ymaréeh^éBllaaâe^ estrtbene^ anl de l»t
n K^UerKssMmDortirtif son Igrtimwt; il porinj ««snile i ■** de ^aoeia ^ i foos ses domesâgoes. Ketoe est dasB om çrapcie inyoïélade, «t «■ loi anla»t que l'am peirf l'alrtiiie digwr <ftns InjBei il esfe-i
D f « heaoeoap de ftosioss de peitrâir e< j.raaJ'J iMfitbfe de malxfiA dool on inevrt dans fttmrais pro^ i viocesdu royaame.
H. le Cardinal pari demain poor aller à Issy; il a de" mandé permission aa Roi d'r rester ifainze joars: ii< reiieadra cependanl poor les eonseilf , mais il retoomerflt confier à Itsy. Il dit qu'il a ^rand besMO de r«pos; il a été eariiainé et parott abattn les «oirs et les matins.
Hardi dernier, le Koi fit an Champ de Mars la revae de» qoalre compagnies ro^es. C'était M. de Soubise qni coi»> miindoit; c'est tonjonrsen pareil cas le commandant des^ gendarmes. H. le Danphia ne fut point à la revae, à cause que M. le dac de CbMillon ét(»teurbamé; peer la) consoler, on le men» au manése.
MM. de Soalnise et de Picqni^ny partent ees joops-el pour allef servir en BobAme, en qualité d'aides de camp, sous les ordres de M. de Belie-lsle, qai doit avoir pris le commandenientde cette armée à Pisck, le 23 de ce mois ; il doitavoir marché aussitôt pour seconrir le chAtcaia de Frauenberg, que les ennemis avoient aitaqt>é.
Les gendarmes et chevau-légers parlent demain pour aller à Péronneet Cambray. Les mousquetaires noirs et gris partent aussi pour la Flandre. Comme l'on n'a point voulu doDiier de lettres de service comme brigadiers H MM. de Soubise et de Picquigny, ils ont demandé & aller servir ailleurs, et on l'a trouvé !>on. Les gardes du corps sont parti» pour la Flandre, ainsi que les gardes françoises et suisses.
Le jour même de la revue, M. de Picquigny travailla uvec le Roi au sujet de plusieurs grâces pour la com-
MAI i74a. 155
ime pensions, graliticatioDs et croix de Saint- Louis, etc. 11 avoit travaillé auparavant avec M. le Cardinal, suivant l'usage, et M, le Cardinal avoit paru trouver beaucoup de difficQltés aux grâces qu'il demandoit, entre autres au sujet d'une pension de 1,000 écus pour M, de Marignane, pi^miersous-lieutenant, et quelques autres moins considérables. M. le Cardinal avoit dit que le Roi avoit déjà assez de charges à payer et de dépenses à faire sans celleslà. A l'égai'd de deux commissions de mestre de camp, pour deux muréchaux des logis delacompagme, S. Émi. avort répondu que dans les gardes du corps, doœt lès exempts répondent aux maréchaux des logis des compagnies pouges, il falloit six ans d'ancienneté d'exempt pour avoir la commission, et que ceux dont parlait M, de Picquîgny n'étoient maréchaux des logis que depuis quatre BBS. Dans le travail avec le Roi, en présence de M. le Cardinal, le Roi accorda à M. de Picquigny toutes les grfices qu'il lui demanda, et fit même l'observatiou, par rapport at&s maréchaux des logis, que la règle faite pour les esempts ne devoit pas être la même pour eux, puisque ceux-ci étant tirés alternativement du corps et de la cavalerie, ils'entrouvoitsouventde fort jeunes, au lieu que les inarécliaus des logis ne parvenoient à ce grade que lort âgés et après avoir percé le corps par leur ancienneté. Dans ce travail, outre les quatre croix que le Roi aécorde tous les ans dans la compagnie des chevau-légers , M. de Picquigny lui en demanda une cinquième, et elle fut ffccordée à la revue. Le Roi avoit paru très-content de l'état où il avoit trouvé la troupe.
Hardi dernier, 29 de ce mois, M. lebarondel''laming(l) prit congé du Roi et de la Reine; il n'eut point d'audience parce qu'il n'a point de caractère. Il est ici depuis ïingt et uii ans (2), chargé des affaires de Suède. C'est un
(1) Ministre <<e Suè<]o.
(3) H m'a dit avoir toujours eu ici ta qualit* Je ministre asulement. Il s'en nk^ntâHâateo le titre de miuietre plénipotentiaire. {î\otedii due de Lwynes.)
15(i MEMOIRES DU DUC DE LUYNES.
homme sage et dont on est fort content ; il parett avoir
beaucoup de regret de quitter ce pays-ci ; on l'envoie à
la cour d'Espagne. 11 est venu ici à sa place M. d'Ëkeblad
qui a le caractère d'envoyé ; il aura audience dimanche
prochain.
Mardi dernier, M. de Lonielliiii, envoyé de Gènes, eut audience de congé ; c'étoit audience publique; la Reine étoit dans son grand cabinet avant sa chambre.
M""" Adélaïde a depuis deux jours la fièvre assez fort avec une grande ûuxion.
On est en deuil depuis huit jours, et on le portera trois semaines.
Le Roi a été aujourd'hui à la procession à l'ordinaire, et a été à vêpres et à comphes ( chantées par les missionnaires ) et retourne au salut.
Mardi dernier, M. l'évoque duc de Laon fut reçu pair au Parlement, Il y avoit quatre pairs ecclésiastiques, en le comptant, et huit laïques. M. de Laon est Faudoas-Rocheehouart , frère du colonel du régiment de , qui est en Bohème.
AuilifiDCP lie MM. il'lîkeblail, lit! Borck ni du prince lie Masseran ~ BaUilie (le Saliay. — Lettres (<ii maréchal <)e Relle-lEle et rxIraiU de Ipllres île l'armée. — Helalion de l'afTAlre de Saliaj. — Mort de M'"" île SoTecoarl , de M"' de Boulilers, de M™' de Monlboissïer et iJii primat de Pologne — Au (lience de congé de l'ambassadeur tiirc. -~ Voyagea dit Roi Ji SamI Léger — Échec i)u duc d'Harcoopt en Ratière. — Le maréchal de Broghe e^t créé dnc. — Moi'i de la reine douairière d'Espagne; son caveau i Sainl- Sulpice. — Mort de M. Alexandre.' — Procès du duo de Chevreuce Lontre fi""' de Caylus. — Retraite de Frauenberg. ^ Préliminaires du traité de Berlin, — M. et M"^ de Forcalquier.
Du mercrediô, Versailles. — Dimanche dernier 3 de ce mois, le nouvel envoyé de Suéde eut audience publique. Il s'appelle le comte d'Ëkeblad ; il parott avoir quarante-
«inq ans environ; il est grand, assez maigre, etunefiguFe .agréable. L'audience chez la Reine fut dans le grand cabinet avant sa chambre, suivant l'usage; et ce fut après lamessedelaReine. M. D'Ekehtad étoit conduitparM.de Verneuil, introducteur desambassadeurs, et précédé par ■M. Oestournelles, sous-introducteur. H parla assez bas et va françois.
Immédiateuient avant cette audience, il y en eut deux particulières que la Reine reçut dans sa chambre, appuyée Icontre la table de marbre. L'une fut celle de M. Borck, idjudant du roi de Prusse, dont j'ai parlé ci-dessus, qui Tenoit prendre congé, conduit par M. deVerneuil; l'autre, de M. le prince de Masseran (1). Il arrive de Turin, où il i-étoit ambassadeur du roi d'Espagne, Les circonstances présentes ayant obligé les amltassadeurs de part et d'autre ^e se retirer , il s'en retourne à. Madrid , et c'est en s'en ^tournant qu'il est venu ici rendre ses respects au Roi ït alla Reine. M. de Masseran a l'ordre de la Toison et selui de Saint-Janvier. Il est assez grand; il parolt avoir plus de soixante ans. C'est le père de M. de Crèvecœur, : gendre de M"" de Guémené, 11 étoit conduit par M. deVerneuil et par M. de Campoflorido.
J'ai oublié de marquer ci -dessus qu'il y ,a environ quinze jours que le commandement de Roussiilon a été ' donné à M. d'Auger, chef de brigade des gardes du corps; ■ve choix parait avoir été universellement approuvé.
