II. Billaudel, qui étoît ci^evant chargé des pépinières et
ïiivoit eu depuis Le contrôle de Saint-Germuîu , a été fait
gontrûleur des ébinge, et le frère de M. de l'Assurance
e Marly, qui étoit inspecteur de Saint-Germain, en a eu
e contrôle. Le contcôleur de Paris est M- de Cotte, ids du
père aîné de celui de Fontainebleau ; ce U. de Cotte jouit
u moins250,000 livresde rente qu'ila eues de sa l'emuie,
s grands contrôles, comme Paris, Versailles , Fontaine-
^eau, Uarly, sont tous égaux pour les appointements; ils
raient 2,000 édus. Dans presque tous, d y a quelques bé-
ioes. bans celui de Versailles il n'y a rien que le lo-
it.Il y a des contrôles inférieurs, comme Saint-Ger-r
inaia,quine vaut que!, 000 écus,les étangs , Mousseau, Chambord, etc. M. Gabriela toujours été chargé de Choisy ; ce n'est point un contrôle en forme ; il n'y a même point d'appointements attachés. Il a demandé il continuer de remplir les mêmes fonctions à Choisy.
Je n'ai point mai-qué les dames du voyage de Choisy; c'étoit Mademoiselle, M"'' de la Roche-sur- Yon, M"" la maréchale d'Estrées, M"*deMailly, M°" de Saint-Germain et M"" la duchesse de Ruffec.
Du jeudi 2i, Versailles. — Mesdamesne partirent que lundi de Fontciinehleau ; elles vinrent diner à Choisy; elles étoient accompagnées de M""^ de Tallard, de deux sous-gouvernantes, M"" de la Lande et de Villefort, et de M** de l'Hôpital. Le Roi, qui ne se met quelquefois point à tableà Choisy, àdlner, ou qui n'y restesouventqu'un moment, se mit à. table entre Madame et M"* Adélaïde, et y resta tout le dîner. Ce fut M, de Coigny qui, après avoir présenté la serviette au Roi , la présenta à Mesdames , avant et après dîner, et qui servit le Roi. Les six dames qui étaient à Choisy et les quatre venues avec Mesdames mangèrent toutes avec le Roi. Après le dîner. Mesdames virent la maison et le jardin. Il y eut une calèche pour M™ de Tallard.
Les bAtiments de Choisy continuent toujours. La communication de l'office à la sallM manger est presque entièrement achevée. Le Roi soupa hier à Choisy, et en partit à sept heures un quart ; il alla chez la Reine en arrivant. Dimanche dernier, qui étoit le jour de la Trinité, le Roi alla à vêpres et au salut à la paroisse de Choisy,
Hier à huit heures dn matin, l'ambassadeur d'Espagne apprit par un courrier de M. de Montijo, dépêché de'' Francfort, quele roi de Prussefut attaqué, le 17, àquelques lieues de Chrudim près du village de Cxaslau, parle prince Charles de Lorraine ; que la cavalerie autrichienne avoit d'abord eu de l'avantage, mais que leur infanterie n'avoit Jamaispuenronceroeltede Prusse, et qu'enfin les Prussiens
avoient remporté une victoire cooiplèle. On dit que les Autrichiens ont perdn 0,000 hommes, et que M. de Roltembourg a été blesse dangereusement; le prince Charles de Lorraine a aussi été blessé. Le courriep qui a apporté cette nouvelle est un valet de chambre de M, de Valory. M. deValory est à Prague, et a laissé auprès du roi de Prusse un secrétaire et un valet de chambre. Ce valet de chambre , qui étoit à l'action , en est venu rendre Ëonipte à M. de Valory et a été dépêché par lui à Franc- Ibrt; de là il est venu tout de suite ici et est arrivé quelques heures après celui de M. de Montijo. M. Araelot, à qui À remitses paquets, l'envoya sur-le-champ porter ses paquets à M. le Cardinal à. Issy. M. ie Cardinal manda à H. Amelot d'envoyer le môme homme à Choisy. En conséquence, M. Amelot le fit partir avec un paquet k l'adresse de Champcenetz, premier valet de chambre du Soi, comme c'est l'ordinaire. Champcenetz étoit parti de Choisy dès le matin pour revenir à Versailles. Le courrier repartit aussitôt sans voir personne, de sorte qu'étant parti de Paris à quatre heures, le Roi n'en savoit encore rien à sept heures à Choisy, quoique la nouvelle iiit puiWique à Paris et ici ; et même quand il alla chez la Reine en arrivant, la Reine voulut lui en parler comme d'une nouvelle publique ; il parut embarrassé. Effectivement il ae la sut qu'en rentrant cTiez lui.
