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guerre avaient conçues pour lui ; mais que tout cet éclat n était point capable de 1 éblouir, ni de l'obliger à manquer à la foi et à Tamitië qu'il avait promises au duc de Guise ; qu'il faudrait le faire renaître pour lui faire préférer son intérêt à son honneur, et qu'il aimerait mieux mourir comme le plus infortuné gentilhomme du monde , sans aucune tache , que de vivre le plus heureux avec la moindre flétrissure; qu'il ne pouvait se détacher de ce Prince qu'il ne lui donnât son congé, et que si cela arrivait, il ferait alors tout ce qu'un homme de cœur et libre pourrait faire en semblables occasions.
Le sieur des Isnards se retira un peu après, et la même nuit le père Maître Vincenzo Capécé, confesseur du duc de Guise, arriva dans Averse, et alla voir le baron de Modène, pour lui dire expressément, que le duc étant retourné à Naples, lui avait raconté tout ce qui s'était passé cette après-dinée entre eux; qu'il avait connu d'abord, par le discours de ce Prince, qu'il avait du regret de s'être emporté de cette sorte contre une personne qu'il estimait et qu'il chérissait singulièrement ; qu'il l'avait même ensuite chargé de le venir voir de sa part pour lui en témoigner son regret, et pour le prier de ne se ressouvenir que de la tendre affection qu'il lui avait toujours portée, et dont il lui donnerait des preuves signalées dans les occasions qu'il en pourrait trouver; qu'il le conjurait d'agir comme il avait toujours fait, et de ne point songer à quitter un Prince
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qui le considérait comme un autre lui-même. Il n'en fallait pas tant pour apaiser et pour remettre dans son premier calme l'esprit du baron de Modène; tout homme qui aime est crédule, et il n'est rien de si aisé que de persuader une âme qui tend d'elle-même où l'on veut la ramener. Le baron, en cette rencontre, donna tout à son amitié, et ne suivit point l'exemple du duc,, lequel, dans cette occasion, donna tout à la politique, comme la suite le fit voir. En effet, la disgrâce qui lui survint quelque tems après, fit connaître à tout le monde que le duc, dans l'appréhension que le mauvais traitement qu'il avait fait au baron ne l'obligeât à le quitter, et à se servir de l'estime et de l'amour des Peuples à son préjudice , lui avait envoyé son confesseur pour radoucir son esprit et pour l'empêcher d'abandonner sa fortune et ses intérêts. Cette pensée lui réussit; car aussitôt que ce religieux lui eut parlé, il lui répondit: que quoique le duc l'eût traité de la plus étrange manière dont on pût traiter une personne de sa qualité et de ses services, il oubliait tout le passé, et qu'il donnait ce grand emportement aux chagrins que lui causaient les continuels embarras des affaires; qu'il se souvînt seulement de le supplier de sa part de ne point écouter Agostino Mollo , ni Agostino di Liéto sur son sujet, l'uo étant Espagnol secret, et l'autre son ennemi déclaré; que pour lui donner une preuve signalée du zèle qu'il avait pour lui, il allait investir Capooe , où il ménageait une intelligence ; qu'il tâcherait de
prendre cette place, d'autant plus importante qu'il avait su que, par les capitulations du royaume, tous les Peuples étaient dispensés du serment de fidélité, et pouvaient tous prendre parti sans encourir de lélonie, quand un conquérant l'avait prise; qu'enOn il n'oublierait rien pour lui témoigner que son cœur était entièrement à lui sans pouvoir souflfrir de partage.