sndredi dernier l"de ce mois, il arriva, sur les quatre heures après midi, un courrier à M. de Campoflorido, qui «voit été dépêché de Francfort par M. de Montijo. il apporta la nouvelle que l'armée françoise, commandée par M. le maréchal de Brogbe, avoit battu les Autrichiens près ■jd'un village nommé Sabay, qui estàunelieuedeFraueniwrg. On trouvera ci-après copie de la lettre écrite par
m !l est frèi'e lie M. (!<: Oe.me, rtonl J'ai p^rie tî-Jessus. (yele du dwc de
158 Mf.MOrRF,S DU DEC DE LUTNES.
M. le maréchal de fielle-kU à H. Bloudel, chargé des aliaires de Fnuice à Franctori. Le même jour, H. deRevel, «ecood hh de H . le maréchal de Brog'lie, ariîva ici sur onze heures du soir ; la nouvelle s' étoit déjà répandue pw le courrier de M- de Hootijo. L'aml>asfiadeur d'Espagne fut même le premier qui l'apprit à H. le l^rdinaL M. de Revel alla descendre chez M. de Breteuil, qui étoit malade et qui se leva cependant pour le mtoer chez le Roi.LeKoisoupoitdaos ses cabinets; il descendit ausslUi pour parler à H. de Revel, et fut près de trois quarts d'heure avec lui. Presque toutes les dames qui étoieat ici furent dans l'astif^ambre du Roi, pour aj^r^idre le détail des circoiistauces de cette affaire. Le hls aîné de M. de BrogUe a eu le Ijras percé d'un coup de feu, mais saps fracture. Mon hls y a eu trois coup de feu et ud «oup de sabre, en chargeast à la téie des dragons. Q parolt que ce sont les carabiniers et les dragoos qui Be sont le plus distingués dans celte affaire. Les carabiniers étoientcommaudéspar M.deCréquy (l],cousiD duchevalier de Criquy, sous-gouverneur de M. le Dauphin. M. deCréquy s'est trouvé le plus ancien, quoiqu'il eiU devant lui M. de Valcourtet M. de Vichy; mais M. de Valcourt (2) étoit resté malade à Paris, où il est mort même depuis quelques jours. M- de Vichy avoit fait une chute quelques jours auparavant, et s'est trouvé, à son grand regret, hors d'état d'être à ce combat. Il n'y avoit ({ue deux régiments de dragons, le mestre de camp-général et Surgéres. Il y avoit environ deux heures que M. de Surgëres éioit arrivé et s'étoit fait recevoir à la t6t«
(1) Sï Eemine a élé dame d'honneur de M"" la princesse de Cooly. (JVoie du liue de l.ui/nes,) '
(i) J'ai appris depuis que la brigade de H. de Valnourt a été. donnte, mr la noininalion de M. le prince lii- DnmW, à M. le clievalier de Heauvaia, lieuti'iiaiil-coloDel de carabiniers, qui s'esl fort ilialingué à l'affaire de Sahaj et qui j S EU blusé ilangeriiusement. ( Addilioa du duc de Lvynei, datée <bi n juin 1741.)
4t>soi)régimeut; U^euiim cheval lue sous lui. (.escariibi- D^ere et les dragons ne ftûsoieot qii'«Dviroin neuf c«ats faoïumeB, et letiitf ois régiments de cuirassiers qu'ils oui ailaqut^s et culJiuUés faisoient plus de deus mille hommes.
L'on atlejidoil k toul moment un plus grand détail de «elte actioD . M. le maréchal deBroglic, quiavoit un coui'jTJer 4e M-de fireteuil. Ta gardé deux ou tjTois jours pour apporter ce détail ; ce courrier arriva lundi matin; Le B.oî étoit parti pour la chasse et de là coucher à Saint-Léger. iJC"' de Msilly, qui ne partoil que l'après-dlnée , ayant BU qu'il étoit arrivé un courrier, envoya chez M. de lîre- (euil. M. de Breteuil alloit dépêcher ce courrier d'ahord à Jssy et de là àSaint-Léger; cependant il envoya la relation A M"" de Mailly, qui rentra dans sa chambre, où J'étois, sans vouloir rien dire {!); et je fus objigé d'envoyer à Saint-Léger pour savoir quelque détail. On trouvera cijoint copie de la lettre que M. de Belle-Isle écrivit de dessus le champ de hataille àM. Bloudel, à Francfort, ■avec «ne apostille tirée d'une lettre de M. de Bezenval, ■Capitaine suisse, écrite à M'"' sa mère. M. de Bezenval ^t aide de camp de M. le maréchal dcBrogiieet a euper- Qiission de rester en cette qualité, quoique les gardes ^sses marchent.
Je joins aussi l'extrait d'une lettre de mon fils écrite 4 sa femme, le lendemain de l'action. Par les nouvelles qu'a apportées ce courrier, l'on a appris que les ennemis avoient repassé la Moldau et s'étoient retirés à leur ancien poste de Budweiss. M. le maréchal de Broglie a «nvoyé M. le comte d'Aubigné, heutenant général, s'emparer de la petite ville de Thein, et le quartier général
(I)Elle me- Jil seulement que mon lila se [wrloif très- bien elqueM, le maléchalde Broglie manloltdes i:houi« ailintrahlenleM. deBelle-Isle. ErTeclivement M, le maréchal de Bello-Isie Hlldqiia le village à la leie de l'infanlerie ; il , jt evt teoû altaqui'.s , i la dui'nière de»|iit'lli'Ji inânm il mil [lieil à teri'e et jparclia yépéc â la miiin ;iuiir iJunner enciire pliiit de u)ui'a;;e aux troupes. miiSoteduduc deluyiies.)
l«0 Mf;M01BES DU DUC DE LtJTMES.
est acluellement à Franenberg. On ne sait point encore exactement le nombre des morts, ni des blessés. M. de Villon, capitaine aux gardes et volontaire, a ëté blessé et est mort de ses blessures; il étoit extrêmement grand, bien fait et fort estimé ; îl avoit eu la permission d'aller servir comme aide de camp de M. de Belle-Isle; et même en dernier lieu onlui avoit mandé de rester, quoique sa compagnie ait marché en Flandre.
Coiiie de la lettre tle M. le maréi:hal de Belie-Ide, du champ de bataille de Sahay, le 36 mai 1742, à M. Blondet.
Je ne vous écris qu'uD mot, monsieur, pour tous faire part de la victoire qu'ont remportée les années du Roi, commandées parM, le maréchal de Broglic et moi , sur l'armée autrichienne, commandée par le prince de LobkowiU. Ce prince avoit passé la Moldau le i6 pour investir le château de I^rauenberg, devant lequel il avoit ouvert la trancliée le 17; et comme ce poste est de la plus grande conséquence, on a commencé, comme vous le savez, à rassembler ce qu'on a pu des troupes qui sont en Bohême pour marcher au secours. Dious arrivâmes hier à deux heures après midi en présence de l'ennemi , qui, ayant décampé trop lard fut forcé à combattre. L'action a comincacé à cinq tieurea, et l'on a tiré de part et d'autre jusqu'à la nuit close. L'action la plus vive s'est passée entre la cavalerie autrichienne que nos carabiniers et dragons ont attaquée et battue à plate couture , et ils nuroient été tolalcment détruits s'ils n'avoienteu un bois fort prochain pour s'y sauver sous le feu de leur infanterie. Nous avons passé la nuit sur le champ de bulaille, d'où je vous écris actuellement. Nousavons détaché après leur arnère-gariie, et je compte que l'on campera aujourd'hui à Fraueuberg, d'où je vous écrirai avec plus de loisir pour vous faire un détail plus evact, que je vous enverrai par ÏI. le marquis de Mirepoix, que l'on dépéchera à l'empereur ponr lui porter celle bonne nouvelle.
Nous n'avons perdu personne que je sache de distinction , ni aucun ofliciur de marque. JM . le duc de Chevreuse, qui s'est extrénwment distingué, a été blessé à la joue et au talon, mais cela ne sera
Leitie de M. de Be^uoal â M^' sa mère.
M. le duc de Clievreuse, meslrr de camp gôiéral des dragons de Frince, s'est distingué au delà de tout ce qu'on en peut àtTt ; il a reçu trois coups, l'un au visage, l'autre au talon, et le troisième d'une Italie
JUIN 1T4S. IGl
restée entre sa veste et sa chemise, dont aucun n'est dangereux. C'est aux dragODs et aux carabiniers que l'on doit tout l'avautage de l'affaire, ayant enfoncé et mis en déroute la cavalerie autrichienne qui étoit au double plus forte que celle de tVance. M. le comte de Broglieest blessé au bras, mais point dangereusement. M. de Valoo, capitaine aux gardes , a reçu un coup de tbsil dans la bouche, qui lui perce la langue. Tout ce que l'on sait jusqu'à présent de la retraite des ennemis, c'est qu'ils se sont retirés vers Budweiss.
Lettre de M. de Cheoreuse à M™' de Chevreuse, du 26 mai 1742,
J'ai eu le bonheur de bien battre trois escadrons de cuirassiers avec mes deux escadrons de dragons.; je les ai chargés deux fois et plies autant. On est enchanté de mes dragons, et rien ne ressemble à cette troupe. J'ai eu un coup de sabre et uu coup de feu à la joue qui ne (oui qu'effleurer, un qui me perce le talon sans rien offenser, et ime coDtusioD à la poitrine. Mon Conquérant a aussi été blessé au col ; mais nous nous en portons bieu-l'uu et l'autre.
Apostille de M. de la Porterie, êcuyer de M. de Chevreuse et capitaine dans son régiment,
M. le duc a combattu ces fameux cuirassiers qui sont, dit-on, iuvineibles; nous les avons culbutés et battus; nousétions très -inférieurs. U y a eu plusieurs ufGciers du régiment blessés, et de celui de Surgères. Hous avons perdu le pauvre M. de Ponze [l). La Poutebie.
Copie de la relation envoyée à M. te comte d'Eu , de CaJ/aire de , Sahay, datée du camp de FraueTiberg, le 28 mai 1742,
M. le maréchal deBroglie étant informé que le prince detobkowitz, avec un corps de douze h quatorze mille hommes étoit venu camper à -Sahay, d'où il faisoit le siège du chilteau de Frauenberg, qu'il faisoit un détachement de cette armée , résolut de marcher pour faire lever le siège et repasser la ïloldau aux ennemis.
Notre général donna ses ordres en conséquence dès le 19 et le 30 de ce mois pour rassembler l'arroée dont le rendez-vous étoit à Protiwin. ILpartit le 33 de Pisek avec les troupes qui s'y étoient rassemblées, tandis que M. le comte d'Aubigné, qui commandoit à la droite, marchant à même hauteur, se rendoit à Protiwin par le chemin de Strafcooitz et Wolin. Nous arrivâmes à Mischenetz, village à une demide Protiwin, sur les deux heures après midi, où nous irouvilmes
il) H a été blessé el fait prisonnier { il est venu à Y^i'éaiHeK dttpulB, e u unepension. (A'otedu àiic de Lttynes. )
163 MKMOIRES DU DUC DE LUTNES.
un poDt coupé par les etmemis , qui est sur un ffos ruiBseiiii qui passa ou bas de ce village. Peujaut qu'où le faisoit rétablir pour y passer l'in&nterie, l'artillerie et les bagages , uos trouges légères qui l'avoient passé à gué evoîent repoussé quelques pelotons de houssards esuemis qui se présentoteal sur la lidutrur de Protiwiu. L'armée ayaut pasté leruissi^au , ou tît halte eutre ce pont et Prutiwiu pour attendre que 1» camp (ùt marqué , et ne fuL diius ce temps-là que M. k' maccclial da Bclle-lsie arriva.
