‹ Mémoires du comte Gaspard de ChavagnacChapitre 34 sur 88 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

RÉVOLUTION HONGROISE

Conspiration des trois comtes (1668). — L'enfant perdue dans la for«^t. — Pflits |K\tés. — Ui coinlessr Nadasdy. — L'armée de Sporck (avril 1670). — Jean (^liiiuiiircnac, fondaliMir «l'Éperiès. — Prise du rliAtfau de Trkoli. — l.a Palatine Wesseleny. — Sujjplicc de .Nadasdy (30 avril I67i).

La rapidité des conquêtes du Roy surprenait tout le monde, et l'ambassadeur d'Espagne (1) ne cessait de presser l'Empereur d'envoyer son armée sur le Rhin. On croyait qu'elle allait marcher, mais les deux favoris l'empêchèrent. On ne put, pour lors, en pénétrer la raison; l'année suivante, on découvrit une conjuration contre la vie de l'Empereur, par une espèce de miracle, qui surprendrait, à la vérité, s'il n'avait paru aux yeux de toute rAllemaj^ne.

Nadasdy (2), auteur de cet attentat, allait souvent à

(1) Marquis de Mulagon.

(2) l.e ronritp François .Nadasdy conspirait, depuis 166.'», pour rind»^ppndanrr (\v la llnnffrie avor Lippaï. arrhevètjup de tiran.

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la chasse du côté de Hongrie, où il y avait d'assez grands bois, dans lesquels il donnait ses rendez-vous à Frangepani et au comte Zrinyi.

Un paysan, qui y coupait du bois oublia, un jour, sa petite fdle de cinq ans, qu'il alla promptemcnt rechercher. Dès qu'il fut arrivé à son logis, il la trouva dans une espèce de délire, et ne disant autre chose sinon :

— Der Kaiser isl todt !

Ce qui veut dire en allemand : VEmpcreur est mort !

Elle répéta si souvent la même chose que le paysan en avertit le curé, qui, croyant que c'était une fantaisie d'enfance, lui fit donner le fouet. Mais cela ne la corrigea pas et L'Ile répéta toujours le môme discours. Le bon pasteur en avertit l'évôque; lequel, après avoir examiné l'enfant, raconta le tout à l'Empereur, qui lui défendit d'en dire un mot. Cependant, comme il courait du bruit sur Nadasdy à l'occasion des Hongrois, l'évêque ordonna au paysan de ramener sa petite fille chez lui et d'observer l'endroit où il l'avait laissée.

Il n'y eut pas été deux heures, qu'il vit venir, du côté de Vienne, Nadasdy avec ses chiens. Pour lors, il se cacha dans un gros arbre creux, dans lequel il n'était pas depuis longtemps, quand trente chevaux parurent du côté de Hongrie ; il y eut trois cavaliers qui s'avancèrent, s'abouchèrent avec Nadasdy et parlèrent en italien. Le paysan ne le comprenait pas ; mais, après qu'ils se furent séparés, deux des restants dirent : € qu'il était plus à propos, si on pouvait avoir l'Empe-

le palatin François Wesscleny. Pitîrrc Zrinyi, ban de Croatie, de Slavonie el di* Dalmatie (que Chavagnac, comme la plupart des contemporains, appelle le comte de Serin) el son beaufrère, le jeune margrave François de Frangepani, qui avait mmen«'* de Venise, en 1667. la belle comtesse Julia Mnro.

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reiir entre ses muins, de le tuer siir-le-cliamp. » Après quoi ils se sépurèrent.

Le paysan, effrayé, courut à l'évèque de Vienne, à qui il fit rapport de ce qu'il avait vu. L'Empereur, à qui on découvrit le tout, traita le paysan d'ivrogne et menaça de le faire pendre s'il en disait un mot ; et lui mAme n'en dit autre chose à Nadasdy sinon qu'il s'en informât. Le traître assura que c'était une vision toute pure et sut si bien éloigner les pensées qu'on pouvait avoir là-desstis, qu'il n'en restait plus aucune impression.

