‹ Mémoires du comte Gaspard de ChavagnacChapitre 14 sur 88 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

M AZARIN

16 '*8 -lOFjii

CIIA PITIU: PHKMIEK

LA FHOM»K IVKKLKMKNT VIHK

Blorus do l'.iiis. — ('.«ilubal de Ciluin'iilon 8 r«'*vrirr hiW). — M<»rl ilu duc d«> (lliAlilloii. — Conf«'ifnrr de HihmI. — narliaiiiiionl. — Feslii» intcri'Miiipii. — La iiianif du din'l. — Les lu inres an lutis <!»• Vine-cniifs (|s j;invi«M-

L'hiver suivant, ayant appris le désordre de» liurricades et des guerres d<' Paris ^1), je m'en allai en «lili-

(1) Kn mai IG4H, le Parlemeiil «le Paris avait ivfusr d'cnregistivr les iini»ùts exeessifs, ordonnés par la Ur-uenlr à l'iiistigalion il»' MaZi'iriii. L'arreslation de trois d»* srs membres, .Novion- Bianrmesnil, r,hart(»n «'l HroussrI, sonlrva !•• pciiplrd*- Paris. Le 26 août, le quartier du Louvr»' s«* lu-rissa dr barrieailrs. et les troupes royales livrèrent un sanglant rombal. I.a 4lour dut se retirer il Sainl-liermain, le r> janvier sons la pnde<*li«»n «If

C.ondé, pendant que le prinre tie (lonti, la du< liesse df Longueville, les ducs de Reaufort, de Bouillon, de la noeheri>iicauld et Tnri'nn»* lui-m«'^me, [in-naient parti pour li* Parlement vl se mettaient à la trie des milic(*s parisi< luirs. tl'rsl ce que Bartiaumont appela la Fronde, à cause, sans doute, des pirrres que 1rs g.imins lançaii'Ut dans les rarreaux des [Kirlisans d** Mazarin. Les Parisiens eliantaii nt :

I II Veut de Fronde A toufllt* ce matin.

Je croi< i]u il gronde 4'oiitrc le Mata.in :

Kl le mot de ralliement des frondeurs «'tait : <« Viir /»• Hoy et fil» un Mnztii in t

gence joindre M. le Prince, qui était à Saini-Cjerniainen-Laye avec le Roy. On prit la n'îsolulion d'alFamer l^aris janvier 1()49).

Le maréchal de (îranionl fut posté à Saint-(lloud et à Meudon, pour garder le clieniin d'Orléans: le duc de Noailles fl), à Corbeil, pour couprr les vivres qui venaient dr la Seine; le maréchal du Plessis (2i, à Saint- Denis. M. le l*rince, sur le tout, connnandait en chef dans tous les quartiers.

L'hiver était si rude que je n'ai jamais tant soulfert de la fatigue, car M. le Prince était, «juasi toutes les nuits et les jours, a cheval, d'abord t\n \\ arrivait la moindre alarme.

Sur la iin, on résolut d'atta(|uer (^harenton, qui' Chanleu défendait avec six mille Parisiens. M. le Prince donna le commandement des attaques au pauvre M. de C^hAtillon ; lequel ayant tout disposé, se mit à la tête des enfants perdus du régiment de Persan (4), avec mon frère qui ne le «piitta jamais, IJoutteville (5), qui a été si renommé par les grandes actions qu'il a faites sous le nom de fuaréchal-duc de Luxembourg, le comte de llorn, Saligny (t>) sou proche parent, Hellépine, du Lausoy et mc^i.

J'eus beau représenter à CliAtillon que ce n'était pas l»i son poste, il ne voulut pas m'écouter. Nous chargeAmes si vigoureusement que nous emportâmes cinq

(I) Aniir, « .i|)ilaiiif dfs (•iinifs du Iloy. 2)(y'sir «If Clmisctil, roiiilr <lii IMi'ssis-l'r.isliii. (.'<) U(>ni.-ii-tt «l'OsIniV- (|r Cliaiili'ii.

,i) 1^ ré^iiHf'nl <!«• Franrois di' \.-iiid«Mai', iiiai't|iiis IN-rsan, s'i'tjiit distin^ur' à Hocmy, à Kritumif.', à .Nordiiauni vl à I.i'Iîs.

