‹ Mémoires du duc de Luynes sur la cour de Louis XV (1735-1758) (volume 2)Chapitre 53 sur 69 · Lettre de M. de Puysieux · texte numérisé non relu

Lettre de M. de Puysieux

De Schwandorf, 13 septembre 1742.

Nous sommes arrivés hier ici sans avoir éprouvé la plus petite contradiction, et depuis notre départ de Stad-Am-Hof nous n'avons pas vu un seul hussard à notre arrière-garde.

Ce camp-ci est bon, et nous y resterons quelques jours pour donner le temps à MM. de Maillebois et de Saxe de concerter leurs opérations ; ils doivent s'aboucher ensemble aujourdlmi dans un village du côté d'Amberg.

La première division de l'armée de Westphalie n'est qu'à deux grandes journées d'ici ; elle a même déjà poussé un détachement de dragons jusqu'à Nabburg, en Sorte quç nous pouvons nous regarder dès

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à présent connue rëuuisàcette armée; on prétend que eello-ci lui sei vira comme (l'avant-garde dans sa raaruhe.

M. de Sediendorf est à Kelheim avec les Impériaux , M. de K.ew( huiler avec les Autriehieus entre Pogeii et Straubing, ayant un poi sur le Danube. Est-ce pour achever de ruiner la Bavière et en tirer de nouvelles contributions que ce dernier se tient là , ou est-ce pour être toujours à portée de nous couper toute communication avec nos de^ rières lorsque nous serons plus avancés ou que nous voudrons nou|.. retirer?

Le défaut de subsistances commence à se faire sentir; ca sera toujours notre plus grand emietni, et l'on doit s'y attendre.

Tious avons appris parles dernières nouvelles de Bohême que M. le prince Charles commençait à déménager, et qu'il avoit déjà retiré une partie de son gros canon de devant Prague ; sur quolM. le maréchal de Waillebois a écrit à M. le comte de Saxe qu'il voyoit avec une sorte de plaisir que sa mission alloit devenir trop facile. Ou le souliaite plus que l'on ne l'espère. Il est constant que M. le prince Charles, sans se commettre, pourra nous embarrasser beaucoup, nefdt-ce que pour le retour. Au reste, il est inutile de philosopher d'avance sur des cho! qui sont encore assez ohscurcs.

On croit que nous entrerons en Bohême par Hies et Pilsen, portant un peu plus à droite ou à gauche suivant les circonstances ' les difficultés que l'on trouvera .

dS, KXTHAIT D'lî*iE LbTTRE

DE Dresde,

Le 1 7 septembre ù mUII.

Il est arrivé le 6 au soir à Dresde un émissaire du maréc-lial de Belle-Isie avec une lettre de lui, par laquelle il mandoit que le comte de Kouigseck lui avoit demande une entrevue, et que s'y étant rendu, ce général autrichien lui avoit fait connottre que l'archiduchesse (1) se conlenteroit que la garnison et les troupes françoises évacuassent " ' Bohême; à quoi le maréchal de Bcllc-Isie avoit répondi ordres qu'il avait éloient bien contraires à ce projet; que les circonstances présentes étoient biendifférentes de celles des temps passés ;qu'il3avoit la marche de l'armée du maréchal de Maillebois, qu'il l'attendoit sans impatience, et que la prnison de Prague ne manquoit ni de subsistances ni de munitions ; mais que s'il vouloit lui donner un passepour envoyer un courrier en France cl en recevoir de nouvelles ios-

(1) Marie-Tiii'rèse, reine de Hongrie, aiuhiJudiiMse d'Aiilriche

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A I.'ANISËE 1749. 349

tnielions, ilendépétrhcroii unâsaCour;etques'illerefusoil, iln'avoit qu'à cDiititiuerlp£Jég€.

Le duc de Lorraioc; ayant refusé le dit pnsse-port, le. siège contiDue.

Le maréchal de Belie-lsle assure en mime temps, par sa dite lettre arrivée à Dresde, qu'il dc manque de rien, qu'il se porte bien ; que tous les endroits par où les ennemis pourroient vouloir attaquer la place sont en sûreté ; que les dispositions sont faites pour les bien recevoir, de quelque manière qu'ils y vienuent; qu'on ne doit donc pasétreen peiuedelui.et qu'il tiendra bon jusqu'à l'arrivée du secours de l'armée du niarécbal de MsilleboJs,

■J6. Lettre de M. de PuvsiErx.

I De Nabburg, 17 Mplembre ITti.

I L'armée après avoir séjourné deux jours â Schwandorf sur la Naab

I en est partie ce matin pour venir camper ici ; elle doit en partir demain pour aller à Wohenstrauss ; elle arriva le 19 à Waidhausen, qui est la gorge par où M. de Maillcbois compte pénétrer en Bohême. M. dc fialincourt, avec un corps de troupes dc l'armée de M. de Maillcbois, est depuis hier au dit Waidhausen; il vient d'envoyer un courrier à M. le comtede Saxe, «il le prie par sa lettre de lui envoyer du secours, attendu qu'il n'est campé qu'à une demi-lieue des ennemis et que leurs gardes se fusillent. Les ennemis s'y rassemblent, et ou les dit au nombre de S à 9,000 hommes. Si cela est, il nous sera presque imposable, à ce que nous assure M. le comte de Saxe, de pénétrer par celle gorge, dans laquelle les ennemis ont déjà fait beaucoup d'abutis. Notregénéralsaxon,dans la conférence qu'il a eue avec M. le Maréchal, était d'avis queroDall3tparËgra;ilsera désagréable si nous sommes obligés d'y retourner. Deux divisions de iU. le Maréchal, qui sont à V jDËme hauteur que nous, arriveront au dit Waidhausen )e même jour ^kque nouB. L'on dit que les ennemis vont faire le âégo de Straubing.

B L'a Hianâl ^FiBeux

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