‹ Mémoires du comte Gaspard de ChavagnacChapitre 28 sur 88 · LE DUC DE CANDALK · texte numérisé non relu

LE DUC DE CANDALK

la Reine (20 août 1600 , ((iie le Roy venait d'épouser (1).

Cependant» je no m'ennuyais pas dans une si belle campagne; sans compter la grosse chère et lagrément de la maison oùj'étais, il y vint M mes de Maubuisson, du Quesne et de Cassonville, dont la conversation enjouée nous faisait passer d'agréables quarts d'heure.

A mon retour (1604) à la Goui', comme j'étais dans la chambre de la Reine-mère, un Espagnol me donna une lettre du comte de Marsin, par laquelle il me mandait qu'il fallait que je fusse un grand Jean-f... pour demeurer en France pendant (ju'il n'y avait pas de guerre, et que, si je voulais aller en Espagne, où il y avait des affaires avec le Portugal, j'aurais tous les emplois que je pourrais souhaiter. Comme je lisais sa lettre au coin de la fenêtre, je ne pus m'empecherde rire de son style peu sage; ce que la Heine ayant remarqué, elle me demanda ce que je lisais.

— « Une lettre du comte de Marsin, » répondis-je.

Elle désira la voir ; je fis ce que je pus pour m'en défendre ; j'eus beau lui représenter <|ue Sa Majesté en serait mal satisfaite, y ayant des choses et des termes qui ne convenaient pas au respect qu'on lui devait, elle

Il iHait monté sur un clu.'val propre ù le monlror à ses sujets, et suivi d'un ^rand nonil>re de princes et des plus grands seigneurs de non royaume. I.a i;rand<-ur <]u'il faisait voir en sa per. sonne le lit admirer de lous, et la |>aix (des Pyr/'m-es) cpTil venait de donnera la France, avec telle belle princesse qu'il leur donnait pour reine, renouvela dans les cu'urs de ses peuples leur léle el leur (idt'lilé. La Heine-mère vil passer le Hoy et la Reine sur un balcon de la rue Saint-Anloine; la reine d'Angleterre et la princesse sa lille rtaienl avec elle. » {Mémoires de madame de MoltcvilU'.)

(1) A Sainl-Jeau-de-Luz, le H» juin itiOd. Marie-Thérèse d'Autriche, lille «lu roi d'Kspagne IMiilippf IV, avait 22 ans comme Louis XIV; elle étail la nièce de sa belle-mère Anne d'.Autriche.

voulut absolument la lire. En la lui donnant, je la suppliai de remarquer, s'il lui plaisait, qu'elle l'exigeait de mon obéissance. La curiosité l'avait prise au point (jue, d'abord, elle trouva un mot qui la fit sourire et ne l'erapècha pas de continuer la lecture jusqu'à la lin ; après quoi elle me dit :

— « Quoique Marsin soit un fol, je ne laisse pas que d'approuver le dessein qu'il a de vous attirer en Espagne dans la guerre présente et, quand vous serez dans ce dessein, je vous donnerai des lettres de recommandation. »

Je lui répondis « (|ue je n'y étais pas encore déterminé, mais que, quand j'aurais pris ma résolution, je ne manquerais pas de venir prendre les ordres de Sa Majesté et les lettres (|u'Elle avait la bonté de me promettre ».

Peu de jours après, je retournai en Bourbonnais, où je trouvai chez Fabbesse de Sainto-Menehould, sœur de M. le Premier il), Mlle de Montarcher (de la maison de Montmorinj (2), ma parente, dont je devins amoureux. Son frère (<|ui a été depuis évêque de Die) (3) et elle, étaient très mal dans leurs affaires. Je les accommodai assez pour (ju'elle trouvAt à se marier avec le vicomte de Gamaclies. Après quoi, je fus à (^ermont, où Saillant se brouilla avec moi, sans (|ue j'aie pu jamais savoir d'autres raisons sinoiMju'il crut (jue j'étais amoureux de sa maîtresse; mais c'était mal à propos. Le comte de Sainl-Géran (4) nous raccommoda ; j'en fus fort aise, car je Taimais beaucoup, en outre cju'il était le beau-frère de mon frère. Il recevait si agréablement les

(1) (îuillaiiine de LatiioigiioM, ur eu IG17, premier président du Varlenient de Paris depuis le 2 octobre 1658.

(2) Nièce de (iilberl-(iaspard d«' Mondnoriu dr Sainl-Hrrein de ('h/lleauiifiif de Valore, morl en 1660.

(3) t)l ÔllH'.

ik) Claude-Maxiinilif II d»- la (iiiiclie.

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