Cependant, comme la Cour alla à Ncustadt, petite ville où l'Empereur a coutume d'aller chasser un mois toutes les années, Nadasdy, qui avait une terre à moitié chemin, sachant que l'Empereur aimait qu'on lui fit de petits régals, pria très humblement Sa Majesté Impériale de lui faire l'honneur d'y venir dîner; ce qui lui fut accordé. Ce scélérat ne manqua pas d'en profiter pour faire des petits pâtés, dans lesquels il fit mettre du poison suffisamment pour faire mourir trois personnes. 11 ne pouvait se tromper là-dessus, car il avait gagné son cuisinier, et l'Empereur aimait extraordinairement la pâtisserie. Mais, par une providence de Dieu toute particulière, il ne put cacher à sa femme (1) que, le lendemain, la Hongrie serait délivrée de la domination de toute la maison d'Autriche et lui fit part de son projet. La comtesse, sa femme, effrayée du crime, fit humainement tout ce qu'elle put pour l'en détourner et, n'en pouvant venir à bout, elle prit le temps que le comte, son mari, était allé au-devant de l'Empereur pour faire escamoter ces petits pâtés et mettre en place de semblables, qu'elle avait fait faire à sa cuisinière.

Peu de temps après, nous arrivâmes, et Sa Majesté

l) Juliette Esterbazy, dont il avait huit «•iilttiils.

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n'eut pas plutôt mangé la soupe, qu'elle demanda des petits pAtés, dont Elle mangea quatre, et les deux impératrices chacune deux. Le scélérat, ayant vu son coup assuré, vint dîner avec nous à une table de quarante couverts, où nous étions tous, tandis que sa femme en tenait une pareille pour toutes les dames. On fît grande chère ; mais, comme la traite était longue, on partit de bonne heure.

Ce méchant homme, qui savait que son poison, qu'il avait fait venir d'Italie, devait faire son effet dans trois heures, suivit jusqu'à Neustadt et s'en revint fort triste, voyant qu'il n'y avait rien de nouveau.

Le soir, étant couché avec sa femme et la soupçonnant d'avoir détourné le coup, il feignit d'avoir un grand repentir de sa faute et dit qu'il donnerait sa vie pour n'avoir pas commis ce crime. La comtesse, l'en voyant touché, lui avoua que c'était elle qui avait échangé les petits pâtés ; il l'en remercia et passa la nuit à l'accoutumée. Mais, le matin, il fit préparer un bouillon à son cuisinier, y mit du poison violent et le fil prendre à sa femme par force. Avant d'expirer, elle le conjura d'avoir soin de ses enfants, lui pardonnant la mort, « qu'elle recevait de bon cœur, puisqu'elle avait sauvé la famille impériale. »

Ainsi mourut la vertueuse comtesse Nadasdy. Le bruit n'en fut pas plutôt répandu que l'Empereur et les Impératrices envoyèrent leurs compliments au mari, ce qui lui servit d'excuse pour ne pas aller au Conseil.

Cependant la rébellion des Hongrois augmentait; mais Nadasdy, chef des affaires du pays, éluda pendant quelque temps les résolutions.

Comme la chose pressait, on y envoya Spankau, général de bataille, avec 2.000 hommes d'infanterie et un régiment de cavalerie. Il avait ordre de se saisir

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(l'une place (1) qu'avait le comte Zrinyi, à qui on avait envoyé l'ordre de la lui remettre.

Nadasdy manda à Zrinyi et à Frangepani, son beaufrère, de venir à Vienne et qu'ils ne se missent en peine de rien. Ce conseil les surprit et les mit dans un grand embarras ; mais, se voyant investis, ils refusèrent l'entrée aux troupes et dirent à Spankau » qu'il étaient bons serviteurs de l'Empereur ; mais qu'ils allaient lui écrire ; après quoi, si S. M. persistait dans le même dessein, ils lui obéiraient. »

Cependant, comme Spankau continuait ses approches, ils firent évader la garnison et, n'ayant laissé que leurs domestiques dans la place (14 avril 1670), ils prirent le parti de suivre le conseil de .\adasdy, et se rendirent à Vienne, où ils ne furent pas plus tôt arrivés qu'ils envoyèrent le Père Donellani (2) à l'Empereur, pour lui parler de leur justification. L'affaire fut remise au Conseil, .Xadasdy fut d'avis qu'on les saisit et qu'on les séparât; ce qui fut exécuté (3).

