II
' avoit
point ici de princesse du sang-; c'est M" de Luynes qai a tenu le côté de la nappe , à droite , et M"' d'Ancenis le côté gauche ; c'est l'ancienneté des duchés qui décide en pareil cas ; M"' de Luynes et M"" d'Ancenis étoient les ^ux plus anciennes. M'"' de Montauban, qui est ici , qui
Kit de semaine et qui a été ce matin à la messe de la eine, à la chapelle (1), n'a pas sui^V S. M. ce matin à la paroisse. Il parolt constant qu'il n'y a point d'exemple ^u'en pareilles cérémonies les rois et les reines ayent jamais été servis que par les hls de France, par les princes du sang et par les ducs.
Du jeudi saint 22, Yersailles.* — M, deMontijo, ambassadeur d'Espagne à la diète de Francfort, qui étoit venu ki passer quelques jours, prit hier son audience de '«ongé ; c'étoil audience particulière, sans cérémonie; il fot cependant conduit par M. deVerneuil. 11 s'en retourne & Francfort (2).
Le Koi alla hier à ténèbres, comme à l'ordinaire. L'on a retranché le psaume qu'on avoit accoutumé de chanter en musique; ce qui rend les ténèbres beaucoup plus courtes.
' Du vendredi saint 23. — La cène de la Reine fut hier comme à rordinaîre. Madame y étoit et M"' Adélaïde ; tlles portoient le pain et le vin , suivant l'usage. Madame
k'est pas néceâsaire tl que l'approbatioa du général de le<ir ordre suflil. (Note tu due de Luynes. j
(I) Les jours que la Reine fait ses déTOlions elle retourne toujours à In >MMe, à la chapelle, à son heure ordinaire. (iVoM du duc de Lvyiies.)
iï] Il ébAt parti de Fraociort pour venir rendre ses respects a duo Plil' li[9e i son passage en traiicei «ur la permiâsiun qui lui en atuil ulc dunuËe , U s'iiloil avancé jusqa'en Proruace, oii il reçut ordre de sa cour de reluiirner »i plus tat à Francfort, et c'est eu s'en retournant qu'U a passé par ici. {Hole du ilvtilt luynrt.'i
fut toujours suivie ou p&r M*"" de Tailard ou par M"' de la Lande, et oulre «ela, pour port€r les plats, huit dames titréeset cinq non titrée». Les titrées éloient M"'" les duchesses de Brissac, de*Uochechonart, d'Ancenis, de Boufflers, de Villars, de Filz-James, d'Anlin et de Fleury ; elles marchoient suivant l'ancien neti^ des duchés ; et les dames non titrées étuient M'"" de Merode, de Bouzols, de Itupelmonde jeune, de Talleyrand et de Mailly, qui niarclioient comme je les marque. Il y avoit outre cela M""" d'Andlau, qui^toit venue avec Madame, mais qui ne porloit poin t de plats, parce que le nombre étoit rempli. L'intention de la Heine avoit été de taire avertir plus de dames que le nombee nécessaire, aûn que celles qui seroient lasses pussent se reposer; cependant par l'événementil n'y eut que M'"' d'Andlau de surplus, et elle n'eut point d'occupation.
La cérémonie commença comme à l'ordinaire par le sermon. Ce fut le gardien des capucins de Montfort qui prôcha; il étoit venu le matin à pied de Montfort, et s'y en retourna le soir coucher. Son sermon l'ut très-mauvais; il le commença par un éloge de la Reine , à qui il fit encore trois autres mmpliments pendant le sermon; il en fit aussi un pour le Roi et pour M. le Cardinal, qui n'y éloient ni l'un ni l'autre ; il y parla même de Mesdames. Les dames titrées avoient des carreaux au sermon pour se mettre à genoux au Miserere. Immédiatement après le sermon, M. l'évëque de Cahors(du Guesclin), qui avoit assisté au sermon dans la place que j'ai déjà marquée en pareille occasion , monta sans mitre dans la chaire. On commença le Miserere en faux-bourdon; ensuite M. de Cahors dit les oraisons accoutumées, fit l'absoute et donna la bénédiction ; après quoi le diacre chanta l'Évangile du jour, porlu ensuite le livre à baiser à l'évèque, et ne le donna point à baiser à. la Keiue. La Reine ensuite lava les pieds , Madame lui présentant la serviette ; après quoi se lit la cène, et la Reine alla de là à ténèbres.