LRXTKGDEM. LE CARDINAL DE t'LEURV AU C
EDERONIGSBCIt.
M. le tnaréclial de Belle-Igle ne m'a pas laissé ignorer, Monsieur, la
boDté que.V. Ex. a eue de se
de moi dans la eonféreace qu'il
ta ^
es
a eue aveu elle , et je me llattu que mes sentimeats pour sa personne et pour ses talenU lui sont uonnug depuis trop longtemps pour ne pas Être persuadé que je serai toujours trés-sensilile aux marques d» l'honneur de votre amitié. Je m'en serois tenu pourtant au simple remerclmaut que je lui en dois, si je ne me crayois pas obligé de lui témoigner la peine extriSme que J'ai eue en apprenant qu'on mere^rdott à Vienne comme l'auteur principal de tous les trouble!^ qui agitent aujourd'hui rAllemagne. Il ne me uonviendroit pas dans le moment présent de ma justiâer d'uae accusation que je ne mérite certainement pas, et moinB^ encore de la faire aux dépens de persoime. Je ne puis pourtant pêcher d'assurer V. E. que votre cour ne me rend pas justice. Bien des gens savent combien j'ai été opposé aux résolutions que nous avons prises , et que j'ai été en quelque façon forcé d'y consentir par des motifs pressants qu'on a allégués, et V. Kx, est trop instruite de ee qui se passe pour ne pas deviner aisément celui qui mit tout en oem pour déterminer ledioi à entrer dans une ligne qui étoit si contraire mou godt et à mea principes.
J'ai regretté souvent , Monsieur, de n'être point à portée de ouvrir avec V. Ex., parce que la counoissance quej'aideson caractère et de ses lumières me faisait présumer qu'il eût été très-possible de trouver des moyens de préviiuir uac guerre qui ne pouvoit qu'opérac de grands malbeurs et l'effusion du sang bumain. Dieu ne 1' permis, et j'ose protester que c'est ce qui cause toute l'amertume dét
V. Ëx. sait tout ce que j'ai tenté sous le règne du fen empereur, de glorieuse mémoire, pour établir une solide et ferme union entre doi deux cours ijel'avois regardée comme le maintien de la tranquillité pu* blique et surtout de la religiou. Je ne veux ui ne dois entrer dang tous les obstacles qui s'y sont opposés ; mais je crois avoir donné des preuves non équivoquM de la droiture de mes intentions et de tout ce que j'ai fait en conséquence^pour parvenir à un proj^ si désirable.
Lesgrauds maux ne sont pourtant presque jamaissans remède, quand on est également disposé de tous câtés à le chercber. Il s'agit aujoiir> d'Ilui d'arrêter du moins les suites funestes d'une guerre qui ost prête à embraser toute l'tjirope. Je ne puis qu'approuver tout ce que V. Eb.J a dit à M. le marédialde Belle-lsle, et je conviens qu'il est juste qtlfl
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legpropositioiis d'un, accommodement soient proportionnées à la situation où se trouvent les puissances respectives.
Mais vous êtes trop équitable aussi, Monsieur, et vous connoissez trop rincertitude des événements pour ne pas convenir aussi que quelques succès dont Dieu favorise quelqu'un , Thumanité, la religion, ni même la politique ne doivent pas porter à en abuser ni à en tirer tous les avantages dont on pourroit se flatter. Ce seroit mettre des barrières insurmontables à une siticère réconciliation et laissa des semences d'une iiaine et d*ime division étemelles .
Si voîte cour veut bien donner son approbation à ces réflexions et se prêter à dés conditions modérées et raisonnables , qui ne blessent pas l'honneur du Roi , j'espère que Y. Ex. aura lieu d'être contente de nos propositions. L'Europe ni la religion ne sont pas dans un état tranquille , et la principale attention des grandes puissances doit être de tâcher à leur donner une forme durable et constante.
Le Roi ne veut rien pour lui, et V. Ex. n'ignore pas que j'en ai donné une preuve bien convaincante dans les propositions que me fit M. Wassenaer il y a six mois. Si J*ettsse été libre, je n'aurois rien oublié pour en faire usage; mais, sans nommer personne, vous savez que nous étions malheureusement liés ; quoi qu'il en soit , je ne change point de système et je crois encore que rien n'est plus essentiel pour la tranquUlité de l'Europe qu'une parfaite union entre nos deux cours.
C'est un ouvrage digne de Y. Ex., et je mourrois content si les troubles présents <ïontribuoient à la rétablir et à la consolider. Je saisis avec empressement cette occasion de vous renouveler les assurances du cas infini que je fiais de l'honneur de votre amitié et des sentiments les plus distingués avec lesquels je fais profession , Monsieur, d'honorer V.Ex.