Le comte Henry de Mansfeld les conduisit, avec cent hommes de pied, à Neustadt; ce dont ils ne furent en aucune inquiétude, sachant que le traité qu'ils avaient signé avec les Turcs était à Sporan, place située au milieu de la Hongrie et appartenant à la palatine Wesseleny (4). Ce qui ayant été soupçonné, on envoya un corps de troupes en Hongrie, sous le commandement de Sporck, général de cavalerie; le prince de Lorraine, sous lui, malgré les ministres, qui s'y opposaient, de

(1) Czakathurin.

(2) Chapelain du princp LobkowU/..

(3) On le» anèla. le 18 avril, à l'auberge du Cygne où ils étaient descendus.

(4) Anne Marie Szi^csy, veuve du comte palatin François Wesseleny, mort le 2;i murs IGCT; elle était réputée pour sa beauté et son patriotisme.

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même que Montecuccoli. Mais je sollicitai lellemcut l'impératrice Eléonore, et M. de Lorraine pressa si fortement TEmpereur, que nous l'emportâmes.

Lobkowitz m'envoya chercher pour me faire voir le tort que se faisait M. de Lorraine d'aller servir sous un homme (|ui avaii été valet de tambour.

— « Le Prince, répondis-je, ne le regarde que par rhonneur qu'il a de commander les troupes de Sa Majesté. »

Heister fut envoyé pour faire exécuter le dessein de la Cour; le prince de Ilolstein, lieutenant gfénéral de la cavalerie ; Sch(i*nau, Caprara et moi pour généraux de bataille. Toute l'armée consistait en 5.00() hommes de pied, 3.000 chevaux et 500 dragons.

11 serait trop long de raconter tout ce qui se passa pour se rendre maître de toutes les forteresses du pays. Nous primes la ville et le château de Debreczin, appartenant au comte Esterhazy (1). Après quoi, Sporck me détacha avec 2.000 chevaux pour aller investir Eperiès, dans la Haute-Hongrie.

Les habitants, avec quelques milices, m'envoyèrent dire qu'ils étaient bons serviteurs de l'Empereur, mais que, si je faisais avancer mes troupes, ils feraient tirer dessus. Quand je me fus rendu maître des environs et des maisons voisines, ils furent contraints de m'ouvrir leurs portes. En y entrant, La Mothe me fit apercevoir que les armes de la ville et les miennes n'étaient que la môme chose; ce qui m'ayant donné quelque curiosité, je fis venir les magistrats, à qui je demandai quelles armes ils avaient sur leurs portes.

— « Celles d'un gentilhomme français, qui fut notre fondateur, me répondirent-ils. »

(l) Le cointo Paul Eslerliazy, palaliii de Ihnigri»-. feld-maréohal i\ trente ans, avait pris uno part glorii^use à la victoire de Suinl-Gotliard.

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Et quand je leur eus fait voir mon cachet. Us me dirent que c'étaient les mêmes armes qui étaient leur sceau de la maison de ville, lequel était attaché par quatre chaînes. Je les fus voir et fus visiter leurs archives. Celui qui avait été le fondateur d'Eperiès s'appelait Jean de Chahrenac, français de nation; ce qui ayant quelque rapport avec Chavagnac, ils ne doutèrent jamais que je ne fusse de ses descendants. Ce qui les obligea à rendre des honneurs infmis, me priant de corriger le nom dans leurs archives; je l'effaçai pour y mettre le mien. Ce qui ne laissa pas de passer dans la bouche des soldats et des reîtres, qui ne m'ont jamais plus appelé que Chabrenac.

