RELATIO]!! DU DUC DE RICHEUEC
perda sa grande yei^ne et sa grande voile , et qn'il fesait ean de tous les cAtés. Comme la mer était si hante qu on ne lai pouvait donner de secours en façon quelconque , on lui cria de prendre ses sûretés lé mieux qu'il lui serait possible , et que si Feau le gagnait et qu'il ne pût sauver son nayire, qu'il tâchât d'aller échouer en quelque terre, qui tint potir le peuple, ou sur celles du Pape.
A quatre heures après midi, le yent est venu bon pour faire la route de Piombino ou de Porto-Longone. Le duc de Richelieu ordonna au sieur de Bassompierre de se retirer pendant la nuit avec son navire près de celui du sieur Dalmerac , pour lui donner secours en cas qu'il eut besoin de quelque chose; et toute l'armée, pour ne pas s'éloigner de lui, ferma ses voiles potir lui donner moyen de suivre.
Le 5 de janvier.
Le sieur Dalmerac tira encore un coup de canon au matin , et envoya son enseigne pour faire savoir à l'A-^ mirai qu'il était impossible de sauver son navire ^ qu'il y avait déjà dix pies d'eau et qu'il coulait à fond : sur quoi Ton envoya en diligence toutes les chaloupes de Tarmée pour sauver le monde que était dedans. Cela fait, on abandonna le navire, et l'on continua la route de Porto-Longone.
Le 6*
Le vent ayant fait déchoir l'armée, l'on découvrit à la pointe du jour l'île de Tolare (i) en Sardaîgne , et
(i) Ou plutôt TaYolara , tie sur la côte orientale de la Sardaîgne, i l'emboiichure do golfe de Terra-Nova , enue le cap de Sardo on Ceraio au nord , et celui de Gavallo ou Cadacavallo au midi.