(r») Franrois-H(Miri de .Montmon-nry-IUmHrvilli' ; il devi«>ndr» duc d«» l.uxi'uiiMMiif: en liWil. a|»r«;s son niaria^i* ave«- .Mad«'l<'ine<- (]|iarloU(> di' Lnxi*inl»mn'K-Piii<'y.

(<•) Jonn ili' (!oli^ny-Salij.Miy, sieur dr la .Mullr-Sainl-Jcaii , iiu'slrc de rainp tlii rr-triuM'iil d'Ku^liifii.

LK FHOMlK PARLKMKNTMHE

barricades tout do suite. Mais (|uaud uous fùuu^s dans la rue qui traverse eu allant au port il), nous trouvâmes des soldats cachés, (|ui croisaient leurs piques pour nous en boucher le passage. Nos gens s'en épouvantèrent et se renversèrent, si bien ne demeura avec M. de

Cliàtillon que Boulteville, du Lausoy, nion frère et moi. Nous nous jetâmes tous les cinq dans une maison, tandis que Vardes 2), qui commandait le régiment d<' r.Mtesse (3), donnait à notre droite. M. de (^hàtillon cria à Vardes de donner en bas, où il ne trouverait plus de résistance, et il dit à Boutteville, qui l'attendait avec du Lausoy, qu'il allait sortir avec mon frère et moi et qu'il amènerait du monde.

Dès que nous fûmes dans la rue, nous vîmes venir à nous six des ennemis, contre qui nous tournâmes, le pistolet à la main, (^elui à ({ui j«> tirai mon coup s'en alla; on m'a dit, depuis, que c'était Cliauleu, qu'on trouva mort dans l'écurie «les Quatrc-fils-Ayninn.

.Après nous être débarrassés des autres, nous nous relirions tous trois, quand un malheureux coup de mousquet, qu'on tira, perça la vessie et cassa l'épine du dos de M. de (^hâtillon, qui tomba. Nous lui fîmes jiasser la barrière, où nous trouvâmes Persan, à qui (^hâtiUon ordonna de charger. .Après quoi, nous le mimes sur un cheval, et mon frère derrière, pour le soutenir. On le porta près du Temple, où d'Alencé, après l avoir sondé, le jugea mort, il expira entre nos bras, regretté de toute la France, à peu près dans le même temps (|ue le comte de Horn, de la même maison

(1) De (^li.ii < nioii.

(2) lien*' (lu |{«>('-(^n's|iiii, iiian|uis dr Vardris, qui Tut plus luni rapitainr des (li>iil-Suissrs d<t la liai dc du Moi.

(S) Lev»« eu 164.1 pour (îasion d OrIrans, n'avail cess^ de se disliiitîucr à rnriii<''t' de Klandrc; il 4^tait cnininandr dopuiH 16'ii par r.liarlfs-Fraiirois lionnW'r, iiiar«|niM do <!n'V«M"tiMn-.

MA/AniN

que lui, et Bellépine im Miraient de leurs blessures.

Ainsi mourut Gaspard de CliîUillon, issu d'une des plus illustres maisons de France. 11 avait la taille admirable, le corps droit, le teint délirât et vif, les yeux grands, noirs et brillants. Ce (|ui,jointn un esprit, doux dans la conversation, pénétrant dans les combats, et d'une valeur distinguée, le rendait, dans ce temps-là, le cavalier le plus accompli du Royaume.

M. le Prince, au bruit de l'état où il était, accourut ; il fut si fort aftligé de sa mort, (|ue sa doulrur, un peu trop violent**, nian(|ua de le rendre malade. Le même soir, il fut à Saint-Denis, où le Roy lit porter le corps du défunt avec toutes les cérémonies qu on a la coutume de faire atix enfants de Krance.

