‹ Meḿoires du comte Alexandre de Tilly, pour servir a ̀l'histoire des Moeurs de la fin du 18e siec̀leChapitre 4 sur 95 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

Qtons de lui quelques traits particuliers, et quelques anecdotes qui le feront mieux connaître encore.

Un homme de ma connaissance , chez qui il avait accepté à dîner, lui rappela sa promesse.

ce Monseigneur veut-il me faire l'honneur de ^> dîner demaip chez moi?

» — Non , monsieur, je ne serai pas fâché que » vous y fassiez un peu plus de cérémonie, et je » vous donne trois jours. »

Une autre fois, perdant chez du Dresnays son argent d'assez bonne grâce , car il n était mauvais joueur que lorsqu'il gagnait, quelqu'un lui proposa un pari de traverse de cent louis.

« Quand }e voudrai parier je vous le dirai.

» — Il est possible, monseigneur, qu'alors je » ne le veuille plus. »

 la suite d'un long souper, le duc de Fronsac , à peu près ivre, le tutoya ( ce qui était absurde et impossible, s'il eut été de sang-froid). Le prince dégrisé comme par un coup de baguette , ' lui dit : or monsieur le duc , nous sommes cités » pour être amis, ri allons pas nous fah^e citer » pour être ridicules. » *

Il y avait de la grâce à s'envelopper dans un ridicule qui ne pouvait atteindre que celui à qui il le reprochait.

Staînt im jour chez M. Le yoyer , à Paris ou aux

1,0 MÉMOIRES DE TlhhY.

Ormes, la coayersation tomba, sur une querelle du grand Condé et du comte de Rieux. Ce dernier frappé , le rendit avec son assiette au vainqueur de Fribourg, de Nordlingue, et d^ Lens. Le prince fut exilé à Chantilly , et M. de Rieux mis pour quelques jours à la Bastille. M. Le Voyer, était d'avis qu'ils auraient dû se battile malgré les ûrdr^^s du Roi^ et. finit, par interpeller M. le duc d'Orléans, pour savoir le sien^ <ç Je ne me » pique pas, répondit-il, d'avoir ime opinion sur yt ce qui ne peut jamais m'arrivet. n II tourna le do&. J'iu ouï raconter £ette anecdote au comte de Latiragùais présent. i ,

Un imbécille de chevalier de Sadnt^Louis: le rencontra seul, montant le grand escalier du Palais-Royal, S'avançant :

a Je crois avoir l'honneur de parler à monaei- » gneur le duc d'Orléans ?

p -t- Je ne crois pas que vous le croyiiî^. ^ / : '. Je coniûais beaucoup d'autres mot& et d'autres traits de lui, qui me persuadent qu'il a été bien étonné, au fond, de son coeur , de la; compagnie qu'il a vue les derniers temps de sa viei> ^

Il était facile de l'entraîner et de le convaincre ,

parce qu'il avait peu d'esprit, et que ce.qu'U en

avait,, était crédule. Cette absence .à» tooyens

était parfaitement remplacée par un goût excel-

. knt', et par une plaisanterie courte et légère ,

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