il y a trois ou quatre jours que le Roi apprit la mort de M. deRavignan, lieutenant général; il est mort de maladie en Ravière. Il avoit environ soixante-dix ans; c'est à lui qu'appartenoit la maison de la chaussée, près de Marly ; il avoit été page du Roi de la petite écurie ; il aiffloit beaucoup à tirer et tiroit fort bien. Ce fut Ui qui, étant page, imagina avec deux de ses camaides d'acheter deux des habits de livrée de M. Fagon l^Ti'il leur fit mettre; pour lui il se fit une hosse comme celle de M. Fagon et alla tirer dans le petit parc, les deux prétendus laquais priant les gardes de ne point
ISO MEMOIRES UU DUC DK LUYNES.
approcher, parce que M. Fagon ne vouloit porot être re-nl QODDu. Le Roi teilr pardonna en faveur de la singularitAI d« l'imagination.
M. le prince de Bohan reçut hier nouvelle qoe M. l'îebbA 1 ôe Ventadour (J) avoil été élu coadjuteur de Strasbourg, pur le chapitre. M< le cardinal da Roliati avoit obtenu l'a» . grémeut avant son départ.*^ h
Aujourd'hui jour de laféte-Dieii*,ii*Ro»a été îh ki proM cession et à la messe à la paroisse , comme l'année passé&;i ' Cette après-dlnéc, ili a entendu en haut les vêpres, chaiM ( tées par les chantres de la chapelle ; il est revenu ensuite' au salut, oil il y a eu un motet comme cela se pcatiqua pendant toute l'Oetave.
Du mercredi 30, f^ersailtes. — On appcit ici, lesan^ medi 26, la nouvelle de la mort du pelii comte de Sainte Pol; il avoit deux ans et demi; ilétoit fil.sdeH. de SoubisC- ■ et de M"° de Bouillou ( Khodes) ; il n'y a plus de ce mariage qu'une peti'te fiJle de quadre iias. M. de SoubiS' encore deux frèivâs , dont l'un est le nouveau coadj.uleLH? de Strasbourg, et l'autre est le prince René, qui a pria tiussi l'état ecclésiastique.
Dimanche 27, le Clergé eut iiudience pour Iti clôture
(1) Il {tarait jusqu'à préMilt qu'il rëustil \uut au mieux ; il l'est jjiijfriigivd
tliins ses éludes, kI se fait iiiliniinent aiiuur par ae» [xililesses et la Joueeur de sou carsctËre; sa iigui'e esl agréable l't prévient en sa faveur.