Outre cet honneur quMls me rendirent, ils me firent présent pour 3.000 ducats de vaisselle d'argent. Je devins leur protecteur et leur lis tout le bon traitement qu'ils pouvaient espérer d'un homme qu'ils avaient reconnu pour leur restaurateur.

Après quoi, je revins joindre l'armée, et nous marchâmes contre 5.000 Hongrois, qui s'étaient assemblés et qui n'en furent pas plus tôt avertis qu'ils se dispersèrent.

De là, nous primes Schûtt, place du prince Hakoczy (1), et cinq ou six autres châteaux qui lui appartenaient. La princesse, sa mère, fit un traité par lequel elle remettait toutes ses places entre les mains de l'Empereur, à la réserve de Munkacs, qu'elle se réservait; ce qui fut exécuté.

On prit ensuite toutes les petites villes appartenant aux particuliers, et surtout Murany, forteresse de la pa-

(i) (ieorgos (III), prince de Transylvanie, après avoir, gràcn ù sa mère, fait sa soumission, publia, par toutes ses terres, qu'il ferait couper le nei et les oreilles à ceux qui lèveraient des troupes contre l'Empereur ou qui favoriseraient les mt^contents. I Mémoires de Bréyy.)

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lutine Wesseleny, où l'on trouva tous les traités et tous les papiers qui regardaient la conjuration.

Comme ce fut à moi que l'exécution en fut donnée, je n'en parlerai que légèrement; il suffira seulement que l'on sache que, par mes négociations, j'obligeai la Palatine à me mettre entre les mains son secrétaire Xagiferentz, homme adroit s'il en fut jamais. C'était lui qui avait donné le modèle des traités et qui me montra les coffres où ils étaient. Je les envoyai, avec Nagiferentz, à l'Empereur, sous bonne escorte.

De là, Sporck m'ordonna d'aller, avec 2,000 chevaux et 1,000 hommes de pied, me rendre maître du château (l) du comte Tékeli (2), où il était avec cinquante pièces de canon et 1,500 hommes de pied. Tékeli est un excellent chAteau, situé sur une butte du côté de Klausenburg (3). Les avenues ne sont pas difliciles de ce côté-là, mais, eu revanche, très bien fortifiées; toutes les autres sont impraticables. Je ne saurais mieux le représenter que par le château de Namur, à (|ui il ressemble.

Je mis mes troupes en bataille et envoyai un officier, avec un trompette, dire au comte que j'avais ordre de prendre possession de sa place. 11 me fit dire « qu'il était surpris que Sa Majesté Impériale en agit ainsi, ayant toujours été son fidèle serviteur, mais qu'il me priait de le laisser envoyer un gentilhomme à Vienne et que, si la Cour s'obstinait, il me remettrait la place. »

Comme je ne voulus pas lui accorder une heure, il me conjura d'attendre au lendemain et, pendant ce temps, j'allai camper dans un village, à une demi-lieue de la place.

(1) Avowa.

(2) Élieniie ; c h^'f des inrconltMiU de Hongrii*.

(3) Capitale de la principauté ind«-pendante de Traiisylvauie.

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Pendant toute la nuit, on fil un bruit effroyable au château ; je crus qu'ils préparaient leurs batteries, ce qui me fit faire mes détachements (1) à la pointe du jour. J'y marchai; mes grenadiers se saisirent des palissades ; mais, comme on eut pénétré dans une tour, je fus extrêmement surpris de voir qu'il n'y avait personne, hors un palefrenier, qui me dit que le comte s'était sauvé par un précipice, quoiqu'il eût la goutte très violente.

C'était le père de ce fameux comte Tékeli d'aujourd'hui (2), qui, par sa valeur, a tant de fois battu les troupes impériales. Nous trouvâmes 80 beaux chevaux, que je fis emmener. J'y laissai 500 hommes de garnison.

De là, je fus rejoindre M. de Sporck à Debreczin, d'où les troupes se séparèrent pour aller dans leurs quartiers ; ce qui ferma notre campagne.

