CHAPITRE XXVI
The Cloud-Capt towen , the gorgeous palacM , Tke jK>lemn temples, the great globe itself , Yea ail which it inhérent , shall dissolve ! And , fike the baseless fabric of a vision Leares not a wreck. behind. — We are sach stuft' As dreams are made on , and our little life Is rounded ivith a sleep.
SHAKBSPBiUll.
Postquam res Asise , Priamique eyertere gentem
Immeritam Tisum Sqpcris. ...
▼lac.
L'histoire est une fable convenue. — Vergniaud. — Son portrait. Mes rapports avec lui. — Ma lettre au Roi. — Les émigrés la hlâment. — Reçue avec reconnaissance parie Roi, elle contient des vérités et des prophéties. — Paris révolutionnaire. — Les arrestations se multiplient. — Je reçois de Danton l'assurance de la vie. — Je me décide a fuir. — Mon passeport sous un nom étranger. — Mon déguisement et mon départ. — Je cours k Abbeville le danger d'être découvert. — Mes adieux k Champcenetz. — Commissions que je lui donne. — Le malheureux ne veut pas me suivre. — J'arrive a Boulogne dans la nuit du 25 août. — Je me confie k Mistriss Knowelz, k l'hôtel Britannique. — Son homme de confiance, Parker, cherche des moyens pour mou passage. — La première tentative échoue, la seconde réussit. — Mes résolutions en pleine mer. — J'entre k Stockport. — Je me rends k Douvres. — Lord Cholmondley et sa femme s'embarquent
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pour ritalie. — Disposition de l'Angleterre à mon arrivée dans cette île. — Je dépose ma plume, et j'attends le jugement du temps , et de mes réflexions avant de continuer mes Mémoires,
Nous répétons avec le faste de notre vain savoir où de vastes empires florissaient; nous ne comprenons pas assez que l'univers habité n'est (ju'un point, et que nous ignorerons toujours quelles nations vécurent sur d'autres points qui furent peuplés , quoiqu'on n'y découvre plus des traces d'hommes : nous savons où la cendre de plusieurs peuples anciens s'est mêlée à une terre que la charrue ne sillonne plus; 'où gisent le néant de leur gloire et les cadavres de leurs monumens. Nous avons des dates, des faits que nous appelons l'Histoire* ( ordinairement une fable con-venue)^ et des jalons placés dans les intervalles de nos incertaines traditions auxquels notre mémoire se rallie. Tout cela est décoré du titre pom-
* Historia , testis temporiim , liix t/eritatis y uita memoriœ , magistra x^itœ , nuntia vetustatis. ( Cicér. )
Ne pourrait-on pas traduire ce passage ainsi :
L'Histoire, le faux-témoin des temps, la lueur d*un mensonge, la déception de la mémoire , Técolc de Terreur , la fable de l'antiquité.
Cette traduction ne correspond pas tout-à-fait au texte, mais te scus en est un peu plus vrai. ( Note de VAuteiw. )
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peux de science , et de l'exacte connaissance de l'antiquité, et de la manière dont vivaient les aïeux de la race humaine. Mais il vaudrait mieux tout d'un coup convenir que nous ne savons rien ; que notre histoire, si bornée, n'a pas plus d'authenticité que d'étendue; que des peuples, des royaumes, des catastrophes de tout genre , se sont succédé sur la terre renouvelée , dont nous n'avons pas la moindre idée ; que nous croyons avoir fait des découvertes qui ont eu il y a des milliers de siècles un perfectionnement que nous ne leur donnerons plus; qu'il s'est fait des choses grandes et utiles sous le ciel dont les hommes n'ont pas et n'auront plus la révélation; et ce que nous appelons l'enfance du monde relativement à nous , en était peut-être la décrépitude ; qu'il est possible que plusieurs des historiens les plus renommés aient été des romanciers , ou n'aient pas vécu du tout; que celui qu'on nous donne pour un poète épique n'ait composé qu'une chanson , n'ait pas su lire, ou n'ait pas vécu ; que cet empereur débonnaire ait été un tyran ; que celui qu'on représente comme un farouche oppresseur ait été adoré de ses sujets ; que cette reine ait été une courtisane, et Glycère une impératrice : nous conviendrions que , dans des siècles où nous ne pouvons pénétrer, il s'est peut-être passé des événemens mille fois plus intéressans, plus gi-
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gantesques que tout ce que nous avons lu dans nos livres mensongers. Nous n'oserions plus prononcer que la terre n a pas été un million de fois plus peuplée ; qu'il n'en est pas disparu infiniment plus qu'il n'en reste ; qu'elle n'a pas été plus paisible ou plus agitée ; que le crime ou la vertu n'en a pas été , pour un long temps , Tunique habitude ; que le principe de la vie , alors plus longue , n'a pas été mieux analysé , et notre destination après la mort mieux entendue ; que cette mort, par conséquent, sujet actuel de tant d'inquiétudes et de réflexions, n'a produit alors ni effroi, ni surprise; que les ressorts secrets qui rapprochent le ciel de la terre n'ont pas été mieux dévoilés, ainsi que les relations de l'homme à son Auteur , qui , mieux connues , pourraient seules nous expliquer la destination de l'un , et les projets de l'autre : nous serions naturellement menés à conclure que ce que nous voyons n'est peut-être pas; que c'est une réflexion de nos yeux, de nos organes ainsi disposés, et non une réaction de la yérité ; mais au moins notre orgueil et notre rîsible importance se tempéreraient-ils ; au moins n'hésiterions - nous pas à confesser, qu'ainsi qu'un jour on ignorera qui , nous, notre Europe, nos empires, avons été ; de même nous n'avons pas les droits d'établir avec une arrogante précision des systèmes ; d'imprimer le sceau