‹ Meḿoires du comte Alexandre de Tilly, pour servir a ̀l'histoire des Moeurs de la fin du 18e siec̀leChapitre 83 sur 95 · CHAPITRE XXTI. IQS · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXTI. IQS

souverain mépris pour toutes les factions, et peut** être pour celle à laquelle il appartenait plus que pour aucune autre; mais son indifférence, sa vanité, .et son goût pour la tribune, serraient les liens qui l'attachaient à son parti. 11 aurait voulu trouver un moyen honnête (comme s'il fallait un prétexte honnête pour abandonner ce qui ne l'est pas!) pour s'en détacher. 11 aurait préféré le repos et vingt mille lii^res de rente* ^ à ce bruit, et à ce sang. Il le disait, il le pensait sans doute, et cependant ne consentait .point à sortir d'une carrière qu'il courait avec dégoût.

Il m'avait répété souvent : <xJe crois le Roi » honnête honune , mais il est insau^fable : qu'il » abdique, qu'il se retire où il voudra avec la » Reine, et nous laisse son fils; il en est temps » encore. Je me suis chargé de demander le dé-

parti de la Gironde^ dont il n'était que Torateur , et se perdit en voulant défendre Tindépendance de cette assemblée contre le parti de la Montagne, qui lui était opposé, et qui , soutenu par la com« mune de Paris et les Jacobins , aspirait à exercer la dictature résolutionnai re. Il y parvint, et Ycrgniaud fut proscrit après le 3i mai , avec ses amis , qui , formant le parti de la Gironde , n*a- ▼aîent trouvé d'appui que dans les dëpartemens parmi les gens aisés et honnêtes. U s*était attaché en dernier lieu à une M»^^ Walsh qu'il aimait tendrement. Son indolence et Tamour des femmes le perdirent. Le 3i octobre 1793, il fut condamné à mort, avec la plupart de ses amis : lui et le^ autres condatnnés firent entendra le cri de f^iife la républitjfue ! I !

* J*ai été autorisé par M. de La Porte à lui offrir mieux que cela. ( Note de V^uteur, )

» cret qui suspendra son pouvoir; faites-l€ aver- » tir, si vous voulez, qu'il court le plus grand » danger; qu'il n'a qu'z^/îe cliose à faire pour » l'éviter, et qu'un instant pour le détourner. »

Le II d'août, je lui rappelai cette conversation que j'iivais eue avec lui, moins de huit jours avant; je le suppliai de faire adopter cette mesura! de l'abdication , et le décret qui autoriserait Leurâ Majestés à se retirer hors du royaume, avec un traitement , etc. etc. Je rien suis plus le maître , me Té^onàxt-^îX^r instant est passé.

Quand des abbés de M**, des chevaliers de P**, et'autres envieux, confessaient à Londres que la lettre que j'adressai au Roi, le 1x7 juillet 1792^, était bien pensée et bien écrite , mais qu'ils ne reconnaissaient pas le droit que j'avais eu de l'écrire, ces honnêtes gens-là ne disaient qu'une sottise et qu'une pauvreté. Dans luie circonstance aussi solennelle^ tout Français av^it une mission pour écrire au Roi , et pour lui faire parvenir des vérités utiles ; ceux surtout qui , par leurs liaisons, leur dévouement connu, et leur intérêt ' à préserver l'édifice social, ne pouvaient être suspects dans leurs intentions, ni accusés d'irrévérence , même dans la chaleur un peu austère de leur zèle. Mais les jaloux, et souvent jaloux sans titres, se distribuent, pour peu qu'ils puissent les soutenir, les rôles de penseurs et de par-r

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