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LA SOUMISSION I>E LA BELGIQUE

Liégeois. La Convention n'avait d'ailleurs nul intérêt à soutenir le mouvement belge, à la têle duquel se trouvait Van der Noot, instruite comme elle l'était « des circonstances et de l'état intérieur du Brabant, où le congrès ne paraît pas avoir les caractères qui émanent de la souveraineté du peuple ». (Discours de La Fayette, séance du 17 mars 4790.)

Après son couronnement à Francfort, Léopold II fit paraître une déclaration par laquelle il promettait aux Belges de leur rendre leurs privilèges tels qu'ils existaient avant l'avènement de Joseph II. [I promettait, en outre, sous serment, de ne jamais y porter la moindre atteinte et d'accorder amnistie à ceux qui se soumettraient avant le 21 novembre. C'est alors que, dans la nuit du 21 novembre, les États généraux crurent éviter la soumission directe en élisant l'archiduc Charles, fils de Léopld II, grand-duc héréditaire de la Belgique. Cette élection trop tardive ne pouvait plus être reconnue et le général Bender reçut l'ordre d'occuper le pays.

Le 10 décembre, après que l'autorité de Léopol II fut rétablie dans les Pays Bas, les puissances maritimes signèrent une convention garantissant à la maison d'Autriche la possession des provinces belgiques comme domaine inséparable de cette maison, indivisible, inaliénable et incommutable.

Bien que la résistance des Belges eût nécessité l'occupationmilitaire du pays, Léopold accorda une amnistie générale, de laquelle ne furent exceptés qu'un petit nombre d'insoumis. De ce nombre, Van der Noot se réfugia en Hollande ainsi que van Eupen, Vonck et van der Mersch, bien que soumis, restèrent à Lille, où ils s'étaient mis en sécurité. C'est àcette époque que le comte Mercy fut nommé plénipotentiaire de Léopold II, à Bruxelles, et appliqua les conventions stipulées ci-dessus. Les anciens gouverneurs, Marie-Christine et le duc de Saxe-Teschen, rentrèrent en Belgique et l'inauguration du nouveau prince-souverain se fit dans toutes les provinces.

Le cercle de Bourgogne étant ainsi rentré dans ses rapports avec l'Empire, les troubles d'un pays voisin, l'Evèché de Liège, que des négociations conduites avec une lenteur intéressée et insidieuse, après l'ultimatum qui avait été donné à Francfort à cet égard, avaient laissé subsister jusqu'alors, furent apaisés par l'intervention de l'Empereur qui, comme duc de Bourgogne, put mettre à exécution les mandats de la Chambre de Wetzlar contre ce pays.

C'est une chose digne de remarque que cette soumission

prompte et indéfinie à laquelle le peuple de Liège s'est déterminé envers les armes de l'Empereur; tandis que l'intervention de la Prusse, même après l'ultimatum de Francfort, n'avait opéré aucun effet semblable sur son esprit. Cela a pu faire croire que la Cour de Prusse avait des répugnances à la soumission de Liège aux conditions de l'ultimatum, et qu'elle avait voulu différer l'époque de son accomplissement. L'Empereur, dans cette conjoncture, a agi comme il le devait faire, en sa qualité d'Empereur, et de co Etat. Sans doute, il aura égard aux justes griefs du peuple liégeois, et ne prêtera point ses forces pour qu'on l'opprime et pour ne rétablir dans son sein qu'une paix forcée dont le calme perfide couverait de nouveaux germes de dissensions qui éclateraient encore tôt ou tard.

La Cour de Berlin a réclamé, dit-on, à ce sujet, l'exécution d'un article secret de la convention de Reichenbach, par lequel l'Empereur promettait de ne se mêler directement ni indirectement de l'affaire de Liège. Mais Léopold a su éviter la violation des lois de l'empire dont il a promis, comme chef, le maintien et l'exécution. Placé entre deux engagements, dont le premier devait nécessairement céder au second, il a eu à cœur d'exécuter, avec toute la mesure nécessaire, comme duc de Bourgogne, les mandats des tribunaux de l'Empire.

Léopold a donc agi constitutionnellement et patriotiquement. Le succès a couronné cette démarche sage; ses troupes sont entrées sans opposition dans Liège, le 12 janvier 1791, et l'Evêque a été rétabli dans ses droits. Ainsi le calme a été ramené dans tout l'Empire.

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