Lbttbe j>b m. de Puysibux
Mieder-Altaich, 9 juillet 1742.
Nous avons encore été tourmentés tous ces jours-ci par les hussards et pandours ; quoique cela soit assez ineommode, l'officier et le soldat commencent cependant à s'y accoutumer.
Entre les différents objets que peut avoir M. de Kevenhuller, il seroit assez difficile de démêler bien distinctement le véritable. 11 sembleroit par toutes ses manœuvres, et surtout par l'attention qu'il a eue de faire reconnoître exactement et sans cesse notre position , qu'il auroit le dessein de nous attaquer ( chose dont je doute néanmoins ) ; peut-être aussi a-t-il cru qu'en nous tourmentant il nous obligeroit à décamper ; ce que nous ferons bientôt , et que nous n'avons pu faire jusqu'à présent, ayant été obligés préalablement de retirer plusieurs postes éloignés de nous, et d'évacuer les effets du Roi ; ce qui demande du temps.
L'on nous mande de Prague que le maréchal de Belle-lsle devoit passer dans le camp autrichien pour y traiter de la paix ; il est à souhaiter qu'il réussisse, car dans la position où sont les armées du Roî^ l'on ne peut guère se flatter qu'elles puissent se réunir à temps , ni qu'elles fassent des progrès bien éclatants. L'abandon général de nos alliés et la perfidie du roi de Prusse met S. H. dans le cas de songer plutôt à conserver ses troupes qu*à continuer la guerre.