant , se mêlant avec fiel de toutes les querelles mystiques, portant dans sou sein l'insensibilité d'une pierre, en dépit de quelques aumônes spécieuses et exagérées, ayant enfin l'insolence de s'ennuyer à la hauteur où elle avait eu l'insolence de monter?

y eut-on maintenant un échantillon de sa sensibilité? Veut-on voir celle qui, rassasiée de grandeurs au sein du luxe et des richesses , celle qui , regorgeant de tout ce qui finît par inspirer rmsouciance de la vie , plus peut-être que l'extrême misère , répondait à peine à la lettre la plus tendre , la plus touchante , et la plus noble , de la duchesse de Mantoue (née princesse de Lorraine et française) qu'elle avait connue dès sa plus tendre jeunesse; de la dudbesse de Mantoue , qui , malheureuse à l'excès, sans être coupable, n'eut d'autre tort que celui d'implorer cette vieille fée qu'elle n'était pas née pour sup-

* CT GIT LB FAMKUX CHAMILLARO, DS 80H ROI LE PROTONOTAIRB ,

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Tel fut Thommc, ainsi que les Villeroy, les Tallard^ les Marsin, que M™« de Maintenon protégea constamment, tandis qu'elle éloignait des conseils et du commandement des armées les Vendôme, les Catinat^ etc. , sous prétexte qu'avec si peu de religion ils ne pouvaient que porter malheur à nos armes.

( Note de l'Auteur. )

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