Lettre nE M. de PtivsiEtx
Au camp de Bramahof, ce U septembre IT43.
M. le maréchal de Maillebois doit se rendre ici aujourd'hui ; son armée, qui est en marche depuis deu\ jours, sera toiitecesoiràMaliriog, aune lieue de nous sur nos derrières, et viendra vraisemblablement occU" per demain ou après-demain ce camp-ci, que nous lui laisserons pour eu prendre un autre en avant d'une lieue ou d'une lieue et demie, et d'où il pourra nous soutenir par le peu de distance qu'il y aura entrv lui et nous. Apparemment nous continuerons à marcher de cette manière jusqu'à Prague, si M. le prince Charles n'y met pas d'opposition.
Il y a deux routes à tenir pour s'y rendre ; celle-ci, qui se dirige par Pilsen, dans laquelle il n'y a presque point de défilés et qui est touto plaines, où les deux armées peuvent marcher sur plusieurs colonnes, et par conséquent moins remplie de postes pour notre infanleiie- L'autre route est par Ëgra ; elle est un peu plus longue, mais commode pour la marche, mais aussi moins sujette à mouvements si l'on veut éviter une affaire générale, y ayant plusieurs bons postes à prendre, qui donneroient de grandes facilités pour aller sûrement. L'on i^ore encore à laquellede ces deux routes ^l. le maréchal donnera la préfé-
M. le maréchal de Maillebois et M. le prince de Conty Bont v^us aujourd'hui joindre un détachement de GOO chevaux, de douze piquets . d'infanterie et compagnies de grenadiers, qui a marché un peu en avant J de notre camp pour reconnoltre le pays, et qui est rentré trois heureS' après. J'en reviens; les ennemis nous ont montré dans le lointain 4à- J 5,000 chevaux auxquels on ne s'attendoit point; il y a eu quelques es- j carmouches .de hussards, et M. de AL-iilIcbois n'a pu remplir son ob- < jet, qui étoitdc reconnoître un camp lorsque nous déboucherions de ' celui-ci. On dit que les troupes ci-dessus sont environ au nombre de '. 12,000 hommes, et que c'est In tête de celles de M. le prince Charles.
A L'ANNÉE n«.
Choi)y, K wptembre IT41.
I^ Roi vitiit de dire que, parles nouTelles qu'il recevoilde M. de Belle-
, Isle, le prince Charles avoit levé le siège (1) In nuit du 13 au 14, qu'il
avoit fait rompre tous les ponts, laissé 12,000 hommes devant la
Irface, et étoil marché avec le reste de son armée à M. de Maillehois,
queM.deKevenhuller marchoitaussi pour le joindre.
SI. Lettre dbM. de Pvtsieux.
A BramahoN, 27 t^t^mbre 1712.
L'on liattra la générale demain matin , et nous ferons une demimarche du câté de Prague ; il y a toute appareoce que les ennemis marcheront aussitôt par leur droite pour nous cdtoyer, à moins qu'ils ne prennent le parti de se tenir sur nos derrières, tant pour nous eoupernoscoûvoisque pour harceler continuellement notre arrière-garde et tomber sur nos équipages, dont les gros ont été envoyés hier sous Egra.
Il a été décidé que nous prendrions la route la plus courte, celle d'Egra étant trop longue ei trop difficile ; tous dos espions conviennent que l'armée de M. le Grand-Duc est forte de 45,000 hommes, dont 28 de cavalerie et le reste d'infanterie de touK espèce. La ndtre est composée de 42,000 hommes effectifs, dont 33, OOO d'infanterie et le reste de cavalerie. Pour peu que les pnys que nous avons â passer soient coupés, nous aurons la supériorité de troupes ; mais s'ils sont ouverts nous serons beaucoup trop foihles en cavalerie.
Le pauvre chevalier de Saint- Vallier fut tué hier eu allant reconnottre un de DOS postes.
