‹ Mémoires du Cte Valentin Esterhazy avec une introduction et des notesChapitre 48 sur 58 · CHAPITRE ONZIKMK · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIKMK

(lélll)érationî> fût aussi l>ien (jardô qu'il aurait du l'être. Mais à côté de cela, coinhicu nOuL-ils pas ('•(('• dépassés par le baron de lireteuil, par la cour do Vienne et la coui- d'Espa^jne !

Breteuil, au noui du loi, envoyait des émissaires dans toutes les cours, pour demander que les princes ne fussent comptés pour rien, et que les puissances étran^oères ajjissent seules. Ce plan, l'impératrice l'avait toujours désapprouvé , le rejjardant comme un moyen de réunir tous les partis en France contre les a^'jresscurs, et étant persuadée que la contrerévolution ne pouvait se faire qu'en mettant Français contre Français, Si les puissances l'avaient voulu véritablement, il leur eût suffi de donner aux princes le moyen d'avoir des troupes à eux et de se borner à en montrer d'étrangfères sur les frontières. Mais c'est là justement ce qu'elles ne voulaient pas. Leur but était d'entrer en France, d'obliger le roi à faire la paix, eu cédant des provinces en échange de la liberté que les victoires des alliés lui eussent rendue, et peut-être à octrover au royaume une Constitution mixte, qui leùt à jamais empêché d'être une puissance dangereuse aux maisons d Autriche et de Brandebourg.

C'est pour atteindre ce but que celles-ci avaient exigé l'inaction des princes et de la noblesse réunie autour d'eux, empêché Monsieur de prendre le titre de régent onde lieutenant général du royaume, mis

des obstacles à Farmement des émigrés, à leur rassemblement, à leurs exercices militaires, et à des approvisionnements de précaution , et manqué enfin à la parole solennellement donnée de cautionner un emprunt de deux millions qui n'eut jamais lieu.

Quant à la cour de Madrid, soumise aux insinuations des Tuileries, croyant ou feig^nant de croire à la possibilité d'un accommodement, elle s est toujours refusée aux propositions de la Russie, tendant à mettre les princes en état d'ag^ir par eux-mêmes.

Il n'est donc que trop prouvé que l'Autriclie et la Prusse se souciaient fort peu du rétablissement de la monarchie française dans toute son intég^rité; que le seul objet de l'une était de voir la France affaiblie, de rentrer dans la possession de la Lorraine, de 1 Alsace peut-être, et d'une ligne de places fortes dans les Pays-Bas; et le seul objet de l'autre de trouver dans cet agrandissement de la maison d'Autriche un motif machiavélique de s'emparer d'une partie de la Pologne. Le plus grand malheur qui résultait de ce plan, c'est qu il fournissait aux factieux de France le moyen d'employer toutes les ressources de la nation contre l'invasion, et d'y faire concourir tous les partis.

L'impératrice avait jugé ces inconvénients, et son génie autant que son expérience lui ayant appris que les Etats n'étaient déterminés dans leurs actions que par leur intérêt personnel et leur propre avantage,

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