LA CONVENTION DE REICIIENBACH
pu réussir à faire rompre notre pacte de famille, comme elle l'avait voulu et comme elle avait tout fait pour y parvenir, la porteront peut-être à déployer sur nous toutes ses forces et tous ses moyens.
Sans doute il y aurait peu de générosité à une pareille conduite, mais l'Assemblée nationale s'est bien lourdement trompée en faisant porter ses décrets les plus importants sur des bases moralement bonnes, mais politiquement inexistantes, en proclamant une paix universelle. Principe que personne n'adoptera, et qui est aussi étranger aux hommes que ceux-ci le sont aux idées de perfection, sur lesquelles seules ces bases pourront s'établir, en supposant chez les autres puissances des vues honnêtes, justes, pures, comme celles qui doivent garder le pécheur qui désormais veut faire son salut. Je l'ai toujours pensé, c'est sur les vices des hommes qu'il faut calculer et non sur leurs vertus ; ces dernières sont unes, stables et ne varient jamais; les autres suivent la fluctuation que leur impriment les passions et l'intérêt, et sont susceptibles d'une foule immense de modifications que les circonstances déterminent.