AU LECTEUR. S
V€nt, sous le prétexte de l'embellir, la défigurent et causent, en ceux qui la voyent, plus d'aversion que d'amour, y verront cette vérité que la seule uudité rend agréable et considérable, et qu'on ne voit point de la sorte dans les livres qui ont paru sur ce sujet. En effet, si l'on prend la peine de les examiner, on remarquera que les uns ne contiennent que des éloges en faveur du peuple de INaples ou de l'Espagne, et que les autres ne sont que des pasquinades faites contre les Espagnols ou contre les Napolitains. Les uns figurent Masanielle comme un homme envoyé de Dieu afin de châtier l'orgueil et l'avarice des minisires du roi d'Espagne; et les autres le représentent sous la forme d'un scélérat, qui n'a pour but que le carnage, le pill?ge et l'embrasement. Il semble que tous leurs auteurs se ressentent de la chaleur de tant de grands feux dont ils Iraitenl;, et la haine ou la flatterie paraît si bien dans leurs Ouvrages, qu'il est facile de juger qu'ils ont écrit pour leur parti et non pas pour la vérité, et qu'on les peut faire passer pour partisans ou des Espagnols ou du peuple, mais non pas pour historiens. S'il s'en rencontre quelques-uns plus modestes et moins flatteurs, ils ont si peu connu les causes et môme les événemens de cette Révolution, que leur ignorance n'est pas moins pernicieuse à l'histoire, que les eniportemens des autres. Enfin , je puis vous assurer que personne, jusqu'à ce jour, n'a parlé de cette matière, ni avec tant de connaissance, ni avec tant de pureté que j'en fais