L'éle«tiuu 66 fuità Strasltourg |>ar scruUn A bVo^ presque les raiiues taré' monics que celle d'un pape ilaiu le ooncluve; be ooadjuleur éSn (fiMtt« sa p!aM <k dianoitie eL est iaslallë ilaos celle de TëvA^ue de Slra&baargi la cérenuoie tinit par le Te Deum, pendant lequel M. le cardinal de RoLan se tint daui: \«a bas edlés de l'église; et Ebrsque les clianoines renti'Ëreiit dans la saci^stJe, il se trouva sar leur jussage pour leur faii'e son renierElmeat. L'entrmue, d^na ee moment, du M. lecHrdmal deltulian etdeU. l'abbé de VisitaduUr !M nu .spectacle le plus tendre et le plus iDucliaul. M. de Ventaduur, rempli du' respect et de l'atlncheiuanl d'un neveu, uu plnldt d'un lils qui a toujours ifiblié de plaire il sun pare, et en même temps il(! la recuuMUumce ia plus vivu, se jeta aun pieds de H. le cardinal île. Rubau, lequel uuTut oceupd qu'à le relever, l'embraeser et lui inarquer toute su tendresse. M. l'abbé de Venladoui' jouit déji d'environ àOfiOO écus de rentes. U sers sacre du mois d'octobre tfvéque in parlibtis. {Kote riii duc de Ut/tiFS.)
de l'assemblée- Ce fut M. l'aPclievèque d'Arles qui porta la parole. Il n'y a point d'autre haeangiieque celle pour le Roi. Celle deM. d'Arles(l)a étéextrêmement approuvée; il la prononça avec le seut embarras qui pouvoit y rfonuer nne nouvelle grâce; elle étoît éloquente et remplie dfes expfessioosles plus convenables sur la srturttion présente des affaires de l'Europe.
Lundi 28, arriva ici au lever du Roi le colonel Borck, adjudant général du roi de Prusse ; il est extrêmement ^and, âgé d'environ quarante-cinq ans et l'air fort militaire. U dit au Roi qu'il venoit de la part du roi son maître, apporter à S. M. la nouvelle de la bataille qu'il avoit gagnée ; que le roi son maître espéroit que cette viclpire contribuerait au bien de la cause com mune. Il fut présenté par M, le Cardinal, dans la chambre , au lever. Il Bvoit remisât. Ëm. une lettre du roi de Prusse d'environ une page ; il en remit une au Itoi , aussi du roi de Prusse, qui n'est que de six lignes (2). U avoit descendu à Paris chez M. Chambrier, qui lui donna un de ses gens pour Ifamener ici ; il mit pied S terre dans la cour des Princes. Lorsqu'il descendit de cheval, on l'avertit qiie l'usage étoit d'allée d'abord cbez le secrétaire d'Etat des affaires étrangères; mais il répondit qu'il savoit bien ce qu'il faiaoilet monta tout de suite chez M. le Cardinal. U a parlé fort simplement sur le détail de cette victoire ; il ne faisoit même monter le nombre des morts qu'à 3,080 hommes, et l'on a appris tous les jours des circonstances plus fevof afoles ; il parolt même assez constant aujourd'hui, par la relation qu'a faite le général-major Scbmettau, qiria passé par Prague allantàFrancfort,etpar la relation deM. le maréchal de Belle-lsle que M. de Breteuil a apportée au Roi, que la perte des Autrichiens, y compris les morts, blessés
(1) Belle(oD(l,CL-ilevanté«êque de Bayonne. { Noiedu dw: dt Layna.)
(2) Voici la lettre i)e Frédéric,' 'i Sire , le prince Charles m'a attaqoé el je ï'ilbattn ".
152 MÉMOIRFS DU DUC DE LUTNES,
et déserteurs, va bien  dix mille hommes; on croi^ Dième qu'elle se trouvera plus considérable. On leur i pris dii-huit pièces de canon.
