Lettre de M. de Puysieux
Nieder-Altaich, 16JuiUet 1742.
L'on attend le retour d'un courrier que M.' le duc d'Harcourt a dépéché, il y a douze jours, à Versailles^ pour savoir si la Cour persiste dans le projet de nous faire passer à Prague. Nous pourrons très-bien en prendre le chemin et n'y pas arriver, si l'ennemi, qui doit naturellement s'opposer à la réunion de nos forces, fait ce qu'il convient pour l'empêcher; les subsistances et les chemins seront encore des obstacles, grands sans doute à surmonter.
Nous ne recevons plus de nouvelles de Bohême; la communication, même par la Saxe , étant entièrement coupée ; ce qui est d'autant plus embarrassant que M. le duc d'Harcourt a ordre de se concerter avec M. le maréchal de Broglie lorsque nous décamperons d'ici.
L'on parle toujours beaucoup de paix ; les conférences de M. le maréchal de Belle-lsle avec M. le comte de Konigseck la font espérer ; je dis la font espérer, parce qu'à parler sans feinte tout le monde la désire également. Quelque difficile qu'elle soit à conclure , il est certain que la guerre est encore plus difficile à continuer, à moins que l'on n'ait des ressources toutes prêtes qui nous sont inconnues.
Depuis l'amnistie que Ton a publiée dans ce camp-ci, il nous déserte journellement des soldats et des cavaliers par douzaine ; cette maladie avoit déjà gagné les troupes ; Tanmistie l'a perfectionnée (1).
Les pandours et hussards nous laissent tranquilles depuis quelques jours; il esta souhaiter que M. de Kevenhuller en use de même lorsque nous décamperons.
L'on attend à chaque instant le maréchal de Seckendorf (2). dans le camp des Bavarois. Ces derniers auroient la rage d'agir offensivement;
(1) Voy. à l'année 1743, dans les pièces justiûcatives, le mémoire du maréchal de Chaulnes au Roi, et ce qu'il dit de la désertion et des amnisties. (?) Qui allait remplacer le comte deXorring.
APPEHIllCK
Je l'aimerois eiuv)i'e inieuv, et celaseruit plus aisé que de pusser e Bohême, suppoié [c<? que je De erois pas) que la guerre continue.
Ij y a eu ces jours-ci une petite action entre un détachement di ennemis et un des Bavarois, à l'avantage de ces derniers; cela s'a passé vis-à-vis de Landau, sur l'Iser. «tue mérite aucun détail. L'on dit que l'intention de M. de Kevenhuller est de jeter un pont sur cette rivière, pour s'étendre dans net subsistances et peut-être aussi pour aU taqiier les Bavarois dans leur camp, s'il croit le pouvoir faire avec evat>lage et qu'ils la»sent la sottise de l'y attfludre,