Le leademaiu 24, on lit un détachement de vingt-quatre compagnies de grenadiers , deux mille hommes de cavalerie , tous les faoussards tt compagnies franches, avec si\ pièces de canon, pour aller s'emparer de Wodniau dans lequel on assuroit que les ennemis avoient laissé douze cents hommes. Ou apprit, en y arrivant, qu'ils l'a voient abandonné comme Protiwiu , après avoir coupé un pont qui est à une portée de. fuâl de eette ville sur la rivière qui y passe. On le fit rétablir diligem* ment, après quoi MM- les n)aréubau\ et MM. les ofticicrs généraux de l'armée, qui avoientmarché àce détachement, entrèrent dans Wodnian, dont les compagnies franches, les houssards et les grenadierg s'étoieot emparés , et oi) Qt taire demi-tour ù droite au reste des tiou" pes du détachement et à l'ailiUerie pour rentrer dans leur camp.
M. le Maréchal laissa les grenadiers dans Wodniau et donna ordre aa\ oompagnics &aauhes et aux houssards de se porter en avant pour observer l'ennemi. On apprit le soir à Protiwiu qu'un détachement leurs houssards, soutenu par une troupe de suirassiers postés dans un hols, à une demi-lieoede Wodnian, étoient moucher avec les nôtres et qu'on leur avoit fait quatre ou cinq prisonniers. Toute l'armée partit du camp de Prolfwin le 25 , et après avoir passé le déQlé du pont do AVoduian , elle marcha sur Frauenberg en deuY colonnes , dans un ordre et une disposition dignes de M. le maréchal de Broglie, La tête arriva sur le midi sur des hauteurs vers le village de Uay, qui est environ a une lîeue et demie de celui de Sahay, qui en est séparé par un grand marais ut des étangs. Onaperçut en cet endroit les ennemis en bataille sur une seule ligue, derrière le village, ayant leur droite appuyée à une petite montagne couverte de bois, et leur gauche cachée derrière le village de Saliay et un grand bois qui nous la couvroit', ils avaient avancé de grosses troupes de houssards dans les marais qui nous séparoient, lesquels occupoient le village de Hay et un autre un peu plus éloigné, sur la chaussée par laquelle ils croyoient que l'armée seroit obligée de déiiler pour marchera eux. Les nôtres eurent ordre de s'avancer à la droite, sur le chetnin de Budweiss qui passe dans ce marais , pour s'emparer d'un village qui s'y trouve , tandis que la compagnie franche de Mendre marcha droità la cJiQussée de Hay, et tourna des étangs qui l'environuoieut, pourcou-
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1^ les boussards ennemis dans ce village. On y réussit ru partie , en «yantpriiou tuédi\ ou douze et ime quiiiEaÎDé'de chevaux.
M. le Maréchal examina la siWatiou du lerrain et prit sur-le-champ le parti de fafre traverser le marais à la eavalerie qui formoit la colonDe de la droite , tandis que celle de la ^uclie , composée des greudiers, de rartillerie, de de^x régiments de dragons et des carabiet du i«ste de l'infanterie, passoit par la chaussée qui allott droit A Sahay. Cela lut exécuté , et Ira boussards ennemis abandoDuèrent le second village comme le premier, après avoir un peu escarmouche ■Ifee nos dragons- On s'aperçut alors que l'armée des ennemis faisoil m mouvement par sa gauche, et l'on ne doutoit plu; qu'ils ne se rettasseut sur Frauenberg et Budweiss , par le chemin qui va de Sahay k MS deux eudroits. Avant que nos premières troupes eussent passé It défilé des étaugs , nous n'en vîmes plus aucune des leurs, excepté queues boussards qui couroient devant nous.
A la fourche que forme au delà du marais le grand chemin de Protiwiu à Budweiss et celui que nous suivions pour aller à Sahay, des paysans assuroient nos généraux que les ennemis se'retiroient sur Budweiss et que ce que nous en avions vu derrière Sahay n'éloît que la queue de leur armée. On détacha les compagnies franches, les tioussards et six compagnies de grenadiers pour aller par le chemin de Budweiss traverser un boi.s qui nous les cachoit et tâcher de tomber ■ur quelque partie de leur arrière-garde , tandis que la tête de notre trmée continua de marcher droit â Sahay.
Eu y arrivant , nous traversâmes le camp de la première ligne des ennemis, et le village nous parut totalement abandonné ; il étoit environ quatre heures après midi. MM. les maréchaux tournèrent le village par la gauche et entrèrent dans la plaine où nous avions aperçu les ennemis. On y trguva le camp de leur seconde ligne, ce qui avec touB les rapports des paysans de Sahay confirma M. le Maréchal dans l'opinion qu'ils se retiroient devant noua. Cette petite plaine est cutourée de bois qu'il faut traverser pour suivre le chemin qui va du village à Frauenberg. A peine y avoit-on fait deux cents pas, qu'on Tint avertir M. le Maréchal qu'on voyait uneCéte de cavalerie ennemie, en bataille au bord du bois traversant le chemin ; on alla les reconnoltre et l'on crut voir que cette cavalerie, qui étoit des cuirassiers autrichiens, étoit soutenue par quelque infanterie. M. le Maréchal donna ordre aux trente-dent compagnies de grenadiers, aux dragons et lux carabiniers d'avancer et les mit en bataille en face de la partie du bois où l'ennemi étoit adossé -, on lit avancer six pièces de canon, qui cumposoient toute notre artillerie , sur le bord d'un chemin creux qui veuoit de la tête du village et troversoit une partie de la plaine parallèlement aux ennemis. Les grenadiersse jetèrent dans le chemin cfBuv,
à mesure qu'ils arrivèrGiit, et le reste fit face au village qui n'avoit poÎDt encore été fouillé. Les earabiniers , dont la droite s'appuyoit à la gauche des greDadiers , dans l'eudroit où le chemiu fiiiissoit d'être creu\, BVoient è. leur gauche les deux rëgimcots de dragons du mestre de camp et de Sui^ères qui achevoient d'occuper à peu près tout l'eapace qui resioii de la petite plaine. On donna ordre de faire avancer en hâte le reste de l'infanterie et la cavalerie, dont M. le Maréchal vouloit fortifier sa première ligne et en former une seconde ; mais cela M put se faire a>jssi diligemment qu'il l'auroit désiré , à cause des défilés du marais que ces troupes n'avoient pas encore passé. Le canon fut placé à l'instant de l'arrivée des grenadiers, à la queue desquels il marchoit, et commença à tirer sur la cavalerie ennemie, qui se montre^ au bord du bois, avec assez de succès pour l'obliger en moins d'un quart d'heure à changer de position ; elle se porta par sa droite vis-à-vi» les dragons où elle resta un peu de temps cachée par une petite penta que tait le terrain dans cet endroit ; elle remonta ce rideau au bout d'im demi-quart d'heure pour se mettre en bataille devant la nâtre; mais quoique sa première ligne fût fortifiée et s'étendît par sa gauche, il parut qu'elle aimoit mieux en former une seconde que de risquer, en débordant les carabiniers, de s'approcher du canon et des grenadiers ; elle forma donc une seconde ligne qui étoit absolument acculée
Cette artillerie, qui étoit restée oisive pendant le mouvement des ennemis, changea de position presqueen même temps qu'eus, et s'avança 3 l'aile droite des carabiniers, ou elle recommença à canonner la cavalerie ennemie à mesure qu'elle se fornioit, les prenant en écharpe par leur liane gauche. Le désordre qu'elle causa dans la première ligne des ennemis, où elle portoit, engagea M. le Maréchal d'envoyer ordre à M. le marquis de Mirepoix, qui étoit ^ la t^e des carabmiers, de les charger. Il y a apparence qu'ils prirent en cet instant la même résolution et par la même raison, puisqu'ils s'ébranlèrent pour marcher à nous un peu avant les nôtres. Ils avoicnt trois régiments de cuirassiers encel endroit, composant plusde deux mille chevaux. Maisquoique ' nous n'eu eussions pas plus de neuf cents entre les carabmiers et les dragons, la charge desnôtres fut si vive et si bien soutenue que,tnalgré une décharge de mousqueterie qu'ils essuyèrent à bout portant , jamais les carabiniers ni les dragons ne perdirent un pouce de terrain ; de sorte que joignant les ennemis le sabre à la main et sans tirer un seul coup , en un moment leur cavalerie fut battue , repliée et reconduite jusqu'au bois, où elle se rejebj et se reforma, apparemment sous la proleclion de son infanterie, qui y étoit, mais qui pourtant ne fut apernie que plus d'une heure après.
11 faut observer que les bois dont on parle sont, comme presque
JUIN iï«. 165
tous ceux de la Bohême, des futaies, des aliènes et d^ sapins, si clairs que l'on pourroit presque y manoeuvrer des troupes.