Du jeudi 3i, Versatiles. — Pendant l'octave du Sainte Sacrement, le Roi a été deus. ou trois lois à la chasse, c ces jours là il n'a point été au salut; les autres jours il 3 a été fort régulièrement. Il mène ici la même vie qu'il Fontainebleau ; tous les jours qu'il ne va point à la chas il dîne dans ses petits cabinets, qui est chez M"" de Mailly» , Je dis M""' de Mailly, car elle dit elle-même : (( Mon petit appartement. » 11 n'y a presque jamais en tiers que M. de Meuse, quelquefois M. de Bouillon. Ces jours-U, le Roi soupe au grand couvert. Les jours de chasse, il soupe dans les petits appartements. 11 y a peu de personnes, ici admises à ces soupers : M. de Bouillon, M. de Richelieu, le ducde Villeroy, et toujours M. de Meuse. Pour lui, il ne quitte jamais le Roi, ni M'"'' de Mailly. C'est le nommé Moutiers, cuisinier fameux, que le Roi a pris pour ces soupers. C'est lui qui fait la dépense de ces cabinets, et on prétend que ces arrangements épargnent au Roi des sommes considérables. M°" de Mailly me disolt il y a quelques jours que le Roi avoit fait trente cinq repas dans ses cabinets àFontainebleau, surlesqnelsil y en avoit eu plusieurs de douze et quinze personnes; elle me montra la feuille de la dépense donnée par Moutiers montant à 2,819 livres pour le total. Une pareille dépense dans d'autres temps avoit monté à 10 ou 12,000 livres.
On a fait quelque augmentation au petit appartement deM°" de Mailly; on a pris une partie de la petite cour qui mène chez M"" la comtesse de Toulouse, et on y a bâti un escalier qui vient d'être achevé; cela donne une antichambre de plus paroiironarrive,etunpassagequicon- ' duitàunpetit cabinet; i droite est la salle à manger, qui y étoit déjà, vis-à-vis laquelle est le passage qui mône an petit appartement ; au fond de ce cabinet est une porte qui conduit dans un petit passage, et de là dans une des
lièces des petits cabinets, qui est peinte en vert et où il y avoit des lanternes dans le toit, quel' on abouchées; cette pièce fait un salon d'assemblée pour le petit appartement de M""^ de Mailly. Du reste il n'y a rien de changé à l'appartement. M'"" de Mailly y a lait faire une nicbe de toile, découpée par un tapissier de Paris, et le Koi a voulu se charger d'en payer la façon. M"" de Mailly couche tous les jours dans ce petit appartement, et va de temps en temps le matin , même tous les jours quand elle est de semaine, dans son ancien appartement dans l'aile neuve. L'appartement d'au-dessus, qui était celui de S. le comte de Matignon, et qu'on lui a donné, comme je l'ai marqué, est présentenientfort bien accommodé, avec un escalier commode pour communiquer de l'appartement d'en haut à celui d'en bas. C'est dans cet appartement d'en haut qu'elle compte mettre un lit, et celui d'en has sera pour mettre la compagnie.
Le samedi 2t) de ce mois, M. le prince deRohan se trouva fort incommodé d'un embarras dans la langue, même un peu dans la tète. Une saig:née du pied a prévenu les suites de cet accidentqui faisoit appréhender une maladie semblable à celle de l'année passée. La Reine alla le voir il y a quelques jours.
M""' de Ventadour (1) tomba malade assez ditngereusement, il y a trois ou quatre jours, d'une fluxion de poitrine pour laquelle elle a été saignée plusieurs fois; elle est présentement hors de danger. La Reine a été la voir tous les jours et le Roi y fut hier. Madame a marqué une sensibilité extrême sur l'état de M™" de Ventadour; on ne peut refuser des louanges aux preuves qu'elle a données de son bon cœur et de sa tendre amitié pouj* elle.
(1) Suivant le calcul de Mm ^ de Ventadour, elle doit avoir quatrc-vingt-ouze
19; car au mariage du Roi, en 172 j, elle dit à M™' de Luynes iiu'elle avoit
I .loixante-qiialorze ans. Mais sa siriir, M"" la diichssée de la Ferté, ])rétemiiiit
I qu'elle avoit vu son liaptistaire, et qu'elle se donnoit deu\ ans de [ilua qu'elle
Ma'avait. (?/ote du duc de Lui/nes.)
(M MtHOttES ne DDC H LTT^iES.