‹ Meḿoires du comte Alexandre de Tilly, pour servir a ̀l'histoire des Moeurs de la fin du 18e siec̀leChapitre 81 sur 95 · CHAPITRE XXVI, ïgi · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI, ïgi

pieds la grandeur terrassée; laissez amollir vos cœurs d'airain par Un malheur sans défense ! Mais si la route de ce prince infortuné est jonchée de tant d'épines, au moins trouvera- 1- il, en arrivant dans le sanctuaire des lois , au sein de vos représentans , l'inviolable respect que s'est attirée, dans tous les âges et chez tous les peur pies, l'infortune et des femmes suppliantes et des enfans effrayés? Hélas! Non. Non. Non. Quelques furieux de bonne foi , quelques autres qui ont calculé tous les crimes , d'autres enfin vendus à l'or des étrangers , leur font savourer goutte à goutte la coupe amêre des dernières humiliations , et reculent les bornes du malheur même. Celui qui fut roi d'une nation célèbre par sa dévotion pour ses maîtres , entend agiter en sa présence toutes les alternatives d'une destinée qu'il eût été sacrilège dix ans plus tôt de rêver pour lui. On discute devant liii et sa famille, avec l'impudeur de la férocité , les questions de la déchéance , de la captivité.... On lui prononce, pour peu qu'il sache entendre, l'arrêt de son trépas. Il assiste aux débats d'où sort le décret qui le jette dans une obscure prison : ses derniers serviteurs restés fidèles , sont arrachés d'auprès de lui ; on leur fait un*crime de leurs larmes , qui sera pour quelques uns d'eux leur sentence de condamnation.

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