IS
Cette fouille a été fait* sur le prétexte qu'on avoit e avis d'une somme de seize millions cachée dans cet ei droit; on n'y a cependant trouvé que quelques cloi rouilles . Les Paris sont chargés des vivres de nos armée et Ton est fort content d'eux; ils sont au désespoir, i disent qu'ils veulent tout quitter; et que cette démarcb leur fait perdre leur crédit : on leur a répondu qu'on n savoit pas que ce village leur appartint.
Il y a déj.'t sept ou huit jours que M. de Jablanowskî fait sa révérence au Roi et à la Reine ; il vient ici pass6 quelques mois. Il est palatin de Narva et frère de M"< " duchesse Ossolinska et de M"' la princesse de Talmond; iln'est pas grand, etaune assez vilaine figure; il ressembi beaucoup àM™' Ossolinska; il a l'ordre du roi de Pologne
M. de Pmguyon a pris congé aujourd'hui ; il avoit l'B niforrae du régiment Dauphin ; il part pour la Bohême M. le Dauphin étoit chez la Reine. La Reine, voyant qm M. de Puiguyon paroissoit avoirdessein de prendre congé d'elle, appela M°" de Luynes, et lui dit que M. de Puiguyon vouloit prendre congé; M""^ de Luynes, sur-le-champ, le nomma et présenta à la Reine à l'ordinaire ; c' étoit un moment avant le jeu. La Reine avant de le commencer appela M"" de Luynes, et lui dit ; « J'ai fait une sottise; je vous ai appelée pour faire prendre congé à M. dePui-, guyon, et je n'ai pas fait attention que M. le Dauphin vouloit me le présenter. M. le Dauphin, Mesdames ont droit de me présenter eux-mêmes ; mais les princes et princesses du sang prétendent aussi avoir ce droit, ce qui est un abus. »
Du merrredt'as, Dampierre. — Le Roi partit lundi ponf Saint-Léger; il y sera jusqu'à jeudi ; c'est le dernier voyage. Les dames sont : M'"" la maréchale de Maillebois, M"'" les duchesses de Ruffee et de Gramont et M"' de Mailly.
Nous sommes toujours dans la même situation en Bohême et en Bavière; nos deux maréchaux sont toujours
liPragTje et dans la camp retranché sousuette ville; c'est li. de Belle-lsie qui commande dans la ville. Les particuliers ne reçoivent aucune nouvelle; ce qui fait juger que tlous sommes investis de toutes parts, ou du moins que les tlussards etpandours autrichiens empêchent nos courriers lAe passer. L'armée de Bavière est toujours dans son camp ns-à-vis celle de M. de KevenhuUer. Il parolt que l'on t^ite toujours de la paix, et que cependant le projet est, npposé que les propositions faites de part et d'autre ne lilonvienQent pas, de faire le plus grand effort du côté fle la Bavière. Nous sommes de ce côté supérieurs, en |K)raptant les troupes bessoises , bavaroises et palatines ; U paroit certain que l'on a mandé décisivement à M. le maréchal de Broirlie de revenir en Bavière.
AOOT.
K. de Séuhetles nomme conseiller d'État. — Noavelles des armées. — Mort de Mi»^ de Birou. — RégimeDtB donnés. — Mouvement de l'artnee de M. de Mailleboia. — Voyages de Choiiiy. — Présenlalion du prince de
Condé et de M"' de Conly Le comte de Saxe. — Action du maréchal de
Broglie. — Délails sur ChotBy. — Mort de Sika , médecin du Roi. — Mademoiselle et M"!" de Mailly. — MM. de Rennepoal; goilt singulier de M'i' dn Plessis-Prasiin. — Audiences des Ëlats de Languedoc et de la ville de Paris. — Lettre da cardinal de Pleury S M. de Konigeecl*. — Projets des maréchaux de Puységur, d'Asteld et de Noaillns. — M. Orry. — Audience du Roi an maréctial de Moailles. — Entrée au conseil du cardinal de Teo' un et de M. d'Argenson le cadet. — Riment tendu. — M. Reiiauld corn. miisaire des guerres. — Visites de la Reine.
1ht lundi 6 août, Dampierre. — Il y a longtemps que je n'ai écrit, étant depuis quinze jours ici ; il ne s'est passé depuis ce temps rien d'important qui soit venu à ma
Nous sûmes ici, le 31 du mois dernier, que M. de Séchellesavoit été nommé conseiller d'État; cette place étoit vacante par la mort de H. de Fortia. Il y a trente places de conseillers d'État ; mais il n'y en a qu'environ quinze
ou seize qui travaillent assidûment; les conseillers d'État d'épée,quisoDttroisetfontparliedes trente, s'y trouvent peu souvent; les intendants des finances ont des occu^ïations qui ne leur permettent pas d'y être assidus ; il y en a de fort &§és. Le doyen préfientementest M. l'abbé Bignon. La place des doyens des conseillers d't<]tat vaut 16,000 livres, Chaqua place deoODseil)erd'Ét»t, tous irais faits, ne vaut que 3,100 livres.
Nos armées sont toujours dans la même position. On avoit dit que M. de Broglie éloit sorti de son camp avâo. 6,000 clievauk pour aller joindre l'armée de Bavière, cù qui s'est trouvé sans fondement. M. de Broglie ne manqua point de subsistances, et en a même encore pour long*' temps. On dît actuellement que M. de Maillebois marché en Bavière avec 36 bataillons et 40 escadrons , et que les Hollandais viennent occuper le camp qu'avoil M. dô Maillebois et se chargent de garder le Bas-Rhin; que le surplus de l'armée deM. de Maillebois se repliesur Givet. Le Roi a [>assé toute la semaine dernière à Versailles ; o'étoit la semaine de M""" de Mailly; pendant ce temps il a été tirer plusieurs fois.