M. le Grand-Duc nous a renvoyé un courrier que la Cour avoit dépéché à MM. deBroglieel de Bel le- Isle, et qui étoit accompagné d'us autrecourrier et d'un passe-port de M. d'Harcourt. Ce courrier a été jusqu'auprès de Prague, où l'oflicier qui commandoit le blocus n'a pas jugé il proposdelelaisser passer; ill'a envoyée M. le Grand-Duc, lequel l'a fait passer à cette armée-ci avec un trompette, sans avoir néanmoins fait ouvrir ses paquets.
Dans ce moment les ennemis passent le ruisseau qui est vts-à-vig notrecamp,et se mettent en bataille d.iDs le desseia de nous combattre demaiu lorsque nous en sortirons.
E ULt: DE Chevbi
Prague, -a leplembre 1742.
L'aboadance commence à revenir dans Prague ; les vivres y entrait de tous les cités. Une partie de nos troupes, qu'on a fait camper au village de Libben et Petespin, sur le chemin de la Saxe, nous font espérer d'avoir bientôt notre communication totalement libre. Kout nous sommes aus^ élargis en brûlant les ponts que les eanenvf avoient construits sur la haute et basse Moldau. Les hussards et les pandours se fout à présent une espèce de guerre civile, les premiers voulant s'opposeraux désordres que commettent les seconds; etceuic\, ne voulant point se soumettre à cette discipline, tirent sur lesBosgards toutes les fois qu'ils en approchent.
Chouy, 3$ tepttmlire
Il parolt par les nouvelles de M. de Belle-Isie, que M. le Deux-Ponts n'a pas été seulement blessé ; qu'il ; a jours de tranchée ouverte devant Prague; que nous jours demeurés, dans ce temps, dans des ouvrages extérieurs faits par M. de Belle-lsle dès le eommeneecnent du siège, et que depuis que les ennemis se sont retirés de devant la place, M. de Belle-lsie a i^ combler leurs tranchëes.
S4. Lettre d'un oificieb dis l'arkég dv haréchil de Mit llebos. Du cliUDp de PlDineraut, 39 Eei>tanbre 1743.
Le 23, notre armée est partiede WaidhausGn à six heures du matin; notre arrière-garde aéte attaquée par 12 ou 1,500 hussards, qui, après avoir caracolé environ deux heures sans nous avoir Ëiit d'autre mal que de nous inquiéter, nous ont après laissés tranquilles. Hous avons continué notre route à Flans, distant de six heure de Waidbausen, où nous devions aller camper le même Jour; mais le mauviûs temps et la longueur du chemin nous en ont emp^diés. L'infanterie n'a pu arriver, et encore en partie, que le lendemain 2Ï, sur les sept heures du matin; et la cavalerie, après vingt-trois heures de marche continuelle, est arrivée à six heiffes le lendemain 23. Aussi M. le maréchal de Maillebois avoit fort envie de nous faire marcher bHit de suite le même jour; mais l'impossibilité de pouvoir mener toute son ui^terie aucampdeTirschevreit, encore trois lieues par delà, l'a
détenniné à laisser séjourner son armée le 23. 11 a bien eu raison, caf la moitié de son infanterie n'auroit pas joint sûrement; nous avons appris, le 22, que M. le duc d'Harcourt, avec un détachement de 1,500 hommes et 1,800 de M. d'Armentières , s'étoit emparé de Plan le 20, et qu'il avoit pris prisonniers 250 chevaux et 200 hommes à pied. L'arrivée de l'armée de M. le prince Charles l'a obligé de se retirer de cet endroit et. de joindre l'armée cte M. le comte de Saxe, qui est à la tête des défilés de Mahring et sur les hauteurs de Plumerauf depuis le 21.
L'armée du prince Charles occupe les montagnes des débouchés dans la plaine de Plan et de Pilsen, vis-à-vis nous, et présente un front égal à notre armée, quoique bien inférieur, plusieurs déserteurs ayant assoré qu'elle n'étoit que de 35,000 hoïnmes.
Position du camp du prince Charles.
Sa gauche appuyée à Heilereutz, Plan derrière son centre, et un village, dont je ne sais pas le nom, devant, où il a mis beaucoup d'infanterie, et la droite à Kuttenplan ; un ruisseau et des marais continuels, forment le front de nos deux camps et séparent nos deux armées.