Lb càxdtsàl de Flburt.
16. EXtftÂlT D'tJNS LStTBft US M. ht FBtIfCS BB GftlMBEBGnÉlf
A M. LB DtJC BB LUYNBS.
Iijtiaieti742.
Il est à croire, « l'on doit en juger par les assurances , les prévenances , les ofires et les engagements que la Saxe veut prendre avec nous, que non-seulement elle n'a acquiescé à rien, mais encore que si on veut la soutenir, elle n'en prendra pas, et que ferme dans l'alliance faite, elle refusera tout autre parti. Elle a déjà fait près des parties intéressées toutes les démarches qu'elle pouvoit faire pour les convaincre de sa bonne volonté , et elle y a envoyé le détail de ce qu'elle promet mettreau jeu, ne demandant qu'un oui pour s'arranger en cimséquence.
En UD mot elle S€ déolare libre do [oui nouvel CDgagftnent et prête 1 J coTiBnuer ses premiers , et même à en &ire de nouveaux , pourvEM qu'on se coucerte avec elle et qu'on déclare qu'on veut tenir bon el agir incessamment et d'a(»:ord. Ses ministres en différentes cours il téressées ont l'ordre de parler de la sorte, et sur l'armistice, demandé de sa part, les troupes impériales et françoises sont comprises avec les siennes. Tel est l'état des choses à cet égard. Quant à celui de l'evpédition des courriers, j'en ai tant parlé que je n'ai plus à en rien dire^ cela relomberoit peut-être, ou sur la difficulté à se résoudre, ou sur celle à exposer les résolutions; mais réellement les jours sont trop courts pour ce qu'il y a à faire. Le roi de Pologne dédît tout net le maréchal de Broglte sur plusieurs choses qu'il a mandées ici plus que. gratuitement, et il s'en plaiut positivement. Vous devez juger île la peine où je suis , non qu'il u'y ait des remèdes, et remèdes spécifiques, mais remèdes qu'on ne peut pas eueore se résoudre à prendre , quoîr J qu'où ue puisse pas s'empêcher d'eu avouer la possibilité et l'efficacité..^
17, Lettre de M. de Povsieiix.
Mcder-Altalch, 12 juilLcl ITta.
Les Bessois sont enlin arrivés au camp des Bavarois ; ce coi^ est 1 de 3,000 hommes d'infanterie et de 5O0 dragons ; il est beau et assez | mal discipliné.
M. de KevenhuUer nous a laissés un peu plus tranquilles depuis quel- I ques jours. Les subsistances commencent à lui manquer; il a fait re- ^ passer quelques troupes de l'autre coté du Danube, dans son camp de] PIcinting; il n'a plus que 9 ou 10, QOO hommes à Ufferken. comte Torring, qui se sent en force à présent, voudroit fort que nous l'attaquassions de ce c6té-ci, tandis qu'il marcheroit à lui par l'aidrec cdté ; entreprise qui ne convient nullement à la situation présente des affaires, dont le suck%s d'ailleurs pourroit être douteux et l'exécution très-difBcile, et qui si elle réussissoit ne nous conduiroit à rien, puisque nous ne pourrions pas risquer de nous avancer plus que nous ne sommes du côté de l'Autriche; outre que ta position de M. de KevenbuUer est telle, que ses deux camps se communiquent par deux ponts biea J retranchés ; il peut se rassembler en fort peu de temps, et porter toutes! ses forces où il lui conviendra de faire son principal effort.
Les bruits de paix semblent s'accréditer ; elle nous connendroit at doDs les circonstances présentes ; et à parler sans feinte les troupes ]m9 désirent peut-être au fond du cŒur autant qu'aucun particulier.
Le ciel aura donc fait encore un miracle en faveur de la maison d'Ao-1 triche, mf-mc après son extinction. Mais si l'on veut bien y réfléchir J de sang-froid , l'on verra cependant qu'aveu trois ou quatre miracles I
de cette espèce, cette maison sera réduite au point où il la faudroit, étant constant que depuis 1735 il en est sorti les royaumes de Naples et de Sicile, le Tortonois , le Novarrois , la Silésie et la couronne impériale^ objets qui peuvent bien s'évaluer à 40 millions de revenus. 11 est vrai aussi que cela nous a coûté cher, et que le royaume pourra bien s'en sentir longtemps. La communication de Prague à Ëgra étant coupée , et même celle de Saxe, nos courriers ont été arrêtés par les ennemis.
L'on parle toujours de faire passer cette armée-ci en Bohême.