Notre général fut très satisfait du succès, mais encore plus de 100,000 florins qu'il rapportait, et de 400 gros bœufs de Hongrie, qu'il envoya dans ses terres de Bohême. II les escorta lui-même, car, de six semaines, il ne voulut aller à Vienne rendre compte de l'exécution des ordres de Sa Majesté. Pour nous, nous y allâmes en droiture ; on nous y reçut comme nous le pouvions désirer. L'Empereur me dit, quand je pris audience de lui, qu'il était très satisfait de moi et qu'il m'en donnerait des marques ; mais surtout du service que je lui avais rendu à Murany, en lui donnant lieu de connaître tous les rebelles du royaume de Hongrie.

(1) Envoyer nies reconnaissances.

(2) Chef de l'insurrertion liongroisede 1666, il comballil TAiitrirhc avec l aide des Turcs et, après de nombreuses victoires, il fut noninié, en 1690, prince de Transylvanie et roi de Hongrie par !•• sulliin Soliman 111.

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Cependant Nadasdy, ayant appris la prise de Murany, où étaient les papiers, s'en alla à sa maison de campagne, dans le dessein de se sauver à Venise. Mais l'Empereur n'eut pas plutôt reçu la cassette de la Palatine Wesseleny, que je lui envoyai, qu'il lui prit envie de l'ouvrir avec le chancelier Hocher.

Sa surprise fut extri>me de trouver, à l'ouverture, un traité signé de Nadasdy et de tous les gros seigneurs hongrois, qui se mettaient sous la protection du Turc, pourvu qu'on leur donnât le comte Nadasdy pour prince de la Haute-Hongrie. Le Grand-Seigneur et le viiir avaient consenti à la chose, et ce dernier avait signé et appliqué le sceau de l'Empire ottoman. L'Empereur, dans le moment, détacha le comte Ursenbeck, lieutenant-colonel du régiment d'Heister, pour prendre Nadasdy. Il arriva à son chAteau (3 septembre 1670) à la pointe du jour, et, l'ayant fait habiller, il le conduisit à Neustadt, où l'on détenait déjà les comtes Frangepani et Zrinyi.

Après leur confrontation faite, la moitié des conseillers (1) les condamna (21 avril 1671) a être écartelés à quatre chevaux et brûlés ; les autres, à être roués tout vifs.

L'Empereur, dont la bonté est extrême, proposa à Hocher un moyen pour les sauver ; mais celui-ci lui en fit si bien voir les conséquences, qu'il consentit à leur mort, changeant néanmoins leur supplice en celui d'avoir la tête tranchée.

Nadasdy demanda, par grâce, à avoir le col coupé

(1) La cour di* justice se composait «lu prince Diolrichstein, des comtes Swarzonbeif;, Lamberg, Marlinitz, de Noslil/., (iuillaurae et Balthnrar Slulirenberg, Wolf Auersperg, de Souches, Albert Sinzendorf, Frédéric Trautmansdorf, Ferdinand Diedrichstein. (Guillaume Konigsegg, Moalccucculi et du barou Hocher de iiobcugraa.

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dans une chambre ( I ) ; co qui lui fut accorde (30 avril 1671). Mort trop douce pour un homme qui avoua, auparavant mourir, qu'il avait empoisonné sa femme parce qu'elle l'avait empêché d'en faire autant à toute la famille impériale.

Frangepani et le comte Zrinyi furent exécutés à Neustadt ; il fAchnit fort à ce dernier de mourir et il lit dire à l'Empereur que, s'il voulait lui pardonner, il lui apporterait 400 têtes de Turcs, telles qu'il les désirerait.

L'Empereur fit dire 4,000 messes pour les coupables et fit grAce à la Palatine Wesseleny, qui avait été condamnée à perdre la tête. Elle donna 2,000 francs de pension à chacun de leurs enfants.

Tels furent les succès de ces premiers troubles de Hongrie. L'Empereur y gagna deux millions de revenus, des biens des rebelles qui lui furent confisqués.

(1) De l'Hùleidc Ville.

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