‹ Mémoires du duc de Luynes sur la cour de Louis XV (1735-1758) (volume 2)Chapitre 14 sur 69 · ilF.MOIBES 033 WIÇ DÇ LUYNES · texte numérisé non relu

ilF.MOIBES 033 WIÇ DÇ LUYNES

Du dimanche 20, Versailles. — I>a Reine arriva ici d^ Fontaioebleau le jeudi 17. Il n'y a rien de nouveau flt remarquer sur l'arrangement de ses carrosses; elle &vcâii neuf dames avec elle, dont «juatre dans le même csri et cinq dans deux autres carrosses du corps; il y avott outre cela, comme à l'ordinaire, le carrosse des écuy^çBi dans leq,uel étoil l'écuyer de quartier, Técoyer cavali^ dour, l'écuyerordiuaireetM.Delavi^De, médecin du cou-' muQ de la Reine. M. Helvétius, premier médecin , a en plusieurs fois une place dans ce carrosse, mais comme il est aux eaux, H. Delavigne a eu la même place pendant ce voyage.

Avant-bier v^idredi, la Reine sortit pour aller se promener à Sèvres. Elle demanda le matin à l'écuyer ordinaire si elle avoit des chevaux en état d'aller et lui dit d'aller s'en informer. Ce fut cet écuyer ordinaire, qui est M. Coulon, qui vint en rendre coippte à S. M-, en présence même de H. de Farges, écuyer cavalcadour, '

Mercredi Ifidecemois, M°" de Croissy mourut à Madrid, chez M. le premier président, d'une colique. Elle étoit Brunet de Rancy; elle avoit au plus cinquante aus. Son mari, qui a porté pendant longtemps le nom de chevalier de Croissy et à qui on avoit donné le nom de poupin d'amour, estle^rère de M. le marquis de Torcy et le propre neveu de feu M. Colbert.

M. le Dauphin arriva hier ici de Fontainebleau ; il alla dîner à Choisy. 11 dina avec le Roi ; il n'y avoit point de dames à ce dîner. Le Roi lit dîner avec lui M. de ChAlitlon et M. lëvèque de Hirepoix, les deux petîtsde Hontauban et d'Estaing qui étoient iiussi venus avec M. le Dauphin. M. de Hirepois étoit venu dans le carrosse même de' H. le Dauphin, suivant l'usage ordinaire, mais il n'avoit jamais manifé aveclui. Les deux sous-gouverneurs, M. du Muy el M. le cht-valier de Créquy, et les denxgentilshommesde la manche, MM. de Puiguyon el de Montaigu, mangèrent à une seconde table.

J'ai marqué ici dessus que la placti de prpuiier architecte a été donnée à M. Gaîiriel; «elle place vaut 12 ,000 lir vresde rente. M. Gabriel le père avoit outre cela encore celle de premier ingénieur des pouts et chaussées, qui lui valoit encore 6,000 livres; t^le a été donaée à H. de BoJîraad, fameux ingénieur, qui étoitdéjà ingénieur des i itonisetcèausiiées.

L^aicadémie d'arctitecture est composée du direcleur

[énéral, qui est aujourd'hui ii. Orry, du premier archi-

, d'un architecte ordinaire , de douze arcliilectes de

lie*' rang, qui sont payés ;'i raison d'un louis [lar as-

mblée lopaqu'ilssont présents. Il y a outre cela douze

■«rcbitectes du second rang qui n'ont nulle rétrabution

I four leof droit de présence.

H. Oahriel le hls avoit la place d'architecte ordinaire;

e » été donnée à M . de OoUe , cotitrûleur de Fontain»-

iau ; «Ile vaut i/iOO livres d'iippoiutuineats. M. Gabriel

i avioit aussi le contrîtle de Versailles; cette pisice

jjlant devenue vacante pai' sa nouvelle dignité, le Roi

j êi écrire à M. de l'àssut'ance, contrôleur de Marly , qu'il

toi donnoit ce contrôle ; que cependant il étoit le maître

i rester À Uarly si cela lui conveuoit davantage. M. de

^'Assurance a préféré Marly, el le contrôle de Versailles

I été donné à H- rÉcuyer qui Hvoit celui des étangs.

Page 1