CHA.PITRE XXV
sonnage capital de ce tableau. Prise pour la Reine par cfes furieux, quelqu'un voulut les détromper : Ne les désabusez pas y dit cette sainte.
Le voilà , ce mot , ce dernier effort du sublime , admirable réunion de la grandeur de la parole , et de l'action la plus élevée ! *
Ces quatre heures d'insultes inconnues dans l'histoire des nations , outrage imprimé au nom français autant qu'à la royauté, durent apprendre à tout ce qui aimait encore la vertu et la bonté, à tout ce qui portait encore un cœur d'homme , qu'il fallait quitter une terre où le dernier effort à tenter contre le crime heureux était de lui dérober des victimes. J'en prenais chaque jour la résolution, une puissance secrète me détournait de l'accomplir.
J'avais tant improuvé la mesure de l'émigration ! Etait-il noble d'accorder à l'effroi, à l'impatience de l'horreur, ce que j'avais contesté , dans ma conduite, à l'autorité de l'exemple? Était-il généreux d'abandonner un Roi qui s'était abandonné lui-même, de ne laisser dans les rangs que ceux qui machinaient sa chute, et«qui étaient altérés
* Comment des journalistes ^ des compilateurs ont-ils délayé ce mojt uni<pie? « ne. les désabusez pas » : Ne leur apprenez pas qui je » suis, laissez-leur croire que je suis la Reine — Ma mort évitera » un plus grand crime. » Voilà ce qu'on lit partout , et ce que le froid dédain et la vertu, qui sont laconiques, n*ont pas dit.
( Note de V Auteur. ) m. la
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de son sang? Ne fallait«-il point assister aux obsèques 4e la monarchie , quand on s'était dévoué si longtemps sur, ses ruines ? Je n'étais pas d'un grand poids dans la balance, mais n'avait-elle pas penché d'un côté , parce que trop de monde en avait dit autant? etc. etc. etc.
Tandis que je délibérais, le mois d^ Auguste mil sept cent guatre^-i^ingt-douze allait sortir de l'immensité des temps, et s'y reperdre avec le trône écroulé.
Jusqu'à cette redoutable époque , j'avais été fidèle à l'engagement que j'avais pris avec moimême de ne jamais revoir M"® de Saint-Amaranthe ; un horrible pressentiment du sort que la Providence lui réservait, vint tout-à-coup troubler mon cœur, qui s'échappait de nouveau vers elle.
Vergniaux, avec lequel une circonstance imprévue m'avait lié précédemment, n'avait rien négligé pour me décider à sortir de France. Il présageait tout ce qui arriva; il avait deviné jusqu'à sa mort, et persistait ^par honneur et par paresse , sur la ligne où il avait commencé a marcher. C'est ce qu'il n'avouait guère, et ce qu'il m'a sincèrement confessé vingt fois. La veille de cette terrible journée, je le vis encore. Il était minuit; je voulais rentrer et brûler quelques papiers : je me sentis involontairement entraîné