Exposé simple hais vbai de quelqovs faits EteniTiBLS ab
BrVÉS AYANT , PENDANT ET APRÈS LB SIBOB PB PBA«UB (1).
^vatU le iiége.
Des officiers de mérite, dont deux étrangers, qui st sont trouvés à toutes les actions , assurent que si le maréchal de Broglie avoit voulu se servir de son expérience, de sa sagesse et de sa valeur, et que, met* tant toute humeur à l'écart, il eût trouvé bon de suivre (es avis et les conseils qu'on lui donnoit, il auroit battu las AutrichieBS partout, et que kmi qu'ils eussent été à portée d'assiéfnr Prague il les auroit forcés d'abandomier la Bohême.
(1) Cet exposé doit être de SI. de MoBtreuU.
Si cependant après avoir eu, par sa faute, le malheur ffétrc obligé de se retirer sous leuaDoade Prague, il s'y étoit campé ainsi qu'on le lui conseilloit et que la situation des lieux l'exigeoit, il auroit déconecrlé et fait ( suivant les apparences ] échouer les dessems et les entreprises des ennemis, et se seroit conservé des sorties pour pouvoir foui^ ■J rager sans coup férir et fournir à son camp et à la ville de Prague ce qui y eût été nécesseire.
C'est donc à ce général seul que l'on doit imputer l'espèce de honte qu'une armée des plus valeureuses et des plus courageuses du monde' a eue en cherchant son eatut dans udc ville, tandis qu'elle auroit pu battre et détruire son ennemi en pleim
Peiidani le siège.
Après que M. le maréchal de Broglie a été dans Prague avec son armée, les Autrichiens ont assiégé cette place, qui par elle-même est de très-peu de défense, et qui n'a eu d'autres fortilicalions que celles que la vigilance et l'intelligenr« de M. le maréchal de Belle-lsle et de ceux qui éloienl sous ses ordres ont eu le temps de faire.
Les troupes, certaines d'arrêter et de vaincre tous les efforts des ennemis, étolent d'unesécuritéd'âmequialtoità la gaieté; elles avoient le pain, le vin , la bière et les légumes eu abondance ; le mouton , la volaille et le cochon no manquoient pas; il n'y avoit que le bœuf qui étoit si rare que l'on a été obligé de manger du cheval, dont les troupes se sont très-bien accommodées. On faisoitmémedes plaisanteries en disant aux cavaliers qui tracassoient leurs chevaux : ■ Messieurs, ménagez nos boeufe. » 11 est à remarquer quesi M. le maréchal de Broglie avoit mis en usage les expédients qu'on lui a fournis pour avoir des bœufs, on en auroit eu très-aisément.
Les ennemis ont battu cette place l'espace de vingt jours de tranchée ouverte. Ou prétend qu'ils ont tiré ou jeté dix mille bombes ou bou' lels, sans y avoir fait beaucoup de dommage.
Les assiégés ont fait tous les jours des sorties. T^s carabiniers, si nombre de 220, furent a la tête de la première , marchèrent à petite pas à l'ouvrage qu'ils dévoient attaquer, et quoiqu'ils fussent horriblement incommodés par le feu perpétuel qu'on faisoit sur eux, leur marche ne fut point déconcertée ni leurs rangs dérangés. Ils avancèrent fermes et serrés comme un rocher jusqu'au bord de la tranchée; y Étant, ils firent leur décharge, et en même temps sautèrent dedans, oùh ils égorgèrent tout ce quis'yrencontra. Tout étoit nettoyé et la besogne. faite avant l'arrivée de ceux qui dévoient ^es soutenir.
Ces mêmes carabiniers trouvèrent convenable d'aller, en s"eu retournant, remercier ceux qui les avoient si bien salués à leur sortie. LÂi
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les cpups de carabine pleuvoient comme grêle , et si les officiers qui commandoioit la sortie ne les eussent forcés de se retirer, ils auroient emporté cet ouvrage. En un mot, ce que cette troupe a fait dans toutes les occasions où elle s'est trouvée ne ressemble à rien, et ri^ ne peut lui être comparé. *
Dans toutes les sorties que les assiégés ont faites, ils ne sont jamais rentrés qu*ils n'aient détruit les ouvrages qu'ils ont attaqués, et tué, Messe ^ fait priscmnières les troupes qui défendoient ces ouvrages , et avancé les leurs (je veux dire les ouvrages des assiégés), de façon qu'il paroissoit que c'étoit les troupes qui étoient dans Prague qui assiégeoiesDi le camp des Autrichiens, et non les Autricbi^is qui assiégeoient Prague.
L'on assure que les ennemis ont perdu dans le siège plus de 8,000 hommes de leur infanterie, et s'ils Tavoient continué, leur armée y auroit péri par la valeur et Tintrépidité des assiégés, qui dans les sorties qu'ils faisoient jour et nuit alloient aux attaques avec la même gaieté que s'ils avoientété au bal. Les.soldats étoient tellement accoutumés au feu. qu'ils jouoient aux cartes dans les endroits les plus dangereux.
Jprés le siège.
Les assiégeants , lassés et rebutés par une aussi vigoureuse défense , (mt enfin levé le siège. Lorsqu'ils sont décampés, il restoit dans Prague 25,000 combattants, 2,500 malades et plus de 9,000 chevaux propres à remonter toute la cavalerie.
La plupart de ces 9,000 chevaux appartienn^t ou à des officiers de cavalerie, qui, ayant trouvé le moyoi d'avoir des provisions de fourrages, ont non-seulement conservé les chevaux qui étoient à eux, mais même oi ont eu de ceux qui étoient destinés pour la boucherie , ou à des officiers d'infanterie qui, ayant aussi bonne provision de fourrages, ont troqué leurs bidets contre des chevaux de cavaliers et de dragons et ont même augmenté le nombre de ceux qu'ils avoient, dans l'espérance de s'en défaire avantageusement.
L'on étoit convenu avec tous ces officiers, tant de cavalerie que d'infmterie, qu'ils donneroient leurs chevaux pour remonter la cavalerie, les dragons, les hussards, et que le Roi les leur payeroit un prix avantageux.
G^te convention faite et arrêtée, l'on informa le marédial de Broglie; et on lui proposa , de l'avis de toute l'armée , de faire suivre les Autrichiens par 5,000 chevaux et 6,000 hommes d'infanterie ; que les ennemis, qui s'imaginoient qu'il n'y avoit pour ainsi dire pas un cbeval dans Prague , seroient bien étonnés de voir une aussi nombreuse cava-
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lerie; qu'on ge faisoit fort de proQter de leur surprise p nu r leur enlever leur artillorie el s'emparer du poste de Pisck.
Cetteproposition, quoiqu'approuvéede toutesks troupes, dont cbanui ne demandojt pas mieux que d'être choisi pour la mettre à exécutiovi »c fut pourtaut point goillée de M. le maréchal, qui là refusa tout net^ eu dJsaut que leg ofBeierR serolent bien dupes de donner leiirs chevaux, puisqu'ils D'eu seroienl jamais payés.
Toutleiuondeaétéoutréde ce riifiis, et Tonne cesse de crier à foreb' qu'il est bien douloureux que l'obstinatioD d'un seul homme, qui ne' voit plus rieu que ses caprices, porte un préjudice irréparahleau Boi ot a l'empereur, qui en est la victime, et l'on est dans un éionnement inexprimable de ce qu'il né se trouve pas quelqu'un qui sache fa'\n entendre les justes représentations qu'on devroit faire dans une occasion où il y va de la gloire, de l'honneur et de l'intérêt pressant et urgent de la France.