‹ Mémoires du comte de GrammontChapitre 5 sur 26 · SUR HAMILTON. XV · texte numérisé non relu

SUR HAMILTON. XV

circonspect académicien crut presque voir un libelle diffamatoire dans un livre où M. le comte de Grammont, personnage distingué par la naissance et par les emplois, étoit représenté comme ayant quelquefois au jeu employé l'adresse à corriger la fortune : bref, il ne voulut point donner son approbation. Informé de ce refus , le comte de Grammont court cliez Fontenelle, lui demande en riant de quoi il se mêle de vouloir être plus soigneux que lui-même de sa réputation; lui déclare qu'il prend à son compte tout ce que son historien a débité sur lui , et enfin lui demande sa sanction pour l'ouvrage. Fontenelle ne se fit pas prier davantage. Il pouvoit répondre au comte de Grammont ce que le frère de celui-ci, diseur de bons mots comme lui , avoit répondu à madame Hérault, qui recevoit plus que froidement ses compliments de condoléance sur la mort de son mari : Le prenez-vous par la? ma foi, je ne m'en soucie pas plus que vous ^

Saint-Evremond et Bussy-Rabutin, qui ont aussi écrit sur le comte de Grammont, s'accordent avec Hamilton pour le peindre comme un homme moins heureux en amour qu'au jeu, ne recherchant dans la conquête d'une femme que le plaisir de l'enlever à un autre, et ne parvenant à persuader aucune d'elles de sa tendresse, parce qu'il en parloit en riant comme de

en Hollande , sous la date de Cologne , et par conséauent sans avoir été assujétie à la censure fiançoise. Quand l'édition seroit de Paris , il est difficile de croire que Grammont ait été dans le cas de contribuer à faire approuver par le censeur un écrit qui ne vit le jour que six ans après sa mort. i^Note de l'édition de 31. Rcnouard. ) ' Voyez les Souvenirs de madame de Cayhis.

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