‹ Mémoires du duc de Luynes sur la cour de Louis XV (1735-1758) (volume 2)Chapitre 12 sur 69 · MAI 174S · texte numérisé non relu

MAI 174S

U-Bllt'îes aussi et M""laDuehes8e,lly asoiipepcesoirdansles Rcahînets. Il n'yaurapointde premières vêpres tjue celles des Mathurins; la Reine les eDtendra en haut.

Il n'y a rien de nouveau des deux armées de Bohême et de Bavière. M, le maréchal de Broglie, qui doit com- I, mander celle de Bavière, est toujours à Pisek, en Bohème, nÙjusqu'à l'arrivée de M. de Belle-lsle.

La diète de l'empire, à Francfort, est ouverte du 27 du

mois passé. M. de'Belle-lsle y attend toujours le moment

qu'il puisse partir pour aller prendre le cominanderaent

kde l'armée de Bohême, où il compte se rendre incessam-

["ment.

M. de Polastron, extrêmement ami de M. le maréchal de Belle-lste el qui a eu plusieurs sujets de contestation avec 1 M. le maréchal deBroglie, est tombé daugercusenienl malade à son quartier de Wolin, près de Pisek, et les nouvelles que l'on a reeues de lui jusqu'à présent sont toutes c au plus mal.

Les troupes autrichiennes paraissent se retirer à mesure ique nos troupes avancent dans la Bavière.

Les gardes frauçoises et suisses reçurent ordre, avant- I hier, de partir A la lin du mois pour se rendre à Douay . et à Valenciennes. Il n'y a point encore d'autres troupes nommées pour former un corps d'armée en Flandre, et jusqu'à présent M. le hailli de Givry, frère de feu M. de Leuville, est le seul lieutenant-général qui commande dans ce pays-ià. Le débarquement des troupes angloises 1- 4 Ostende et à Nieuport paroit certain. Mylord Slairs est arrivé il y a déjà quelques jours en Hollande avec la qualité d'ambassadeur extraordinaire d'Angleterre , et y a débuté par une harangue remplie d'un zèle indiscrel . pour sa nation et de la haine qu'elle conserve pour les ■ François. Ce mylord Stairs est le même qui étoit ici ambassadeur, à la mort de Louis XIV. On se souvient encore avec r indignation de la satisfaction et de lu hauteur qu'il montra I & la mort de ce grand prince.

HO MÉMOIRES DU DUC DK LUÏNKS.

A\ant-bier le Roi a doDQti à H. de Gramont-FaloD , de Franche-Comlé , l'aide-majorilé de la gendarmerie. Cette place étoit vacante parce que 11. le marquis de Casteloior- Artagaau qui l'avoit est raonté à une souS-lieutenance dans ce corps.

Du mardi de la Pentecôte 15, Fontainebleau. — Avanthier, M. le Dauphin fut reçu chevaher de l'Ordre ; il y eut le matin chapitre. M. le duc d'Orléans y étoit, M. le duc de Chartres , M. le comte de Cbarolois , M. le comte de Clermont, M. le priiice de Contj', M. le prince de Dombes, M. le comte d'Eu, M. le duc de Pentbièvre, deux prélats de l'Ordre (1), M. le cardinal d'Auvergne et M. l'évèque de Langres, et vingt et un chevaliers. H. Tabbé de Pomponne y fit le rapport des preuves de M. de Narhonne et un assez long discours sur M. le Dauphin. Le Roi reçut M- le Dauphin chevalier de Saint-Uictwl dans son cabinet, suivant l'usage; ensuite il fui à la chapelle accompagné de tous les chevaliers, ce qui iail une espèce de procession, comme cela se pratique ordinairement. Les novices ont accoutumé de marcher les premiers à celte procession; M. le Dauphin, quoiqu'en habit de novice, marcha à son rang immédiatemeal devant le Roi. M. l'archevêque de Bourges ofticia. Immédiatement avant la messe, le Roi reçut H. de Xarbonne; ensuite de quoi la grande messe commença; eUe fut chantée par la musique; ce ne fut point un motel. A l'of- £rande il y eut apparamment quelque incertitude pour savoir si M. le Dauphin en habit de novice devoit suivre le Roi, suivant l'usage ordinaire; M. de Breteuil vint en parler à M. le Cardinal, qui décida que M. le Dauphin de\'oit suivre le Roi, ce qui fut exécuté. H. le Dauphin fut ensuite reçu comme tous les autres chevaliers. Ses parrains

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