Le 24, notre armée a campé à Tirscheureit ; le 25, à Mahring. L'infanterie de la seconde, troisième et quatrième colonne étoit partie le matin pour joindre l'armée de M. le comte de Saxe. Le 26, notre cavalerie et l'infanterie de notre première ligne a joint l'armée, et tout est rassemblé présentement.
Le 27, notre gauche s'est étendue et s'est appuyée à deux villages, dont nous nous sommes emparés, au bord du bois et près des montagnes. L'armée du prince Charles a longé aussi sur sa droite. Nos mouve^ ments sont pour sortir de Tendroit où nous sommes, et ceux des ennemis pour s'opposer aux débouchés.
Le 28, nous avons fait un fourrage ; les ennemis ont attaqué l'escorte ils ne l'ont pas forcée, mais ils nous ont tué du monde. M. de Montfort, premier factionn^eà la tête des grenadiers, a été tué; M. Le Camus, capitaine de grenadiers, blessé dangereusement; 1 lieutenant de grenadiers pris ou tué (tous officiers de Champagne) ; 1 capitame et 1 lieutenant de Poitou pris ou tués, et 62 grenadiers qui manquoientà Tappel, de 180 qu'on avoit envoyés pour l'escorte. M. de Montasse, capitaine de dragons, a Tépaule cassée et deux coups de fusil au travers du corps, et plusieurs officiers tués ou blessés dont je ne sais pas les noms. On prétend que les ennemis ont perdu autant que nous ; on leur a pris 5 chevaux de hussard.
On croit que nous décamperons demain.
Notre armée est au moins de 50,000 hommes. Dans toute autre po'
sition la pariie pourroît être inégale, quoique. b cavalerie soit cependant plus nombreuse, en eoraptaut le bon et le mauvais.
ià. LKITBE de m. HE PUYSTEEX.
A Nendort (I)„Ge 1 octobre 17*1.
Je ne vous manderai point les détails de notre position actuelle, et les fautes qui nous y ont conduits par degrés; Je vous dirai seulement qu'elle est telle que je ne vois que la paix , un combat ou ime lionteuse retraite quila puissefaire changer, à moins que M- le maréchal de Broglie, plus libre présentement dans ses mouvements, ne s'échappe de Prague pour nous rejoindre. .
5G. T:ETTBE ne M. de Pcysieux.
A Neudorf, le ti
•« ITM.
Les ennemis firent avant-hier un mouvement par leur droite, et vinrent établir un petit camp de cavalerie sur notre gauche , à la portée du mousquet ; ce mouvement ne fut que le préliminaire d'un plus considérable qu'ils firent faire hier du même côté à un plus grand corps de cavalerie, et dont ils favorisèrent la marche en faisant faire pendant ce temps-là une escarmouche surlefrontdenotrehgnepar 3 à 3,000 hussards ou pandours, auxquelsnous opposâmes quelques compagnies de grenadiers et tous les piquets de notre cavalerie et des dragons, qui se distinguèrent. Nous y avons eu 20 â 30 hommes tués ou blessés, et plusieurs officiers subalternes ; la perte des ennemis a été à peu près , égale. Nous nous emparâmes d'un village qu'ils occupoieut vers leur Centre , et nous y portâmes quelques pièces de canon ; mais tout cela n'a point empêché qu'ils n'aient fait par leur droite le mouvement dont ce petit combat a été vraisemblablement l'objet, mouvement qui nous resserre dans nos subsistances, qui les approche de la rivière d'Ëgre (3) et qui, les mettant entre Prague et notre armée, rend notre jonction avec M. le maréchal de Broglie plus difficile. On donne pour certain que ce général nettoie, au moyen des derniers détachements qu'il a (ait faire, le chemin de la Saxe, et qu'il s'est emparé de Leitmeritz, situé à l'embouchure de la rivière d'Ëgre, qui lui pourra faciliter dans la suite sa retraite en se couvrant de cetterivière.Onpeose que nous nous retirerons d'ici demain ou après, et que nous tâcherons de gagner Ggra par nos derrières.
(I) Village (le Bolifrntr è2lkues3/4 au suit d't':inliogi>u.