Cependant, malgré toutes les précautions que Ion prenait pour eni[»êciier qu'il n'entrât des vivres dans Paris, on ne laissait pas d'y en conduire. Ce qui fut cause que l'on Ht trêve pour quelque temps, pendant laquelle on tint une conférence à Rueil, qui dura six semaines. La Motte (1), Canillac et moi, en profitâmes pour aller demeurer cinq ou six jours à Paris, sans qu'on le sût, car nous nous dérobâmes du marécbal de Gramontâ une promenade qu'il faisait au bois de Boulogne, d'où il ne nous fut pas diflicile de gagner la porte de la Conférence ^2;. Nous changeâmes de nom et mimes pied à terre chez un baigneur de la rue du Houloi, qui ne nous connaissait pas. Nous avions nos raisons pour nous cacher; mais, deux heures après notre arrivée, M. le prince de Conti m'envoya un gentilhomme, dans un de ses carrosses, avec ordre de l'aller trouver dans la Maison de Ville où il était lo<îé. J'v fus et v trouvai

(i) Clinrlt's iuiill.uul, t miih* «li> l.i .MuU«.', capiUiinc au n'^niciil lie (loiulr,

(i) A l'ciilrre du (lours-hi-Ueiiir. au poinl où alu>util aujouririiui Ir |)t»nl lie la Oonrordc.

LA FRONDE PAHLE.MENTAIMK

tous len frondeurs, savoir : M. d<' Beaulort ,1 , <|ui était le roi (le Paris, M. le duc do Mouilloii, M. le duc de Brissac (2\ M. d'Elbeuf et plusieurs autres (jui étaient chez Mme de LonguevilN*. (]t»lle-ci logeait avec monsieur son frère.

II n'est sorte de caresses que je ne reçusse de toute rassemblée, jusqu'à onzr heures du soir, que Mme de Longueville voulut absolument me faire souper avec elle. J'enrageais, ayant ailleurs des alTaires où j'aurais pris plus de plaisir; cependant, j'eus beau faire, il fallut que je restasse jusrju'a quatre heures <lu matin, où l'on me laissa sortir.

A onze heures, M. de Heaufort vint chez moi et me dit que mon frère lui avjiit envoyé son page, Fontaube, gentilhomme du Lambron, pour lui ollrir ses services. Il n'oublia rien pour m'engager, moi aussi, à entrer dans son parti; mais je m'excusai. Cela ne Tempècha pas «le me men«»r dîner chez M. h; prince de Gonti avec toute la Fronde; après quoi, on me donna le temps de faire mes aifaires jusqu'au soir, où M. de Heaufort voulut me donner à souper avec Bellot, mon ami particulier. (^in(i ou six présidents ou conseillers, des plus déterminés frondeurs, furent de la partie et, entre autres,

(1) « Boauforl »Mail extraordinaire en toutes choses: il lormait un «•«•rlaiii jart;r)ri J»' mots si populaires H si mal plaiV'S, <|U0 « l'Ia rendait ridicule à l<tut moudr, ipioiijUf ces mois n'eussent peul-»"'lrc pas laisst' d«' parailrc r<»rt lions s'il avail su les placer mieux, n'étant mauvais seulement (|ue dans les endroits où il les mettait. (](>p<-ndant, cela ne le put em|HVher de se trouver, à la iiu, le maître de Paris. (le <|ui donna lieu de dire, pour l'excuser de ce «|u'il |>arlait avec lani de dérangement et si grossièrement, qu'il fallait bien <|u'un roi ]mi U\\ la lan^e de ses sujets; car son srand pouvoir |)armi le peuple lui avait arquis le II Ire «le roi des Halles. » (Mcmoiirs ilc lu (hu hcsse de Stmours.)

(2i I.ouis de Cossé-Hrissiu-.

MAZARIN

Buchaiiinont (1), frère ilii président Le Coigneiix. Son mérite et son esprit m'obligèrent à faire connaissance et amitié avec lui. C'est presque la seule personne qui, jusqu'à présent, même dans mes malheurs, n'ait pas cessé de me donner, à tous les jours de ma vie, des marques de son aiîeclion particulière; bien dilîérent de ces sortes d'amis qui vous abandonnent dans la mauvaise fortune. Enfin, c'est Phomme que M. de Saint - Evremont 2 dépeint dans .ses ouvrages : celui qu'il est quasi impossible de trouver et que j'ai été assex heureux de rencontrer, dans un siècle où il semble (|ue la probité, la sincérité de cœur ne sont en usage parmi les hommes qu'autant <|u'elles peuvent servir leurs intérêts et leur fortune particulière.