Quelque temps avant la charge de la cavalerie , au moment où nos grenadiers achevoientd' arriver, nous vimcs sortir du bois, par la gauche des ennemis , un régiment de Rasciens qui vinrent avec autant de fureur que de désordre par le chemin de Frauenbcr^ se jeter dans le village de Safaa;, danslequclentroitalorsendétilant le régiment de Navarre, quiétoit àlat^te de notre infanterie. Les Croates se jetèrent dans toutes les maisons dont ils purent s'emparer et y firent, des fenâtrcs, un feu très-vif sur les nôtres; ils y tinrent quelque temps, et le gros de leur troupe ne regagna le hois, où elle se sauva, qu'après avoir mis le feu à plusieurs maisons. On assure que plusieurs de ces barbares se ■ont laissés brûler dans les maisons qu'ils occupoient. Après ces deux charges, qui durèrent environ une heure et demie , les ennemis ne firent plus aucun mouvement en avant, et comme la nuit approchoit et que notre armée n'étoit pas encore toute arrivée , on ne put tenter delesallerattaquerdanslebois, sur le bord duquel onapercevoit leurs premiers rangs. Notre canon continuoit de tirer sur tout ce qui pouvoit se découvrir, et peu de temps après celui des ennemis commença à nousrépondredetrois batteries, qu'ils avaient acculées et cachées dans le bois , que l'on jugea pouvoir composer environ huit ou neuf pièces. La canonnade dura de part et d'autre jusqu'à près de neuf heures, et nos troupes qui se formoient en seconde ligne ne laissèrent pas que d'en soufirir, parce que les boulets, qui passoient sur la première, faisoient des ricochets sur le terrain, oii êtoit notre armée, qui s'élevoit e-u pente devant le bois.
■ Notre artillerie qui étoit pointée daos un angle que forraoit le bois à gauche des dragons, fit beaucoup de ravages dans les troupes ennemies qui occupoient cette (lartie, la seule que nous pussions découvrir. L'on trouva le lendemain au matin quarante à cinquante chevaux tnés ou blessés dans cet endroit , et à peu près autant d'hommes. I^ canonnade ayant cessé de part et d'autre avec le jour, les ennemis alhunèrent de grands feui dans le bois pour nous faire croire apparemment qu'ils se préparoient à recommencer le lendemain ; mais dès onze heures du soir ces feux s'éteignirent, et nous jugeâmes qu'ils faisoient la même miinœuvre qu'ils firent devant Pisek au mois de décembre j c'est-à-dire qu'ils vouloient par là nous cacher leur retraite, et d'autant mieux que notre armée, qui coucha en bataille, avoit devant elle des gardes avancées qui n'étoieut qu'à deux cents pas ou environ du bois, et à la pointe du jour nos premières sentinelles s'aperçurent gu'D ne restoit pas un ennemi devant nous.
On ne peut savoir encore quelle a été au juste la perte des deux partis; on fait monter le nombre à mille ou douze cents hommes, tant
HÉXOIBES DC D«: H LTTTŒS.
Ile», être liHmliayafMiewinM* rfhig»: H. k Ak de CbfTTfne, qHdarKcaàb ite dn tegoai, >bccb tnë «M|a d* iBtt. MM >Mi da^; M. IB «oMe de In^ a «■* k bra I^BBi d'Hft kiiK ; M. de ViitH, capétakie- K pvdn d itdMtaÀ^ i rvBÉa , a leçu m eeop de ■wumiwIum dae b boacfaa doa 1 ai
. L« ondÉden , doal M M peM irap loMr b niear, «M aMdtt— f ■caifcit, wrt— ta hrigid) de Vithy. Oa ^ Mwnk de tiiiiwimdM» k> tanene^ M. de ftww, ni il ii d* *>-
b thmof dehUale- Ob levai apeâiefCilwt, ibHi IihiIihI dlieMMuat, fw ckMp» à fa tAe As tmasmaa 4» b Bebe. e* xwfils; k m^ dT^ m^m^ de nnHHn; fane oa futre eafétaiues et deai ou bois MifcalKimi ; plnânn eatdbn M ^edqiw» Croates on Kasôca qui ioU AsapècatTlMiniDes.
U. le prince de UMowitz , ^ dès le naiiB de b mine jOHnée ■voit coaunencé à faire nartber sur atmce nr BodweH, fa Gt rétrograda tat ki trois heures après midi, toraqw'il til qix le Maréchal B'aTok point dé arrêté par les maraêt doM ea a parte ; il JH^ anéiBCBl qu'il R'avoit pas k temps de fatresa retraite hbb être cBbné,clcfal ee qui l'oMi^ a «i^ager l'aÉ^ire, ou ils ont stevraesl b^iatonp pbs perda que ooas. Le poste qu'ib aïoieut prù étoit admraMe, et ^ih feusMMt aiHBi Um sonteoM que choisi, nous aiuioBs eu bien de fa besogM à faire pov les en chasser.
Dès les OBse heares du soir, ils levérmt le sif^ dn châleati de Frauenbei^ et retiièreat ieux artillerie ; et uos géDëraai Tirent le leedemaiu eo y arrivant, des fenêtres de l'appartement, la queue de l'armée euoewie qui acbevott d'arriver à Budweisscide repasserlaMoldau, au delà de laquelle ils ont établi leur camp en l'appuyaat à la TÎHe par la
il se lit hier un gc')s détacbement de notre armée sous les ordres de M. le eootte d'Aultigué qui »'eHt emparé de la petite ville et du pout de Tbein , et ce maliu elle a décampé de la bauteur de Frauenbei^ , où elle a eouehé, pour s'avancer plus près de Budweiss, au delà des étaaga qui sont enlre cette ville et oous. Le quartier général, ijui est adiairablement bien dans une superbe noaisou de citasse au prince do Scbwartxenberg, B'a|>as remué; ainsi nousne savons encore quel parti vont prendre nos généraux.
IVI. lemarécbal de Belle-laie, quia un peu de lièvre, part cependant demain pour aller, à ce qu'où assure, uonterer avec le roi de Prusse sur nos opérations futures.
ila'yadedaraesau voyage de Saint-Léger qu«M°'"d'Antin et tk Mailly. Le Koi reTiendï-a vemlredi ou samedi.
JUIH lT4a. 167
■ Mardi prochain, l'arubassadear ttiFc aura 8on aniience de coQgé dans la chambre du IrftnQ.
M. le Cardinal est ik ]9sy depuis vendredi; il a dit à
tout le mcmde «ju'il y alloit pour tricher de végéter. Ce
ut ses termes. [1 vint iei dimanclte akalin pour 1» con-
i ut s'en retourna l'après-dlnée & Issy.M"* Adélaïde est
Ijfaérie. M™* de Ventadour est hors d'afraii* (1). M. le ma-
fehal de Nangis est mieux, mais cependant ayant tou-
* la fièvre.
" de Soyecourt mourut, il y atjuelques jours. Elle
loit Feuquières ; sa mère, ijui est vivante, est iille de
L d'Auroy. M""" d'Auroy, m^e de M""" de Feuquiferes,
toit M"* Follin. M. Folliu, soq père, étoit protégé pat
B Prince, à qui il prétendoit appartenir, et portoit
ïa livrée de Condé. Ce M. Pollin avoit épousé M"° de Bi-
aeuil, MM . de Bizeuil sont Amelot. M. de Bizenil, son père,
avoit épousé une sœur de M . Brulatt, père de M""* de
Luynes. M. de Bizeuil eut deux filles dont l'une épousa
U. de la Lande et l'autre M. Follin. M. Follin eut deux
filles, dont l'une étoit M,"' d'Auroy et l'autre M"" Bu-
prat (2), qui est veuve sans enfants. M"" de la Lande eut
cinq enfants, dont deux garçons qui sont MM. de la Lande
du Deffand. L'alné aépousé M"° deQ:iamron, fille d'une
Heur de M""" de Luynes ; c'est M°" la marquise du Deffand.
Les trois sœurs de MM. de la Lande sont M"""' d'Ampuces,
^■^ Gravezon et de la Tournelle.M'"" de laTouruelle est mère
Kgk H. de la Tournelle qui mourut il y a environ dix-hiHft
^HUts et qui avoit épousé M"" de Uailly. M"" de Soyecourt,
Hï^ vient de mourir, avoit un fils qui épousa il y a deux
(1) liB flÈvni lui reprit hier, ajanl apiirit. la mort île son inlpndanl, nommé lïinlwrt, en qitî elle avoit Itediwoup de confiant, et celle He son arrièrel^t-flls, le petit lie Soiildse. ( Addition du duc de Luynes, datée du H juin
MM. Diipral csl ViHBn;iiasont Boitr^uiffions. (P/oCedv duc
OU trois ans M"° de Saint-Aignan, fille de M. le duc
de Saint'AigDaD.
Dumardi 12, Vertailles. — J'arrivai hier 'deChaulaes, où j'étois allé jeudi sur la nouvelle delà maladie de M, le maréchal de Chaulnes. Il y étoit arrivé la veille dans de grandes souffrances d'une rétention d'urine, causée par l'humeur de la goutte qui s'étoit jetée dans la vessie, et son état étoit devenu si pressant que jecraignois même de le trouver mort en arrivant; il est mieux, quoique la fièvre subsiste toujours. Voici ce qui s'est passé pendant mon absence.
H'" de Boufflers, fille de M™ la duchesse de Boufflers, dame du palais, mourut il y a deux ou trois jours d'une fiuxion de poitrine ; elle avoit quatorze ansetl'on comptoit qu'elle épouseroit le fils aîné du prince de Craon.
M"' de Montboissier, femme du commandant des mousquetaires noirs, mourut aussi il y a deux ou trois jours.
Le primat de Pologne mourut, avant-hier au soir, du pourpre, chez Girard, baigneurà Paris. Les médecins, qui donnent toujours des noms extraordinaires aux maladies, disent que c'est du pourpre blanc. Le primat étoit Craon ; il éloit prêtre ; il y avoil environ un an qu'il étoit & Paris où il se dlvertissoit fort bien; il étoit jeune et extrêmement gros.
