‹ Mémoires du comte Gaspard de ChavagnacChapitre 54 sur 88 · LE MARÉCHAL DE CHÉQUI · texte numérisé non relu

LE MARÉCHAL DE CHÉQUI

Si«'ge (le PIlilippsbourg (mai 167C). — Le maréchal de Luxembourg. — Itello défense de M. »iu Kay. — La b<»nne f»»i allemande (8 heptembre). — Ln détachement de 10,000 chevaux ^avril 1077). — Le sommeil de (Uiavagnac. — Opérations sur la Seille. — Escorte de convoi. — M. d»* (Mioiseul. — Bataille do Kocliersborg (7 octobre UMl). — Les Chevau-Iégers de la Maison du Roy. — Prise de Kribourg par Créqui.

Ma maladie redoubla par le chagrin que j'eus de ne pas être en état de servir sous M. le duc de Lorraine, à qui l'Empereur avait donné le commandement (1) de son armée.

Il marcha d'abord à M. de Luxembourg, qui commandait celle des ennemis (2), et il l'accula près de Saverne, où il y eut une rencontre, dans laquelle mon régiment

(Ij Monlecuccoli avait demandé son congé à Léopold, « ne voulant pas, disait-il, risquer contre la fortun»- épluMnére d'un inconnu la gloire qu*il avait conquise en combattant Kuprili, Turenne et Condé. »

(2) Postée entre l'Escaut et la .Meuse.

CHARLES V, DUC DE LORRAINE

fut bien battu. 11 y eut 200 de mes dragons de tués et plusieurs ollîciers. M. le duc de Lorraine m'a dit qu'il croyait que M. de Luxembourg aurait été embarrassé si le duc de Saxe-Lauembourg eût suivi ses ordres.

L'armée ennemie s'étant retirée derrière Saverne, M. de Lorraine marcha à Pliilippsbourg pour en faire le siège.

Je reçus, dans ce temps-là, ordre de l'Empereur de faire tout ce que je pourrais pour obliger le Landgrave à envoyer quelques troupes à ce siège («juand ce ne serait que 100 hommes), ce qui sullirait pour le faire déclarer. J'en parlai au prince, «|ui tint, là-dessus, un conseil, où Mme sa mère et tous ses conseillers furent d'avis de n'en rien faire. Mais je le déterminai à y envoyer 2,000 hommes de pied et 500 chevaux. Son infanterie est, sans aucun doute, la meilleure de l'Empire ; j'en fus fort remercié de l'Empereur.

Quelque temps après, le comte Henri de Mansfeld vint, en poste, me dire, de la part de Sa Majesté Impériale et de M. le duc de Lorraine, qu'en quclqu'état que je fusse, il fallait (|ue j'allasse à l'armée, le prince Pio y ayant été tué d'un coup de canon. Je le regrettai beaucoup, d'autant plus que nous étions Hés ensemble d'une grande amitié. Quoique je fusse en très méchant état, je me mis dans ma calèche et me fit conduire en poste jusqu'à Philippsbourg. J'arrivai comme M. de Luxembourg se retirait, après avoir tenté inutih^ment le secours. J'avoue que si, après la mort de mon pauvre frère, j'avais été capable de ressentir «luehjue joie, ç'auraitété par la réception agréable que j'eus en arrivant à l'armée. M. de Lorraine vint au-devant de moi avec la plupart des généraux. Ce prince me donna mille témoignages de son amitié, qui m'était très sensible, car, outre l'inclination naturelle, j'avais une vraie vénération pour son mérite.

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