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Le Roi revint de Choisy jeudi dernier. Les dames de ce ■voyage éloient les deux princesses de Gharolois et de La Roche-sur-Yon,M"'"deMaiUy,d'Antin, duchesse de Ruffec et marécbale d'Estrées. Le Boi repartit hier dimauche, [près le salut, pour aller àLaMeutte. Ha été tireraujourd'hui dans la plaine SaintrDenis, et revient après souper. Les dames de ce voyage sont : M""" de Mailly et de Talleyland , M"° la duchesse de Ruffec et M'"" la maréchale d'Estrées.
Mercredi 15 de ce mois, jour de l'Assomption , le Roi part après le salut, pour aller à Choisy jusqu'au mardi de la semaine suivante. Les deu.ï princesses seront de ce voyage, 51""^ de Boufflers et M"" la maréchale d'Estrées. L'arrangement des dames pour les voyages se fait entre le Roi et M°" de Mailly, et c'est elle qui avertit ou fait avertir de la part du Roi , même les princesses. M""" de BoufQers n'avoit encore été à aucun des voyages du Roi. "" la Duchesse arriva avant-hier ici pour la présentation de M. le prince de Condé etde M'" de Conty. Cette présentation l'ut faite hier dimanche, après le salut. M°" la Duchesse entra la première, menant M. le prince de Condé parla main. Le Roi le reçut bien, et l'embrassa. M^^laDuehesse étoit suivie de M'"* la princesse de Conty, ensuite Mademoiselle, M"° de Sens, M'" de La Roche-sur-Yon, et de Conty; ensuite toutes les dames de ces prinses. La présentation se fit debout chez le Roi et chez Reine. M. le comte de la Marche y étoit aussi; mais «omme il a été présenté , il entra dans le cabinet avec JH. le prince de Conty, un moment avant la présentation, V. le prince de Condé est grand pour son âge (1) ; il est bien fait et se tient à merveille; il est prodigieusement sérieux; il ne ressemble ni à pC-re ni àraère, seulement il est fort blond. M"" de Conty est fort grande , au moins
(1) LoDis-Josepli de Bourbon, prince de Cundi:, \ d'aitrer dans sa septième aonée.
aoa MEMOIRES DU DUC DE LUYNES.
autant que M"" sa mère; elle est un peu maigre et encoce un peu hàiée; cependant elle a un fort beau teint d» brune, un fort beau visage et la plus belle taille que l'oa puisse voir; et quoiqu'elle <iit été dans le couvent ( i^ Beaumont-lez-Tours) depuis l'&ge de trois ans, elle afoE^ Jxtnne grâce (1).
M. le comte de Saxe, qui était allé en Hussie à l'occasion de ses préteulions sur le duché de Courlande, est revenu» à Dresde, d'où il est parti presque aussitôt pour allée ea Bavière. M. le comte de Saxe est lieutenant géuéral plusancien que M. le duc d'Huicoui't. Sur la nouvelle de soft' arrivée, M. d'Harcourt dépècba un courrier ici poui* sa» voir ce qu'il devoit faire, croyant devoir représenter qnç depuis les lettres de service de M. le comte deSaxe^iouB l'armée de Bavière, qui sont entre les inniDs de M. le maréchal de Broglie, les circonstances pouvoient étr£ changées ; que U. le comte de Saxe étoit étranger, d'une autre religion, elixère (bâtard) d'un prince (le roi de Pologne) dout 11 se pouvoitfaireque nous ne fussions ptis longtem^is amis, demandant sur cela s'il devoit lui remettre le commandement et lui conlier tous les secrets importants dont il étoit chargé, i'ai vu la lettre de M. d'Harcourt écrite i, M. le Cardinal. On lui a marqué de remettre tout à M. le comte de Saxo.
Du mardi tk, Versailles. — On apprit hier au soir pae un courrier venu par Dresde que' le 30 du mois passé M. le maréchal de Broglie étoit sorti de son camp avec toute la cavalerie et deux brigades d'infanterie ; qu'il avoit poussé au quartier des ennemis; mais leur armée s'étant rajisemblée, ilaélé obligé de se retirer, ce qu'il a fait sang être endommagé. M. de Broglie et M. de Belle-lsle ont en-* voyé chacun une relation qui sont absolument pareilles. On fait monter la perte des ennemis â neuf cents bommes
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OU mille; nous avons eu cinquante soldats tués et autaut .de blessés; nous avons perdu cinq ofiiciers et nous en avons eu une vingtaine de blessés. Du nombre des morts sont le major et le lieateDaut-colouel du Colonel-général, et le frère de M. de Fournaise, «jue son cheval a jeté dans la Moldau, en repassant sur le pont, et qui s'y est noyé. On trouvera [aux pièces justificatives] copie de la relation 4e M. le maréuhal de Broglie.
