SUR HAMILTON. IX
que la tendresse qu'il portoit à tous les deux n'en étoit pas le seul motif, et que son attachement pour un pays où il avoit passé les premières années de sa vie y entroit pour quelque chose. Rien ne l'empêchoit d'y multiplier et d'y prolonger ses séjours, puisqu'il étoit sans emploi. Il avoit été élevé dans le catholicisme. Charles II, quelle que fût son indifférence pour les religions en général, et son attachement pour la famille des Hamilton , n'avoit pas pu lui donner du service. Le successeur de ce prince voluptueux et insouciant , Jacques II, à qui son zèle pour cette croyance, et ses bontés pour ceux qui la professoient, devinrent si funestes , donna bientôt à Antoine un régiment d'infanterie en Irlande, et le gouvernement de Limcrick , l'une des principales villes de ce royaume. Ce monarque, après un règne de trois ans, ayant été chassé de ses états par sa fille et par son gendre, alla , pour la seconde fois , chercher un asile en France. Nous ne sommes point certains qu'Hamilton ait participé aux généreuses, mais inutiles tentatives que les Anglois , restés fidèles à Jacques II , firent , avec le secours des François , pour replacer ce prince sur le trône ; mais tout porte à le croire ; et , à défaut d'autorités , la reconnoissance qu'il devoit au monarque , et la faveur dont il jouit toujours auprès de lui, en répondent suffisamment^. Quoi qu'il en soit, Jacques II ayant entièrement renoncé à son royaume , et s'étant retiré
' Les Mémoires de Berwick, à l'endroit où il s'agit des batailles données en Irlande entre les troupes de Jacques II et celles du prince d'Orange, font mention de plusieurs Hamilton, et entre autres d'un colonel Hamilton, qui pourroit bien être celui dont nous parlons.