H. le marquis de Mirepoix , qui avoit été envoyé par M. le maréchal de Broglie A l'empereur pour lui refidre compte do l'affatre de Sahay, dans laquelle il s'est extrôroemenl distingué' à la t^te des carabiniers, est arrivé ici depuis trois ou quatre jours. On ne dit pas encore quel est le sujet de la commission dont il est chargé. Il paroU par le compte qu'il a rendu  M. le Cardinal et par toutes les lettres que nous avons reçues de MM. de Boufflers, d'Aubignè, celle de M. de Belle-lsle à M"" de Luynes, uue soconde de M. de Bcienval à M'' sa mère, et par plusieurs autres lettres particulières, que les dragons
^P JUm 174S. 16fl
^f ont fait des prodiges de valeur et que l'on a été content de la manière dont mon filss'y est comporté. Je joins ici copie de la lettre que M. le maréchal de BrogUe lui a ■■écrile à Prague (1).
^L Ce matin l'ambassadeur turc a pris son audience de foongé; c'étoit dansla chambre du trône (2), et l'on n'a point quitta le deuil pour cette cérémonie. Le Roi, après la messe, est rentré à l'ordinaire dans son cabinet, d'où il est sorti peu de temps après par la petite porte qui lonne dans la chambre du trône. Le trône avoit été un lu avancé, de manière que M. de Bouillon, MM. d'Aulont et de Gesvres (3) étoient derrière. M. le Cardinal itoitau coin de l'estrade ducûté de la cheminée; tous les lilecrétajres d'État étoient rangés le long de ladite estrade. H. le duc de Chartres, M, le prince de Dombes , M. le comte d'Eu et M. le duc de Penthièvre étoient aussi le long de l'estrade, les courtisans rangés sans ordre , en haie, dans la dite chambre, des deux eûtes, depuis le trône jusqu'à la porte; les portes gardées par les huissiers, L'ambassadeur a eu l'honneur des armes. La garde fran-
t^ise et suisse étoit eu haie dans la cour et a rappelé. 11 kvoit monté dans le carrosse du Roi entre les deux écuries, & l'ordinaire, ayant à côté de luidanslefondM. le prince de Lambesc, àsa gauche, et M, de Verneuil, sur le devant. Le fils et le gendre de l'ambassadeur et un autre Turc, qui est l'interprète, étoient aussi dans le carrosse du Roi. Le carrosse de la Reine sui voit celui du Roi ;d étoit rempli desprincipauxTurcsdelasuitederambassadeur, avec M. Destournelles sous-introducteur. Devant le carrosse du Roi raarchoit le carrosse de M . de Lambesc et celui de M. de Verneuil. Deux valets de pied du Roi et deux de la Reine
(1} Celle Idtre manque dans l(
(2) Le salon d'ApoUan , dans les glands apparCcmenls de Versailles.
(3) Il esl arriTé de Francfort II y a trois ou quatre (ourg, ( JSote <lu duc de
170 ftI£)IOIRES un DDC DE LUTIÏES.
aUeodoieat ks carrosses i la grille de la grande Mar, d'où il les aecoinpagnèreDt marchant ua à chaque pcw^ tière. L'ambassadeur vint descendre dans la salle des ambassadeurs, où il attendit que M , de Vei-neuil vlnl l'avertif . AusfilAt qu'il fut averti, il monta par l'escalier de marbre, qui étoil garai par les Cent-Suisses, lesquels rappelèrent. A la porte de la première pî^ce , au bani de Tesealier, il trouva H. le duc de Bétbune et tons les officiers des gardes du corps; les gardes du corps sons les armes étoient en baie dans cette pièce. Les officiers marcbèrent devant l'ambassadeur, ensuite l'ambassadeur veooit marcbant entt-e M. de Lambe^ et H. de Béthuoe, M. deVerneuil un peu derrit^re, et on ouvrit les deux battante. Les principaux officiers de la suite de l'ambassadeur marctioient immédiatement avant les ofSciers des g^afdes. Tous les Turcs se rangèrent en haie dans la chambï* ds tr6ne, sans faire aucnne révérence ; ensuite les officiers des gardes se mirent anssi en haie, H. de Bétbune près da trône. A la première révérence de l'ambassadeur, le Rot ôta son chapeau, il le remit ensuite, et éconta le compliment de l'ambassadeur qui fut fait en langue turque , soivaut l'usage; l'interprète expliqua ensuite le discours. Le Roi y lit une réponse assez longue, ensuite il se leva de sou If Ane^ et l'ambassadeur reçut des mains de M. Antelot la lettre pour le Crand Seigneur. L'ambassadeur la remit aussitôt et un de ses principaux officiers ; c'est le même qui portoit la lettre du Grand Seigneur au Roi, à la grande audience; il couvrit la lettre du Boi de la même manière (ju'étoit celle du Grand Seigneur, et la porta ainsi co»verte devant l'ambassadeur, au retour de l'audience. Le Roi fut deboutquelqae temps à faire la conversation avec l'ambassadeur; l'ambassadeur lui présenta son lils et son gendre , comme cela s'étoit passé à la première audience. Il se retira et fut reconduit avec le même cérémonial; il dîna dans la salle en bas, suivant l'usage. 11 n'y avoit à dîner que les six persoanes qui étoient dans
îërâSMSB da Roi. Le reste des Turcs de la saiie eurent à dlaeraugmnd commun. L'asa^e môme est de donner à dîner aux valets de pied du Roi et de la Heine , ce qui fut exécuté. L'ambassadeur alla après dîner voir les eaux et les jardins et repartit à sept heures et demie, et fut reconduit dans les carrosses du Koi et de la Heine jusiju'entFe les deux écuries. J'oubllois de marquer qu'après l'audience du Roi, l'ambassadeur fut chez la Heine , mais sans aucune cérémonie ; la Reine étoit debout dans sa chambre. H. de Veroeail accompagna l'anabassadear ; M. de Lambesc y étoit aussi, mais comme courtisan. L'ambassadeur eut aussi une audience de M. le Daupbin ; c'étoit dans le cabinet d'*Hade, parce que M. le Dauphin couche actuellement dans son grand cabinet, sa chambre ayanlétéraccommodéedepuis peu. M.le Dauphin étoit dans un fauteuil sans trône; il avoit son chapeau sur la tète et l'ôta à chacune des trois révérences de l'ambassadeur, après quoi il le remit sur sa tète. Il y avoit beaucoup de jucnde chez M. le Dauphin ; M. de Lambesc, ni personne ne se couvrit; cela s' étoit passé de même chez le Roi. M. le Dauphin n'avoit point été à l'audience du Roi > et les princes du sang ne furent point à celle de M. le Daupbin.
' Le Roi est parti aujourd'hui pour retourner à Saint- Léger; il n'y a de dames à ce voyage que M"" de Mailly, M°" la maréchale d'Estrées et M™* la duchesse de Ruffec. Le Roi retournera encore la semaine prochaine faire un
ou deux voyages courts; c'est la semaine deM'"'deMailly.
On parle d'un voyage de Navarre poui' la semaine d'après. Hior, la Reine fut sans aucune dame du palais, pas
m^me des quatre de semaine, fl y en a deux malades à
Paris; ^"''de Montauban y alla pour une affaire, et
M"" (l'Antin n'arriva qu'après souper.
J'ai oublié de marquer ci-dessus que le Roi accorda ,
ilya huit ou dix jours, une pension de 2,000 livres à
M"" de PolastroD. On avoit lieu d'espérer un traitement
plus favorable, d'autaot plus que le Roi avoit accordé peu de jours auparavant 500 écusdepensionàcbacuudes deux enfants de M. de Leuville , et que la famille de M, de Polastron perd par sa mort plus de 25,000 livres de rente des bienfaits du Roi.
Onapprit il yadeuxou troisjours, par un courrier, unô petite affaire arrivée en Bavière, qui n'a pas été avantageuse pour nous. On en trouvera le détail copié ci-après, envoyé par M. de Puysieux dans une lettre éci-ite àM™°de Luyaes, par laquelle il rend un très-bon compte de ceti action.
A Nieder-MtcKh, 30 mai 1742.
« Voici la relation d'une très-petite aventure qui nous arriva avaat* J hier, l'infaDterie et la cavalerie s'y étant pitoyableiiieDt comportëes^a ce qui arrivera toujours lorsqu'elles seront menées sans précautioiu
■ M, le duo d'Harcourt ayant reçu une lettre de l'empereur, il J . a quelques jours, qui le pressoit d'aller en avant et de ne pas soufftitl qu'une troupe de canaille (t) dévastât toute la Bavière, et voyant que les ennemis pensoient à prendre des établissements fort près do son camp, écrivit au maréchal de Terring qu'il seroit bon qu'il conférât avec lui sur la position où il se trouvoit. Le maréchal y vint accompagné de six cents dragons et deux cents cavaliers bavarois. Dans la conférence qu'ils eurent ensemble, on convint que l'on feroit une promenade pour aller reconnoître les ennemis de très-près, et 'que l'on prendroit pour cela quatre petites pièces de campagne, 800 chevaux bavarois, 600 fraftçois et 2,300 hommes de notre infanterie, dont tous les grenadiers feroient partie.
" Lra choses arrangées ainsi, on partit le 38 au matin à trois heures, Nous rencontrâmes ,' chemin faisant, trois camps <ie houssards et pandours, qu'ils levèrent en grande hâte a notre approche, et qu'ils brûlèrent pour nous dérober leur retraite ; chose d'ailleurs assez facile dans us pays tout montueux et couvert de bois.