Ce fut donc avec mon cln-r Hachaumont que nous finies une assez longue débauche, après laquelle lui et Bellot me ramenèrent chez moi, où M. de Bouillon vint me prendre, le lendemain, pour diner. M. de Heaufort, le soir, me pria de tnmver l>on (jue M. de Merco'ur 3 , son frère, couchât dans ma chambre ; je lui dis qu'il en était le maître. Il y arriva, le soir, de la part de lu Cour, et ils eurent de longs propos. Au bout de huit jours, je m'en retournai à Saint-(îermain, où je fus <|uestionné par la iieine et le Cardinal; je leur fis des réponses assez justes, dont ils me parurent, l'un et

(1) Kraiiriiis !.<• lU>ignoux de Hois-illiaiiindiil, dit Ikirliuuinont, Hls il'\in pn'-siilcnl à mortier du parlfiiuMit dp Paris; poèliï l^gcr, rollalxiraltun* de Chapelle, qui «écrivit avfc lui riiunioriHlii|u<? Voi/af/e en Vroveuce et en Lan{/ue(h<\

(2) Oliarics Mar^llotrl d<> Saint-Drnis, liculpuaiit aux (iard^A du Hoy, puis Icrlfurdi* ('.uu»l«', av«r I«m|uoI il se liiuuilla. Il a, prudaiil la Kidud»', lardé d** s(»s épi^rauinies \v parli drs Prinrrs. Ma lit liai de rauipd pcusionut' par Louis XiV, il dut s'exiler, eu HWH, pour unv satire sur la paix <l»»s l*yrén»'"Os. La (]nur d'Auglflern» le recupillil et il y a viVu jusqu'à su uiorl, en 1703.

(3) Louis de Bourbon -Vcndôiur.

LA FItO.NDt: PARLklMENTAlRE

rnutre, très satisfaits. Lu traité de paix ^11 mars 1(>49) teriiiinu la conférence de Hueil 1 , après laquelle la Cour fut à (^>inpiègne, et moi je restai à Paris, où je fis connaissance avec tous les frondeurs. M. de Beaufort nie prit en grande amitié ; ce qui me brouilla avec M. le Prince, sans qu il y eût rien de ma faute, comme je vais le dire.

Jarzé (2 , honnête homme, mais trop éventé, fit des contes sur M. «le Beaufort, qui en fut si indigné qu'il résolut de lui faire pièce. Un jour, Jarzé donnait à diner vUez Renard ■II] ù MM. de Caudale (4 et de Boutteville, au commandeur de Souvré ."> et à six autres; les

(h Le pn'initT piV-siileiit .Mallii«*ti Molé, .Monsieur, Cuiulé, Mazariii sigiit'rent ortie paix, liri'iirinit lt*s troupes parisicnii*^ el n'iivoyail celle» du Hoy «laiis Ivurs gai iiison.s ; la Hastillf et r.ii'!<«'ual «'taienl r«'n«lus au Huy: une aiunislir m'urrale t'iail piuniul^r*e. Matliifu Molr montra «le nouveau aut.int de hravuuiu «|u»* (rr-nergie pour faire arceplrr « es loiiditions aux frotidetirs, <|ui uc devaient pas larder à reprendre les armes.

(i) Uené du IMessis de la Moelie-Pimier, uiarqui» de Jai'X^. eornette îles rlu-vau-lt^gei-s du Ruy, /•liiil le plus fou d'entre le» petiis-uiaiires. • A pr/*s s'être vanté de faire inanper de t'herlieà tou^ U'n Ixinneis carrés de la Krontle pai lenientaire, il résidut d'insulter puidii|uenient le dur de Heauforl, qu'il ronsidérail roniuir je persounaur le plus inipnrtaul du parti. Il se prouirnait ilaiis la t;randr aller di s 1 uiirrirs, ru i ouipapnir dr Koullrville, de Souvré et de Candul, lorstpi'il vit venir à lui Heaufort, suivi de (pjidques jeunes luafrislrats. Il aurait voulu lui disputer le passiige, niais il n'en eut pas roccusion, parce que Beaufort, «ans faire attention à lui, alla, «lans une autre allée, à la renronlre «l'un conseiller au l»arlenirnt. Jar/.é dériara que Beaufort avait l'U peur «le lui e| rn lit partout répandre le luuit. » {Tallrftuinl tU's lU'iitis.]

