Lktthe de m. de Pisvsieux
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Nous séjournons ici encore aujourd'hui; nos équipages en partent ce soir, et nous demain, pour aller eu deut jours à Scbwandorf sur la Naab. Nous laisserons en parlant d'ici la Regen sur nôtre gâuuha' jusqu'à Regenslauf, lieu ojî nous passerons cette rivière L'on craiirtfort que nos équipages ne soient insultés en chemin.
Nos espions rapportent que l'on disoit dans lecampdeM. deKevmhuller que ce général, toujours campé à l'abhaye de Meten, proche Deekendorf, feroît incessamment le siège de Straubiog, ou qu'il nous attoqiteroit avant que nous eussions joint M. de Maillebois à Amberg. Le temps nous apprendra lequel des deux; et je pense que ce ne si ni l'un ni l'autre.
A peine avons-nous eu passé le débouché de Donaustauf, que lot j hussards de Menizel <2) se sont répandus dans les plaines qui sont I entre Tlser et le Lecli ; ils vinrent hier au nombre de 2,000 vis-à-vis de J
{■) Faubour(;de H&lisbiMae, suris rive gauche il u Danube, bu confluestd» i
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A L'ANNÉK 1742. :547
notre camp, et nous canooDèrent^ le Danube centre eux et nous ; nous leur ripostâmes de façon qu'ils se retirèrent en grande hâte. On leur tua 12 ou 15 hommes^, nous n'avons perdu personne.
Leur commandant somma la ville de Ratisbonne de lui livrer passage pour venir attaquer les François ; la gasconnade fut trouvée bonne et le passage refusé. Les troupes impériales doivent se séparer ce soir de nous. M. de Seckendorf le déclara hier à M. le comte de Saxe, qui en fut un peu surpris ; elles iront se poster à Kelheim ou dans les environs, pour s'opposer à l'irruption que les hussards et pandours se préparent à faire dans la Bavière ; les ravages dont M. de Seckendorf a été témoin, de son camp, Tont engagé sans doute à prendre le parti de s'arrêter sur le Danube pour être en état de s'opposer aux courses de ces Tartares, qui;brûlent et ravagent tout.
L'on pense que la route que nous prenons est plutôt celle de Strasbourg que celle de Prague, et cela est assez vraisemblable, sauf le chapitre des accidents et les sottises que nous pourrons faire en chemin.
500 pandours se sont présentés devant Cham, ville du Palatinat ; ils ont sommé 850 Bavarois qui la gardoient de se rendre, et 'sur le refus que ces derniers en ont fait, les pandours y ont mis le feu et les ont forcés de se rendre à discrétion ; après quoi ils ont réduit toute la ville en cendre.
Nous apprenons ( mais cela mérite confirmation) que M. de Kevenhuller a fait passer hier la plus grande partie de ses troupes à la rive droite du Danube, et que ce général doit se rendre tiemain en personne à Ratisbonne, et qu*il a fait entrer du gros canon dans Munich ; ce qui prouverait que l'intention de la reine de Hongrie seroit d'attirer le fort de la guerre en Bavière, en cas que le Roi voulût faire hiverner des troupes en ce pays-ci et que la paix ne se fasse pas.