Arrivé â portée des ennemis, le maréchal de Terring, aussi brave de sa personne que méchant homme de guerre, qui vouloit engager dans une affaire , à quelque prix que ce fût, ne doutant pas du succès,
(]) Il est question de M3 hordes icCi-oates, de Hongwis, de Rasciens, qai sous IcanorasdePandours/l'alpachea et hussards, commirent les plus horribles violences dans toule la Bavière.
porta avec ses 600 dragons jusque sur remieini ; cela obligea M. le
ic d'Harcourt d'avancer pour le Eoutenir, n'ayant encore dans ce
lomeat-là avec lui que sa cavalerie et huit compagnies de grenadiers,
l'iafanterie éloit restée derrière aux ordres de M. de Kouville avec
te canOD, et a'étoit égarée. Les ennemis étuient postés au-ikssoui; du
cliâteau de Rilkersperg, dans deui bois séparés par une petite langue
de terre très-étroite et y étoient retranchés; ce queToDue savoit pas,
et qui assurément aurait dû être reoonnu avant d'aller à eux.
L'on lit doncatlaquer ces deuxboispar les boit compagnies de grena-
etla cavalerie fut placée sans rime ni raison daos la petite langue
terre entre ces deux bois dont le feu la prenoit par les deux flancs,
etoù elle ffavoit pas de terrain pour faire la moindre manœuvre; aussi
n'y tint^elle pas longtemps! Les dragons bavarois et la compagnie
franche de Romherg se replièrent en confusion sur cette cavalerie, et
'^'ébranlèrent en telle sorte que tout ce que Je pus faire fut d'en rassem-
dans safuite trois troupes mêlées de toutes sortes de régiments, et
pour donner cœuraux grenadiers qui commençoieat déjà
il fuir de là ; on ne, pensa plus qu'à se retirer.
La cavalerie et les grenadiers remis de leur première frayeur commencèrest à se rallier et à reconnoître leurs officiers. On se reforma sur la bautear par laquelle nous étions descendus ; mais tout cela se fit si mollement, que 600 hussards seulement auroient pu presque détruire ce détachement.
L'on 3 perdu environ 300 hommes, quelques offlcierssubalternes,
plusieurs chevaux de cavaliers tués. Ma cuirasse m'a sauvé la vie.
Les grenadiers de Normandie ont beaucoup perdu parce qu'ils se sont
tués les uns les autres, et je n'en puis douter car je l'aivu. M. de Tal-
teyrands'yest distingué et un capitaine du régiment de Broglie, nommé
M. deTorsac; le comte deNoailles y a fait aussi onue peut mieux. On
ne peut exprimer la douleur du pauvre duc d'Harcourt qui s'est exposé
beaucoup plus qu'il ne devoit. L'affaire en soi seroit fort peu de chose ,
n'étoit fort à craindre qu'elle n'ait découragé les troupes du Roi.
de Lislebonne a été &it prisonnier et renvoyé sur sa parole. Nous
iprenons que les ennemis ont encore fait passer des troupes de ce
aqu
Hstei
etoù
franc
H^'ébri
■EUer
■3e le
■ iifu
J'appris en arrivant de la campagne hier, queM. le ma- 1 de BFog-lie a été fait duc ; cette grâce lui fut accordée dimanche au soir. C'est un duché héréditaire Xtmine celui de M. de Belle-Isie. M. l'abbé de Broglie et I. le chevalier de Broglie, qui est dans la marine, allèrent sur-le-champ remercier le Boi. L'abbé de Broglie n'avoit
point encore fait sa cour au Roi ni & la Reine, et le chevalier de Broglie vient si peu ici, qu'à peine y esf-il connu. M. le Dauphin et M. de Chàtillon étoient dans le cabinet du Roi, lor.stju'on avertit S. M. que MM. de Broglie étoient dans sa chambre pour lui faire leurs remei'clments. Le Koi les ût attendre trois quarts d'heure, de manière que M, le Dauphin étoit parti lorsque le Roi parut dans sa chambre. Le Roi reçut assez froidement le remerclmentde MM. de Broglie. IlsallÈrent ensuite chez la Reine, où ils furent mieux reçus. La Raine s'iatéresseàM. de Broglie parce qu'il est ami deM.deNangis. M. de Nangis avoit demandé à servir sons M. de Broglie, sans être payé comme maréchal de France et même pour rien, et M. de Broglie avoit paru désirer d'avoir M. de Nangis avec lui ; le refus qui fut fait à M. de Naagis esten partie cause de sa maladie ; il le dit même il y a quelques jours ^ M. le Cardinal, qui alla' le voir, et en termes assez forts, car illui dit : « Monseig:neur, vous êtes la cause de ma mort. » M. le Cardinal fut un peu embarrassé de ce discours, auquel il ne pouvoit s'attendre, et lui dit pour se justifier que le Roi o'avoit pas cru que sa santé lui permltde servir; sur quoi M. de Nangis lui répondit : a Ce n'est pas à moi , monseigneur, qu'il faut donner cette raison, puisque la décision dépendoit.de vous. •»
Du tnardi 26, Versailles. — Un second voyage que j'ai fait k Chaulnes , d'où je revins le mercredi 20 de ce mois, m'a empêché d'écrire aussi exactement.
Le Roi revint ce jour-là de Saint-Léger, où il n'a couché qu'une nuit. Il n'y avoit point de dames à ce voyage;, c'étoit la semaine de M"" deMailly; il n'y eut à Saint- Léger que M""" la maréchale d'Estrées, qui y étoit restée dans l'intervalle de deux voyages. Le Roi y retourna samedi dernier et y reste jusqu'à jeudi; il devoit y avoir à ce voyage M""' de Mailly, de Saint-Germain et d'Anlin; mais M'"" d'Antin a eu des affaires qui l'en ont empêchée.
La reine d'Espagne, Louise-Elisabeth d'Orléans , qui
toit née lelld^cembrel709, mourut subitement au pa-
sûe Luxembourg, le 16 de ce mois, eu dînant; elleéloU
vbydropique et avoit été à l'extréniité il y a quelque temps ;
r elle étoit depuis peu retombée malade ; elle étoit dans une
I grande piété , passant sa vie dans les églises et ne voyant
personne. Le Roilui avoit donné en la mariant 900,000 li-
we» de dot, lesquelles, à cause du change, moutoientàen-
\ TÏron quatre millions, dont il lui payoit 200,000 livres
d'intérôl. Ce fonds revieutàM. le duc d'Orléans. 11 estdd
outre cela il la reine d'Espagne plusieurs années de la
pension que l'Espagne devoit lui payer et qui étoit d'un
JDillioo par an, Elle a été payée d'une partie la première
I OU la seconde année ; ainsi cette dette est encore fort
F considérable (1).
M. Alexandre , l'un des premiers commis des bureaux l 'de la guerre , mourut le 17; il étoit extrêmement estimé; U y avoit grand nombre d'années qu'il étoit A la iète de ce bureau ; on lui reprochoit un peu de sécheresse, mais il étoit juste et éclairé.
Il y avoit deux contrûleurs généraux chez la Reine; l'un est le mari de la nourrice , l'autre étoit un ancien valet de chambre de l'eu M. le Duc, nommé Chéron; on n'a point rempli cette place,
le Dauphin continue toujours à monter au ma-
F tl) H. le carë iie Salat-Siilpice, quE est venu Ici aujourd'bul, nous n dit qu'il
' It Taire liatii leï Bouteirnliu île aon «gliae iin caveau tiparé et fermd
ir bt rcàna d'Espagne «eulei qu'tl avoit Tait mettre iiii' sa toinlw ; cy-gft
Hiabtlh, reine dowairière d'Espagne; que M. le duc d'Orléans avoit élé
e qo'oa n'avoit pas mis Élisabetli d'Orléaua, Reine, etc., el que
L Ivt H- te curé avoit répondu qne la reine d'Espagne avait demandé l'épUaptie
telle ifù'ot l'a mise, et que d'ailleurs la titre de Reine l'emporloit aur le nom
de bmjlle. U noue a conté au«ei la làton singuliËre avec laquelle le duc
d'ilbe, mort k Pari», avoit désiré par aou tealatiicnt qu'on l'enterrAt. C'étoit
tTcc une chemise neuve de la plus belle toile, garnie de point neuf le plus beau
qn!) seruit possible de trouver; un habit neuf de drap de Varobei brodé en
le (lerruquii toute neuve, ea canne à aa droite ilanssuji cercueil, et
' <M ep«e à gauclie ; ce qui fut exécuta. ( Addition du duc de Luanet, ilat^e
Ans août 1742, Versailles. )
nége et y réussit fort bien; le Roi alla lundi 18 le voir
monter.
Nous apprîmes ce même lundi 18, à Chanlnes, la nouvelle du gain du procès que mon ÛIs a gagné à Toulouse contre M"" de Caylus, Il s'agissoit de terres en LaDguedoc' , faisant partie de la donation faite par M"' de Saissac à M. de Grimberghen et par M. de Grimberghen à mon fils. M. de Bayeux , mon frère , avoit bien voula aller àToulouse solliciter le jugement de ce procès.
Le mardi 19, l'ambassadeur turc vint ici avec Ifes autres ambassadeurs, et dîna chez M"' de Mazarin.
Dimanche 17, M°* la duchesse de la Force présenta ici sa nouvelle belle-fiUe qui est fille de H. Amelot; on dit que sa figure est assez bien. Comme c'êtoit pendant mon alfâence, je ne l'ai point vue.
M™ la princesse de Hontauban fait part du mariage de M"" sa fille avec M. le comte de Westerloo. C'est im seigneur de Flandre fort riche [l] ; c'est l'alné de la msûson de Hérode , ïl a vingt-huit ou trente ans ; M^ de Hontauban eu a quatorze ou quinze el est fort laide. Elle a deux frères, dont l'un s'appelle le prince Charles, et l'autre' le prince Eugène, et une sœur .qu'on appelle Bf" de Rochefort , qui est encore fort petite, mais extrêmement jolie.