La nouvelle de cette petite action, qui nous a coikté ^aucoup d'officiers , ne parolt pas avoir été rei;ue fort If^éablemeut ici. On juge que le projet de M. de Ik-oglie tioit de tenter un fourrage, yuoi qu'on lui en eût représenté l'impossibilité. M. de Koubise a eu un cheval de tué sons lui. On mande de PrEigue, depuis cette action, qu'on est résolu à ne point tirer un coup de fusi^ jusqu'à l'arrivée du secours. Toutes les lettres que l'on feçoit de l'rague viennent par Dresde, où elles sont apportées par fks paysans, lorsqu'on peut trouver moyen de les faire ^sser. Ces lettres sont eu chiffre. Pour les lettres des particubers , il en vient peu, et elles contiennent peu de I détails.
Du mercredi 15, Versailles. — M"" la princesse de I Gonty et M"^deConty furent hier à la toilette de la Reine. ^HDb faisoit ces jours-ci la comparaison de M"" de Conty à ^BT" de Forcalquier, toutes deux fort jolies; le visage de ^HH°"deForcalquier est beaucoup plusjobqueceluide M'" de ^P Qoaty; mais cependant, à considérer la grandeur, la lé- H ^reté de la taille et la noblesse de la hgure, en total celle H de M"' de Conty est préférable, à ce qu'il parott, à celle ^Ê 4^ H™ de Forcalquier.
H J)u mercredi -2-2, Versatllea. — Mercredi lô, jour de l'Assomption, le Roi et la Reine allèrent à la messe à l'ordinaire, et il n'y eut point de grande messe. Après dîner, ie Roi fut à. véprps, en bas, et entendit les compiles tout I de suite sans remonter .\la tribune. Immédiatement après E)e salut, le Roi partit pour Choisy. M"" de Mailly étoit
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parlie avant le Roi. Mademoiselle, M'" de La Roche-aup- Yon, M"" la duchesse de Boufflers et M"" la maréchale-*' d'Estrées s'y rendirent de Paris. Nous parfîmes d'il M"" de Luyoes, M™ de Chevreuse et moi pour y aller; il , n'y a rien eu de remarquable pendant ledit voyage. Tous les jours, hors le dimanche, le Roi a couru le cerf ou tiré; le jeudi, les deux princesses, M'"" de Mailly, M""^ de Luynes et M"^ de Boufilers allèrent à la chasse du cerf, à Sénart ; il n'y a eu de dames qu'à cette seule chasse. Le dimanche, le Roi ne sortit point que dans la maison et dansson jardin. M™' la Duchesse vint à Choisy ce jour-là; le Roi lui avoit fait dire d'y venir et d'y amener qui elle voudroit, que tout ce qui viendroit avec elle seroit bien reçu. On cherchoit à Choisy à deviner quelles seroient les dames que M°" la Duchesse choisiroit. Le duc de Villars avoit grande envie que M'"" la maréchale de Villars fût de ce voyage; mais il auroit voulu que le Roi ait paru la désirer; il tint plusieurs propos dans cette intention à M"' de Mailly, mais il n'en put tirer autre chose que ce que je viens de marquer : que ce qui viendroit avec M"" la Duchesse seroit bien reçu. Le dimanche , le Roi entendit la messe à la chapelle de Choisy, comme à l'ordinaire, excepté que les jours ouvriers il l'entend en bas, et les fêtes et dimanches en haut, dans la tribune double, du côté de la cour. L'après-dlnée, S, M. fut à quatre heures à la paroisse entendre le salut; il revint ensuite jouer au piquet avec M. du Bordage. M"" la Duchesse arriva sur les cinq heures, pendant le jeu, et n'amena avec elle que M"" de Coetlogon, sa dame d'honneur, et M. de Lassay; elle joua un moment à cavagnole; et dès que le Roi eut fini son jeu, il la mena voir la maison. M"" la Duchesse n'étoit point venue à Choisy depuis la mort de M""' la princesse de Conty. Le Roi paroissoit avoir assez d'envie qu'elle pût voir le haut du chfiteau; mais comme elle se trouva fatiguée, le Roi y mena M. de Lassay, et se fit un plaisir de lui faire voir tous les logements qu'il y fait. La