RELATION DU DUC DE RICHELIEU
manda aa sieur de Montade qa il pourvut à ce qae Ton raccommodât y par le moyen du gouyemear de Porto~ Ferra jo , ces deux navires y le plus promtement que faire se pourrait ; et que s'ils ne trouvaient pas à Porio- Ferrajo les choses qui leur étaient nécessaires , ils fissent tout leur possible pour se mettre en état d'aller à Livourne 9 où ils se pourraient raccommoder avec plus de facilité , et où il envoyait un commissaire avec de l'argent pour faire faire les choses avec plas dé diligence ; et que lorsque ces deux vaisseaux se seraient raccommodés, ils reviendraient joindre l'armée à Porto^ Longone(])9 où ils trouveraient les ordres qu'ils auraient à suivre : que pour le navire de Porto-Ferrajo , qui se disait Flamand, quand même l'on reconnaîtrait qu'il fSit ennemi, que l'on ne lui fît aucun acte d'hostilité pendant qu'il serait sous le canon de la ville, attendu que ce serait rompre la bonne intelligence dans laquelle on était avec le Grand-Duc (2) ; et le duc de Richelieu manda encore au sieur de Montade , qu'aussitôt ses ordres donnés , il se rangeât sous le pavillon parce que Fon ne voulait point perdre de tems, et que le vent, qui était propre pour suivre la route de Naples? l'empêche* rait de sortir de Porto-Ferrajo* Cependant TamiraU pour être plus en sûreté , leva l'ancre , et vint mouiller avec toute l'armée dans la baie de Piombino (3).
1*' décembre.
Le vent s'étant rendu contraire à la royte de Naples,
(i) Porto-Ferrajo et Porio-Longone sont les deux ports de Tiie d*£lbe : tous deux sont bons , et ont des ch&teanx bien fortifiés,
(s) Ferdinand II, de Médicia, grand-dac de Toscane.
(3) Petite, mau forte ville de Toscane, à six lieues au sud^est de Livoarne.
RELATION DU PUG DE RICHELIEU. l3^
et l'armée manquant de câbles et d'ancres, le duc. do Richelieu envoya en diligence à Livourne le commissaire-général pour en avoir , et remettre toute Tarméo en bon état.
Le même jour, le sieur de Montade et le navire qu& Ton avait donné à M. de Bouffaliui, vinrent rejoindre l'armée.
2 décembre.
Encore que l'on eût pourvu l'amiral de Portugal de quelques câbles , ancres et chaloupes , il ne laissa pas de s'en aller à Livourne pour se munir des choses qui lui étaient nécessaires , ne pouvant faire le voyage autrement ] et comme les deux autres vaisseaux portugais fesaient mine de vouloir suivre Tarmée , on leur conseilla de ne pas abandonner leur amiral , vu le besoin qu'ils avaient aussi bien que lui ^ de s'aller pourvoir des choses dont ils ne se pouvaient passer dans le voyage.
Depuis le 3 de décembre jusqu'au 12 , il fit toujours très-mauvais tems.
i3 décembre.
Les câbles et les ancres étant venus de Livourne , on en fit charger les tartanes qui étaient pour lors dans la baie de Piombino, pour les porter aux navires auxquels on les avait destinés.
i4 décembre.
L'armée ne fut pas plutôt prête , et le vent bon , que lamiral leva l'ancre et alla joindre à Porto-Longone une partie des vaisseaux qui y étaient , afin de partir easemble» Sur les quatre heures du soir , toute l'armée