Mercredi, en arrivant à Paris , j'appris les tristes nou- Tellesde Bohême. Après le combat de Sabay dont j'ai parlé ci-dessus, H. le maréchal de BeUe-lsIe éloit allé conférer avec les rois de Prusse el de Pologne sur les opérations de
(1) Uj a d^ lo■I{taI^M que atm pèn «stnort Uhâaal S00,000 Oorinsde d«tlcs, qui iiknl 1,600,000 liiT«& M. ■)« Wtsterioo ) bil ira amngerMOt apris U mori de aaa pèn paar payer ses «^aatien; il a 350,000 livres' de renie; ftt cet amneentat il ae s'ra rst tiserté qiK 70,000 d ■ bàsié le surplus anultts créaBders , jn^s^a a c qu'Us loieiri P>}'^- 0 ï > ^^ raottit des drites d'MqnitMes, d daK âepl ou linil au , if jouira de ses mrma* ta , rafirr. L'aufK ea fUtên, ibas les çraïKles naiso», esl de m poial vendra bs teins H de pajer les d«fleï sur Its mtwas^ Le cimtral doit ébe ^gti demaÎB 19 juio. ( .Uililio» du dHi- dt lufmtt, ibHe da 37 jida. )
JUIN 174a. 177
lacampagne.M. le maréchal de Broglieavoitenvoyé M. le «omte d'Aubigné s'emparer du poste de Theia de l'autre côté de la Moldau , et avoit porté en avant M. de Boufflers jusqu'à Crumau, le gros de l'armée restant à Frauenberg. Le prince Charles, qui étoit près de Deutsch-Brod, s'étant jointau princetle Lobkowitz, ces deux armées marchèrent le 6 à Thein (1) , el ayant fait passer la Moldau A un gué, B. d'Aubigné fiit obligé de se retirer sur le maréchal de Sroglie, lequel voyant que les ennemis .s'avaoçoient à li et qne leur armée étoit fort supérieure à la sienne, envoya avertir M. de Boufflers d'abandonner le poste de Crutnau, et se retira lui-même àPisek, où il a demeuré deux jours ; mais voyant que les ennemis tournoient ce poste par Strakonitz et Stickna, pour éviter qu'ils ne se portassent entre Prague et Pisek, il prit le parti de se retirer à Beraunet Konigsaal, d'oùil apassédepuisla Moldau et est «ampé au-dessous de Prague.
Extrait d'une lettre écrite de Prague, te \2jmn 1743.
Ma maladie m'a sauvé mille écus , car si j'avois été ea état d'eutreprsQdre la lampagnej'aurois eu le surt des autres qui ont perdu leurs équipages. Nous avions eu, comme je vous l'ai maudé, une aventure unique et heureuse à Sahay, et l'objet se trouva rempli dès le mËme jour puisque les ennemis levèrent le siège de f raueoberg ; mais il ne il pas y rester dix à douze jours, comme M. le marécbal de iglie, et séparer son armée à cinq lieues sur la droite et autant
avec un appareil menaçant M, de Lobkowilz.
I.es ennemis, après la bataille du roi de Prusse (2), voyant qu'il les
lit tranquilles, ont pris le parti d'aller secourir a la sourdine M. de
Iiobkowitz, qui demanda un prompt secours. Ils avoieut pris le parti de
tnarchersur la Moldau, bGh de tomber tous ensemble sur M. de firo-
t^e, que M. de Lobkowitz savoit bien lui-même éparpillé, car il le pou-
Toit voir aisément. Ils ont débouché par lepont de Thein, qui étoit gardé
M. le comte d'Aubigné, lieutenant général, avec une brigade d'in-
81 une de cavalerie. M. d'Aubigné a fait retraite fort précipitée
'Thein, sur Is MoWau, un psii an non! rte Franenberg et de
avec perte de quelques orSciers et d'une centaine de soldais et cari-
lîers et de lous les équipages des deux brigades.
" M. de Broglie a été obligé de faire sa retraite, les ennemis étant plus forts que lui. Il y a eu dans cette retraite comme dans l'autre , bien de la confusion et beaucoup d'équipages perdus. H. le marquis de Tessé a tout perdu g M. le marquis de Clermont, psrtle de ses cliaF' rettes ; sa vaissellt; a élé sauvée ; M. du Cayla a tout pwdu ; le majorgéuéral aussi , et une iuliuilé d'ofliejws particuliers qui n'ont que la chemise qu'ils avoieut ce jour-lù.
a M. le Maréchal s'est retiré d'abord à Posel, etcommeon le suivoït de près vers Protiwin, il a fait ferme ; la nuit survint; y il avoit on ruisseau à passer Les ennemis, qui suivant leur méthode s'en Cent depuis peu a nous, contents de la place qu'on leur eedoit et du butin et vivrez, ne voulurent rien engager. Il marcha la nuit, et par cette marche dérohèe, arriva tranquillement, le T, à Pisek. Il auroit pu s'y relrauclier sûrement ; mais il ne voulut pas , et lit marcher a Beraun, Personne ne suivoit, ainsi il n'y cul que du bon ordre. Ce qui l'obligea à cela , c'est qu'il s'imagina qae les ennemis le tournoient par Sirakouiti.
•t Arrivé à la Beraun, il a cru n'y pas être en sdreté et qu'il ^toît suivi : il a passé la nioldau , au-dessus de Prague, la nuit du 1! au 1 3, pour se mettre derrière Prague , qui étant â découvert d'un coté nous donnera la visite des hussards.
- Voilà une fort vilaine aventure qu'on auroit pu éviter si M. de Broglie eût voulu peser les raisons que M. je maréohal de Belle-Iste lui proposa la nuit qu'ils couchèrent ensemble à Sahay ; qui étoient ou d'attaquer le lendemain les ennemis épouvantés do la veille, avant que le prince Otaries en eût nouvelle, et de prendre des postes de l'autre côté , qui sont meilleurs pour la défense que ceux d'en dei;à , ou de sa retirer à Pisek, et de s'y retrancher derrière la Wnttawa et attendre là l'arrivée des recrues et des milices qui dévoient arriver le la. , Le parti étoit d'autant plus convenable que l'objet était rempli, le siège de Frauenlicrg levé , le château mis en état de défense, et nom avions par devers nous un combat victorieux. Ou n'a pas voulu l'en croire , et on perd l'armée. Si le repentie pouvoit y remédier, cela seroit beau ; mais je sais par plusieurs ofliciurs généraux présents qtn le maréchal de Bellc-Isie a prédit à M. de Broglie ce qui lui arriverait. '
• Faisons la paix, Monsieur ; les ressources de Al. de Belle-lslo et de M. de Sechelles ne peuvent se renouveler tous les Jours daim un pays ruiné et qui a été mangé par bien du monde. »
Aa camp sous Prague, te 13 juin 1742.
1 I,c >î, sur les quatre à cinq heures du matin, le prince Charles
JUm 1742 17g
|)arul avec toute sou année devant Thein, que M. d'Aubigoé oetupoit depuis quelques .jours avec les brigades de ia (harine et de Royal- Allemaud.
" Les enuemis établirent en arrivant deux battPries sur ces brigades, et au premier coup de canou un grand nombre de hussards , Croates l et Rasciens passèrent la Mnidau au gué par plusieurs endroits, et vinrent fondre sur nos troupes de tous câlfe pendant que le corps de à l'armée s'avançott au bourg de Thein pour gagner le pont. Malgré ft j grand nombre d'eunemis qui avoieni passé la rivière , M. d'Aubigné | se retira avec ses deut brigades, non sans quelque perle, sur lechemto f de Frauenberg a Wodnian , où il trouva son armée qui se retirolt j de son cdié.
" M. le maréchal de Brogli e ne tut informé de l'aventure de Tbeia i que sur les neuf heures du matin; il envoya aussiltit ordre à M. dt , Boufllers, qui étoità Crumau avec la brigade de Navurre et les régi' ments de mestre de camp , Dauphin et Surgères ( dragons ) , de se retirer le mieux qu'ils pourroient par >Vinterberg et Sirakonitï , eequ*!! ' a parfailement bien exécuté. M. le maréchal de Rrogiie donna ordre à l'armée de se tenir prête à marcher le plus tôt qu'il seroit possible , ' mais elle ne put se remettre en marche avant deux heures après midi , toute la cavalerie et les chevaux d'équipages étant au fourrage ou à la pâture.
" tia proximité ofi nous étions de l'nrmérde M. del-obhowilz, les vedettes de nos gardes avancées étant à portée presque de pouvoir se parler, ce général , étant instruit d'ailleurs de ce qui s'étoit passé à Thein, au moins aussitôt que nous , se mit eu marche pour suivre l'armée de M. le maréchal de Broglie, el fit attaquer notre arrièregarde, presque en sortant de son camp , par un nombre considérable de hussards , Basciens , Talpnches et Pandours, qui nous suivirent de fort près pendant notre retraite , et firent un feu continuel sur notre arrièi%-gurde depuis deux heures après midi jusqu'à la nuit Les carabiniers, qui faisoient l'arrière -garde avec S2 compagnies de grenadiers, se sont comportés avec leur courage ordinaire et toute la valeur possible. ÏJi retraite s'est faite au petit pas , sans que les ennemis nous aient entamés ni fait des prisonniers que lefi grenadiers ou carabiniers qui étaient dangereusement blessés. Nous avons eu dans cette occasion quatre à cinq cents hommes tués ou blessés , et plusieurs ofHciej^ des deux corps. Le feu a été long et très-vif. Onnesauroittropselouer de ces valeureuses troupes, surtout de M. le marquis d'Armentières, qû commandoit les grenadiers ; il s'est comporlé avec tout le courage possible , beaucoup de sang-&oid, et en oFCcier consommé dans son métier. Le chevalier d'Apchier, qui commandoit la totalité de l'arrièregarde a eu ses deux aides de camp blessés à e^té de lui ; chacun d'un
ira MKMlMRtS DL' DUC DE LLTRES.