Hier, les voyages de Choisy recontmencèreul ; le Roi en reviendra jeudi au soir après souper. M. le Cardinal étoit parti dès samedi pour ïssy. M. de Breteuil a travaillé avec le Roi. Il paroU certain qu'il y a eu une promotion, et que les régiments vacants ont été donnés ; mais on ne peut en rien savoir jusqu'à présent ; on dit qu'on a des raisons pour en faire myslère.
Du mercrtdi S, Veriailles. — J'appris samedi dernier ou dimanche la mort de M"'* de Bii'on ; elle est morte d'apoplexie àParis;elle étoit fille de M. le comte de Nogent; elle avoit été mariée en 1686, et avoit eu beaucoup d'enfants; il ne lui reste plus [irésentement que M. le duc de Biron , le marquis de Contaul, un abbé de Gontaut, M™ la duchesse de Gramont, ci -devant comtesse, M""" de Uounac, du Roure et de Seignelay.
AOUT n*%. 199.
Ce que j'ai marqué, à l'article du fi aoAL, de la promotion se vériâe ; elle est laite il y u déjà du temps, j'en suis sûr ; H. le Cardinal dit que les circonstauceB présentes ne periuettËDt pas de la rendre publique. On nomme cependant cuux A qui le Roi a donné les trois régiments vacants. On dit que H. de Collandre a eu \ti régiment qu'avoit H. du Pont-Saint-Pietre; que M. d'EcquevUly, qui est lieutenant dans le régiment du Koi , a eu Dau- ■fain-étranger, vacant par la démission de M. de Poli- ;|iac ; et celui de M. de Puiguyon à M. de Bevel, second ^ de H. le maréchal de Bi'oglie.
Dusamedi 11, Versailles. — AppesletravaildeM.de Breteuil, hier, les régiments furent déclarés. C'est ii. de Collandre qui a eu le régiment de Berry ; mais il le paye plus que la taxe : il en donne i 33,000 livres (1 ).M. de Pont- Sikint-Pierre, qui touchera celte somme, est ami de H. de l^i&tiUon, et M. de Chàtillon a grand accès et grand crédit loprès de M. le Cardinal. La raison qui a déterminé, dit- \D, en laveur de M. de Pont-Saint-Pierre, c'est qu'il avoit fayé 133,000 livres le régiment des Cravatâtes, qu'il avoit îiebetédeM.deipyeiise; quoique cesoit une chose volonnire que de donner plus que la taxe , et qu'on pourroit l'être pa£ étonné que le Roi n'entr&t pas dans cette coneidératioD, surtout lorsqu'il donne en même temps unebrigadedesgai-desdu corps à.M. de Pont-Saint^Pierre, cependant on a voulu lui faire le traitement le plus favorable. Le régiment Dauphin a été donné à M. de Soyecourt- Boisfranc: c'est le gendre deM.de Saintr-Aignan ; il le paye HQoMikà, 000 livres. M. de Sourches etM. d'Ecquevilly demaodoient ces régiments, mais ils ne vouloient
payer que le prix de la taxe ; c'est ce qui a déterminé à ne les leur pomt accorder.
(t) Od dit inAme qu'il y a unr convention particulière par laiiuïlle il paye iiJMO livres par de la. Ln taxe Jes régiments bleiis est ie IOO,I'UO francs, {Sole dit duc de tMi/nei.)
ÏW) MF,MO!BES DU DUC DE LUyiSES,
Pour le régiment de Puiguyon, dont le prix de la taxe est de iO,000 livres, comme le Roi a donné gratuitement' à M. de Puiguyon le régiment Dauphin-dragons, M. la Cardinal a jugé à propos d'employer cette somme à récompenser plusieurs officieps. U y a un M. de Sainb- Hartin, capitaine dans le régiment de du Humain, qui est resté à Linlz à l'occasion de la capitulation ; il a eu 6,000 livres de gratification. M. des Massons, lieutenant-colonel du régiment de Puiguyon, a eu 13,000 livres ; c'est le neveu d'un vieux des Plassons qui vit encore, qui est retiré à Saint-Germain, et qui étoit capitaine des chasses à Rambouillet. Le major de Puiguyon a eu 10,000 livres. MM. deMagnaconteu 7,000 francs: ils sont deux, dont l'un est dans les carabiniers , l'autre dans Nicolal-dragons.
Oh lundi 13, Versailles. — L'armée de M, le maréchal de Maillebois a commencé à marcher le 6; elle marche par quatre divisions, dont k dernière n'a dû partir que le 11. U parolt certain qu'ils vont par Nuremberg et Amberg. Il leur faut au moins trente-cinq à trente-six jours de marche pour arriver en Bohème. On m'a assuré aujourd'hui que pour cet arrangement on avoit consulté trois maréchaux de France , qui avoient chacun donné leur projet séparément, MM. de Noailles , d'Asfeld et de Puységur; que M, de Noailles étoit le seul qui avoit mis son nom au bas de son projet, et que c' étoit ce projet qu'on exécutoit aujourd'hui,
n parolt certain qu'il y a une promotion de faite, mais on ne veut pas la déclarer ; au moins M. le Cardinal me dit que ce que je désirois pour mon fils éloit fait (qui est le grade de maréchal de camp), que je pouvois même le lui mander, mais sous le secret.
On croit que l'Empereur marchera à la tète de l'année de M. de Maillebois; il y a longtemps qu'il désire et demande de marcher. Il vouloit se mettre H la tête des troupes de Bavière ; on ne l'a pas voulu j usqu'à pi-ésent.