CHAPITRE DIXII:ME
employassent les secours qu'ils avaient reçus et les fonds que leur ci'édit pourrait leur piocui-er à se mettre en étatd'a(jir par eux-mêmes, avec la noblesse i'rançaisc, et d'une manière indépendante. .le mandai cela. Mais on se flattait à Goblentz de faire revenir l'empereur, dont on croyait les intentions bonnes au fond, et entravées seulement par ses ministres.
D'autre part, M. de Mercy avait laissé entendre que l'empereur ne se mêlerait des affaires de France qu'autant qu'il serait assuré de dédommag^ements. On parlait de l'Alsace et de la Lorraine; on croyait même que ces démembrements auraient bien pu être un des ol)jets secrets de la convention de Pilnitz. Ces doutes et surtout ceux qui s'élevaient d'une correspondance secrète de la cour des Tuileries à 1 insu des princes fut l'objet d'une dépèche qui fut expédiée de Goblentz le 28 octobre et que je mis sous les yeux de l'impératrice. Elle était l'expression des sentiments des princes émig^rés. Ils s'étaient crus oblig-és de la publier, pour faire taire les calomnies dont on les accablait, et dans l'intérieur du royaume et même dans les cours étrang-ères. L'impératrice approuva le fond de la chose, mais elle était fâchée qu'ils répandissent tant d'écrits, sans pouvoir se mettre en mouvement.
— Autant, disait-elle, les déclarations sont nécessaires quand on ajjit, autant elles sont nuisibles quand elles paraissent pendant l'inaction de ceux qui les publient.