(3) cubarelier du <!oitrs-la-ltriiir, à la utodr pendant la niinorilé de Louis \IV.

( Louis-Cliarles de .\ogaret »le la Valette, colonel-général de l'infanterie, en survivance de s<in père le duc d'Epernon.

(."») Jacques, coniniandeur de l'ordre de Malte.

MAZARIN

vingi<|ualre violons y étaient, et tout se préparait à la joie et à la débauche, quand M. de Heaufort en fut averti chez le coadjuteur de Paris, de la maison de Retz , i), chez fjui il dînait avec nombre de frondeurs; j'étais de la partie. M. de Beaufort, après avoir dit que Jarzé avait mal parlé de lui, sortit pour aller lui faire insulte chez Renard où il mangeait. Je lis humainement tout ce que je pus pour le retenir ; mais ce fut en vain : il me mit dans son carrosse avec le maréchal de la Motte, (^ominy et Fontrailles.

Nous fûmes au Cours et, de là, chez Renard, où nous trouvAmes ces messieurs à table. M. de Beaufort s'approcha, en disant « qu'il y avait des gens qui avaient fait de lui des contes si sots que cela l'obligeait à ne pas les laisser souper en repos. »

En même temps, prenant la table des deux mains, il renversa tout ce qui était dessus. Le duc de Caudale mit d'abord l'épée à la main; M. de Beaufort alla à lui pour lui faire mille excuses, mais il n'en voulut recevoir aucune. Pour moi, j'allai à Boutteville, que je lis sortir de chez Renard ; après quoi nous entrâmes aux Tuileries (2), où nous nous séparâmes du reste de notre compagnie. M. de lîeaufort, le duc de Brissac, le maréchal de la Motte, Cominy et moi, fûmes chez un baigneur du faubourg Saint-Antoine, où nous passâmes la nuit. Mais à peine fut-il jour, que l'on entendit heurter à notre porte ; je fis ouvrir et je trouvai mon frère, qui venait l'aire un appel à M. de Beaufort de la part de M. de Caudale. M. de Beaufort l'accepta et, sans Monsieur^ qui accommoda TaU'aire, je me serais trouvé obligé de me

(1) Jr.in-Kianrois-l'anl «Ir <ioii<li, ipii «ifvirndra !<• cardiiiul do llel/., an lii'VtMjiK' <!»• Paris.

i2) l'n jardin, lon^ de it.'iO loisos, Inrgr de 160, avait él»'* dessiné, en HHM). autour du [taiais tirs Tuil«*ries, ronslruil, en 1504., jiar PliiliiMM t Drlurni)' pour (^illici inf' <!•■ M<'dit is.

[1(»49| L\ FItONDE PARLEMENTVIRK 81

battre contre les uinis dv mon frère et les miens, aux yeux (lesquels nous nous serions égorgés, sans pouvoir l'empêcher, si Dieu, par sa grande miséricorde, n'en eût détourné les suites.

Terrible honneur du monde, qui aurait perdu toute la noblesse française, si le Itoy, par sa sévérité, n'eiU arrêté des désordres qui faisaient, tous les jours, couler le sang le plus pur du Hoyaume !

Quelque temps après, des laquais de Fonlrailles battirent les valets de pied du Cardinal, en leur disant M de porter cela à leur maître. » (^e qui causa quelque rumeur ; il fallut (|ue Fonlrailles se justifiât en plein Parlement.

Sur ces entrefaites, mon frère, ayant appris que M. le Prince s'était plaint que je me fusse déclaré contre Boutteville pour M. de Beaufort, m'()bligea à aller en Auvergne, de peur que Son Altesse ne me dit quelque chose de fâcheux. Nous y fûmes cinq mois, ne songeant qu'à nous divertir, jusqu'à ce que iJellot, chez qui Saillant, Saint-Gérand, Dienue (1) et moi étions allés, reçut la nouvelle que MM. les Princes 2) avaient été arrêtés et menés prisonniers 'V au bois de Vincennes (18 janvier 1650).

(1) Philippe lie (kinillac-Munlboissier, couile ili* Dinim*.

(2) Cond»'*, Conti el Longueville.

(3) Dans le dunjon, consliiiil pur Pliilip|»e de Valois et dont Louis XI avait Tuil une prison d'Etal.

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