‹ Meḿoires du comte Alexandre de Tilly, pour servir a ̀l'histoire des Moeurs de la fin du 18e siec̀leChapitre 58 sur 95 · CHAPITRE XXI¥. ] 3S · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI¥. ] 3S

qui pouvaient an jour Siervir à reconstruire sa force? Ce fut ie comité autrichien qai donna le conseil de s'appuyer sur la popul subite et les ta<* lens de Mirabeau. €e fsuneux comité dont on a tant parlé ne fut jamais composé que de deux personnes , le .oûâDote de Met cj^d'Argenteau , e^m** baésadeur de la eour de Vienne , à Paris , et M. le comte de La Marek. Ses avis semblènent fixer un moment le£ volontés les plus isicértaines ^ et on eut eai&ïi recours ^u seul homno^qaif put relever la monarchie en donnant de larges bases aux libertés publiques. Cédant au désîr de s'immortaliser par un grand serviœ rendu :à l'Etat ^ Mîra^ heau^it Kengaigement formelde servir Louis X¥i. Des rdations par écrit s'établirtent entre ce prince et Mirabeau ; et roici la jwremière lettre de -cette iiaiite correspondance , telle qu'elle a été vue , de l'écri^ture de Mirabeau, dans les ipiains du oomljte deLaMarck. .. .î

Lettre secrète de Mirabeau au Roi *\ '"

« Profondément touché des angoisses du Roi , » qui a le moins mérité ses malheurs personnels ;

* Cette Lettre au Roi et le morceau qui Taccompagne ont étk ikés ep gi^i^de partie 4e rpayrt^ge intii^lë Tflkhati de genre el d'histoire , recueillis et publiés par F. Barrière. Paris, 1826. Un vol. in-8°. Chez les mémei éditeurs.

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i> persuadé que s'il est dans sa situation un » prince. à. la parole de qui l'on puisse se fier, ce » prince est Louis XYI; je suis cependant telley> ment armé par les hommes et par les événe- » mens contre l'attendrissement qui naît du y> spectacle des vicissitudes humaines , que je ré- » pugnerais invinciblement à jouer un rôle dans » ce moment dé partialités et de confusion, si je » n'étais convaincu que le rétablissement de Tau- » torité légitime du Roi est le premier besoin de » la France et l'unique moyen de la sauver.

3» Mais je vois si clairement que nous sommes » dans l'anarchie , et que nous nous y enfonçons » tous les jours davantage ; je suis si indigné de » l'idée que je n'aurais contribué qu'à une vaste » démolition , et la crainte de voir un autre chef » à l'Etat que le Roi m'est si insupportable , que » je me sens impérieusement rappelé aux affaires 2> dans un moment où , voué en quelque sorte au » silence du mépris, je croyais n'aspirer qu'à la » retraite.

» Dans cette occurrence, il est aisé de croire )> que les dispositions actuelles d'un Roi bon et )> malheureux, à qui ses conseillers et jusqu'à ses » infortunes ne cessent de rappeler qu'il a à se » plaindre de moi , et qui cependant a la coura- » geuse et noble idée de s'y confier , sont un at- » trait auquel je h'essaierai pas de résister. Voici

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