‹ Meḿoires du comte Alexandre de Tilly, pour servir a ̀l'histoire des Moeurs de la fin du 18e siec̀leChapitre 82 sur 95 · III. i · texte numérisé non relu

III. i

J94 HKMOIRKS DE TILLY.

Aug;uste et déplorable famille, consolez- vous! marchez avec un front serein vers cette tour où v^ s'accomplir la dernière tâche de vos calamités. Réjouissez-vous plutôt d'aller peupler cette lugubre enceinte, vous échapperez bientôt aux hommes. Vos grandeurs sont d'un meilleur monde. Pourriez-vous regretter celui-ci? pourriez-vous rien regretter de la vie ? Les hommes ne peuvent que l'ôter, c'est le dernier acte de leur puissance, et c'est une faveur que vos ennemis vous destinent. Priez-les seulement de ne pas vous la faire attendre;.... vous laisserez les bourreaux plus à plaindre que les victimes.

Vergniaud , dont j'ai déjà fait mention % et qui fut le plus éloquent orateur des deux assemblées , si par éloquence on entend le talent d'agir sur l'âme et de passionner les questions, avait un

* Picrre-Tictorin Vergniaud naquit en 1759, à Limoges , où son père ^tait avocat f il suivit la même profession , et , doue d*une ëloquenç^e passionnée, d^unc improvisation brillante, d*un débit entraînant , il alla se placer à la tête du barreau de Bordeaux , la seconde ville de France. Be même que tous les jeunes avocats de sa province, il adopta avec ardeur les principes de la révolution, <;t fut nommé en 1791 député à TÂssemblée législative : il 7 saisit là palme dé Fi^oquence. D*un caractère indolent et sans ambition peir^nDelle^ il ne se sei'ait point jeté dans le tourbillon des partis , si les meneurs ne l'avaient pas associé malgré lui à leurs projets , sans pouvoir jouer par lui-même un rôle important, car Thabileté et Tesprit de coi|duite iiij manquaient. Il tonna contre les ministres, et contribua par son éloquence à l'écroulement du trône de Louis XVI , après avoir suscité la guerre et enflammé les esprits. Nommé à la Convention, il figura comme un des chefs du

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