«nopde feu , Tua a la télc tres-daogermseinail, l'autre très4égêreaKab Ce dentier , qui est M. de la Tour >f Auvergne , a eu aussi on cheni blesié sous lai. flous iguoroos la perle que les eDDemis ont faîte " doirent avoir perdu considérableiDent par le grand feu que dous leOE
- Kotrearriére-garden'aTrivaàWodnian qu'à trois heures du matât, où elle 6i halte Jusqu'à ce qu'une grande partie des équipages et ce qii éloit resté en arrière de notre infanterie eût passé le pout.
-M. le maréchal de Brogtie donna ordre de laisser dans Wodnian les 33 compagnies de grenadiers ; les carabiniers passèrent la rivière gué et se mirent en bataille sur les hauteurs de Wodnian. A peine f fûmes-nous arrivés que la même quantité de hussards, Rasciens , PaodouTS , qui nous atoient suivis jusqu'à la nuit , vinrent reeonnoitre ce que nous avions laissé dans Wodnian , dont ils n'approchèrent qu'avec beaucoup de discrélioD.
■' Peu de temps après nous aperçâmes l'armée de M. de Lobkowitz qui marcboit sur Wodnian par le même cliemiu que nous avions tenu il vint se mettre en bataille à la portée de la carabine de Wodnian * faisant le demi-cercle autour de l'autre câté de la rivière.
- M. del-obkowitzfitsommerM.d'Armentières, qui étoit resté avec les grenadiers, de se rendre, et lui Bt dire qu'il feroit la meilleure composition; M. d'Armentières répondit à ces propositions en homme tel que lui. ISous vîmes à peu près dans le même temps surnotre gaudiC l'armée du prince Charles venant de Thein marchant sur Protiwin. M. le maréchal de Broglie avoît résolu de camper à Protiwiti , et les troupes alloient entrer dans le camp qui venoit d'Être achevé de : quer, lorsqu'il fut informé de l'arrivée des deux armées ennemies. Il occupa aussitôt les postes nécessaires et mit son armée en bataille,! droite appuyée à ta hauteur de Wodnian, la gauche s'étendant du cô de Protiwin, la cavalerie dans le centre.
» Le prince Charles mit son armée en bataille de l'autre câté de la rivière , la droite appuyée sur les hauteurs de Protiwin et la gauche du G^té de Wodnian, que M. de Lobkowitz alla joindre avec son arméO; à quatre heures après midi , quand il eut vu que M. d'Armentiêrefl n'étoit pas homme â écouter aucune proposition. Pïous fîmes tirer quelques volées de canon sur cos troupes ; le prince Charles en fit tirer sur la brigade de Piémont qui occupoit une ferme sur le bord de U rivière; le reste de la journée se passa fort tranquillement, les deux armées eu bataille et â la portée de canon, n'étant séparées que pai la rivière, qui est guéable en plusieurs endroits.
• Les armées duprinccCharles etdeM. deLobkowitz étant près de troisfoisplusfortesquelauôtrc, M. le maréchal de Broglie ordonuaque leséquipages se rnettroient en marche ii la nuit, que l'armée suivroitpour
de Kesman occuper lecam|i<iel>isek. H éloit deux heures 6t demie du matÎD, et le jour comtnencoil îi poindre lorsque arrière-garde de uotre armée, commandée par le chevalier d'Apchier, et !S méroea troupes qui avoient fait l'arrière -garde , la veille, sortirent au camp et se mirent en marche ; ces troupes avoienl été renforcées par 300 carabiniers tirés du corps de la cavalerie et de quelques hug- Bords.
• Il y avoit tout lieu de croire que cette arrière -garde seroit attaquée plus vivement que la veille, partant de son camp h la vue et aussi lès des emiemis ; elle arriva cependant au pont de Kestr/an, où elle issalaWottawa,san3avoirvuqueqiTelqueshussards,quoiqu'ellefîtde fréquentes et longues haltes pour ramasser les traineurs et leur donner le temps de passer la rivière.
" Sur le midi, les ennemis vinrent sonder les gués au-dessus et au- 4essona de Kestrzan, et s'emparèrent du chSteau ; mais ils en furent chassés par des compagnies de grenadiers que l'on y envoya avec le S''Gati]au et sa compagnie franche. M. le duc de Boufllers y arriva le ir avec la hrigade de Navarre et les trois régiments de dragons qui fevenoient de Crumau.
< M. le maréchal de Broglic avoit résolu d'attendre l'ennemi dans son amp de Pisek, et le combattre s'il venoit l'attaquer par le chemin de toliwin; mais ayant été averti par M. le duc de Boufflersqiie l'armée mie marchoit sur Kestrzan et Strakonitz, qu'elle nous tournoit, t que l'avant- garde étoit très-près, M. le maréchal prit le parti d'abanin camp de Pisek ; il laissa 400 hommes dans la ville, et St nettre l'année en marche sur les deu\ heures après midi pour aller h tirowitz,etdeiàtoutdesuiteà Przibram, sans s'arrêter que deus ou rois heures. Notre arrière-garde, commandée par le chevalier d'Aphier, avec les mêmes troupes des jours précédents, étoit à peine sortie ^Q camp de Pisek, que les ennemis y entrèrent; ils n'osèrent pas nous taquer et nous ont peu inquiétés pendant les deux jours que nous mus marché de suit* et sans repos pour arriver fi Przibram. Depuis ) temps-lâ, l'armêejennemie ne nous a suivis que de loin ; on dit que D projet est de venir nous combattre; si elle vient nous attaquer dans ï camp que nous occupons , M. le maréchal de Broglie a résolu de Fy attendre, quoiqu'ils soient fort supérieurs en nombre. Notre camp "Il bon,àce qu'on dit; je n'ai pas encore eu le tempsde lereconnoître. On dit aussi que les Prussiens doivent nous envoyer quatre bataillons de grenadiers et raille hussards, tes Saxons doivent nous envoyer aussi dix escadrons , quatre bataillons et mille hutans. MM. de Danois et 4'Estrées, maréchaux de camp, nous amènent à Pilsen huit halaillons de « avec le reste de notre cavalerie qu'on avoit laissé sur les derres. Je souhaite que tout cela arrive à propos ; si tes ennemis ne
18Î MÉMOIRKS UU DLC DK LUTIVES.
changeot point de résolution , nous comptons qu'ils viendront dous attaquer samedi ou dimanche. Nous nous reposerons en attendant; nous en avons un grand besoin. «
Cette retraite de M. le maréchal de Broglie a donné occasion ici à différetils raisoBnements ; à Paris et ii la Cour, les esprils sont partagea en deus partis, les uns pour 51. de Broglie, les autres pour M de Belle- Isle. La Reine, M. de Wauf^is , M"* de Hazariu, encore plus M. de Châiilloo, presque tous les ministres, surtout M. Orry et M. de Maures pas, soutiennenl vivement M. de Broglie. Le Roi paroît aimer M. de ■ Belle-Isle ; M""" de Mailly le soutient fortement ; beaucoup de gens (Itlî entourent le Roi sont aussi dans ses intérêts; presque toute l'armËfr de Bohême et une partie de celte de Bavière fort attachées à M. de Belle-Isle. Tous les ISoailles, hors M*"" la comtesse de Toulouse, i ~ menl pas M- de Belle-lsle.
I.es Broglie soutiennent donc que l'on ue pouvoit faire mieux que ce qui a été fait; qu'il éloit très-avantageu\ de s'être emparé de Tbeia> et d'avoir poussé un poste considérable jusqu'à Crumnu; que M. dft Broglie avoit raison de compter que le prince Charles seroit tenu en bride par le roi de Prusse et ue pnurroit par conséqiieut faire aucun mouvement poitf se joiudce h M. de Lobkowita ; que dans cette si tion, M.deBroglien'avoit rieuàcraindrequeM.deLobkowitZBeul, et qu'il étoit posté de iacon à pouvoir plus facilement excécuter ce qqi seroit résolu avec les alliés. Il me pamitqueles zélés Broglieveulentausd • imputer quelques fautes à M. d'Aubigné, que l'on sait fort ami de M. d# Belle Isle; ils ajoutent que le roi de Prusse n'ayant voulu rien faire et ayant laissé la facilité aux deux armées de se joindre, M. de Broglie quj| étoit extrêmemcntinférieur, s'est conduittrès-sngement en prenant le parti de se retirer ; qu'à l'égard du poste de Pisek, il avoit bien pu s'y maintenir tout l'hivcrn'ayant affaire alors qu'à l'armée seule de M. dis Lobkowiti, et ayant fait fortifler Pisek , dans la partie qui regards Budweiss, de manière à n'avoir rien à craindre ; mais que dès ce temps il avoit dit que ledit poste ne valait rien si les ennemis venoicnt ,' avec des forces fort supérieures, ou qu'ils prissent le parti de tourner Pisek pour se poster entre ce lieu et Prague. Ils ajoutent encore que par 1^ marche des ennemis par Strakonitz el Stikna, M. de Broglie ne pouvoit faire autre chose que de se retirer prompiement, pour n'être, pas hors de portée d'être secouru par les alliés et mettre à couvert la ville de Prague ; que cette retraite s'est faite avec toute la présence d'esprit, l'ordre et le courage possibles, M. lo maréchal de Broglie faisant l'arrière- garde à la tête des grenadiers et ayant été six ou sept jours sans se coucher ; que si il y a eu beaucoup d'équipages de perdus, ce n'eat pas qu'il n'y ait eu des escortas do commandées et prêtes à les meltre en sllreté, mais les conducteurs des équipages, même les mal-