CHAPITRE DEUXIÈME
de l'angleterre. — l'exécution DE LOUIS XVI.
Invasion de la Belgique. — Bataille de Jemmapes et occupation des provinces belges. — Politique anglaise. — Les Russes occupent la Pologne.
De défensive, la guerre était devenue offensive ; la nation, ivre de gloire, se laissait entraîner par des généraux ambitieux à la conquête des frontières naturelles, malgré le gouvernement qui craignait la dictature des vainqueurs, malgré l'Assemblée qui dissimulait les motifs de cette guerre nouvelle dans les décrets des 24 octobre et 9 novembre, annonçant que la France se levait tout entière pour affranchir les peuples frères du joug de la tyrannie. Ce sera le grand moyen employé par les Français pour affaiblir leurs ennemis avant de les combattre et après les avoir divisés par des considérations d'inlérêt politique.
Custine poursuivait sur le Rhin la nouvelle croisade, Anselme à Nice s'essayait au même rôle, Dumouriez entreprenait la conquête des Pays-Bas. M. de Bray nous donne l'impression produite en Allemagne par cette propagande renforcée de l'action des bayonnettes et des actes de brigandage de toute nature qui révoltent même les partisans des idées nouvelles.
Le 6 novembre, les Français battaient les Autrichiens à Jemmapes ; ce succès, célébré en France comme une fête nationale, fut le prélude des victoires de la République, il ouvrait carrière à la guerre de conquêtes.
Mais si la victoire de Jemmapes ouvrait la Belgique ,aux armées et aux commissaires de la Révolution ; elle devait décider l'Angleterre à déclarer la guerre à la France. Jusqu'ici, elle n'avait fait que préparer ses moyens d'action pour être prête à intervenir efficacement au moment opportun. Les troubles de la France, en affaiblissant cette rivale séculaire, ne pouvaient que favoriser ses intérêts. Elle eut même pour cette révolution, comme le dit M. de Bray, beaucoup de complaisances.