‹ Mémoires du duc de Luynes sur la cour de Louis XV (1735-1758) (volume 2)Chapitre 7 sur 69 · MARS 1741. UB · texte numérisé non relu

MARS 1741. UB

AlacèneduRoi, ce fut un récollet qui prêcha ; sonser-

mon ne fut pas mauvais , à ce que l'on dit; l'ordinaire

jlest que l'on ne donne rien aux prédicateurs de ce jour.

Les deujï derniers jours de ténèbres (1) ont été comme

le premier ; on n'a pointchanté de psaume en musique,

mais seulement le Wserere en faux-bourdou.

Ou samedi saint 24 , VersaiiUs. — Hier le Roi fut au sermon et à tout l'office. L'adoration de !a croix, à l'oi"dinaire;IU. le Dauphin et Madame, M. le duc de Chartres,

^]|. le prince de Bombes, H. le comte d'Eu , M. le duc de f enthièvre. M. le Cardinal étoit au sermon, après lequel ilallase mettre dans une des petites tribunes d'en bas. Aujourd'hui le Roi a été à neuf heures à la chapelle et a assisté à tout l'office (2] qui a duré jusqu'à midi. Après

^quoi il est parti pour la chasse, ayant même le projet de revenir pour ÏO (ilii etfiliœ; mais il n'est pas arrivé d'assez bonne heure. Comme le Roi se leva hier à huit heures, quoique le Bermoa ne commençî^t qu'à dix, et qu'il paroissoit occupé de quelque affaire, on crut qu'il vouloit «e confesser ou au moins voir lu P. de Linières; mais si ^Hpelaaété on ne l'a pas su. Le Roi a fait très-régulièrement ^K^aaigre tout le carême, non-seulement en public, mais ^K^ême dans ses petits appartements; il n'a pas voulu que l'on y servit du gras que pour M'"" de Mailly et pour M. de Meuse uniquement, et ce que l'on a servi eu gras a été - fort uni, fort simple et fort court. Il y. a quelques jours

Baue U. le duc d'Ayen, qui n'a presque point mangé dans ^s petits appartements de tout le carême, parce qu'il feit gras, devoit y souper en revenant de la chasse; M" de Mailly dit au Roi que M. d'Ayen s' étoit trouvé mal et qu'il espérait que S. M. voudroit bien lui permettre ^fle nuinger un morceau gras; le Roi ne répondit rien;

^ (1) Cbnnlëta itn haut par la chapclk du Roi. ( Hâte dti duc de Lvynei. } ' (a) L'offiM a été clianUi par la cimpelle, lus comiiliei ei VO /ilii ni fUia L|K lainuaiqDB. (Notr. da duc dn lJa,ynKs.)

M"^ de Mailly en parla encore une ou deux fois , et enfin le Roi lui dit : « S'il est malade, il n'a qu'à le manger là dedans. » Dans un premier moment de vivacité, M"" de Mailly ajouta : n Cela étant, je m'en vas donc manger un morceau avec lui, » et se leva. Toutcela ne fit point changer le Roi ; M™^ de Mailly se remit à table , et M. d'Ayen alla dans une autre chambre, où on lui envoya à souper en gras.

Comme le Roi est sujet à des rhumes qui ont ci-devant donné beaucoup d'inquiétudes, on lui a conseillé de prendre du lait , d'autant plus qu'il lui fait du bien. Il a donc pris du lait à sa collation pendant tout le carême. Hier, il avoit dîné au grand couvert avec des légumes et des racines, sans aucun poisson, suivant l'usage. Le soir il toussoit assez souvent et se sentoit même la poitrine échauffée ; cependant il ne voulut point prendre son tait, quelque instance que l'onflt; il parut même que ces instances lui déplaisoientj etil mangea pour toutes choses un morceau de pain et but un verre d'eau. M. de Meuse, qui est toujours dans ce particulier , et qui y mange tous les soirs et tous les matins , est dans l'usage de prendre du lait le soir, A cause de la goulte; hier au soir, il avoit fait apporterson lait, mais voyant que le Roi n'en pre- Doil point, il ne voulut point en prendre non plus, et dit même au Roi qu'il ne croyoït point que cette action fdt trop méritoire, que c'étoit l'exemple de S. M. qui l'y déterminoit. Le Roi ne le pressa point et lui dit seulement : « Vous êtes touché de mon exemple, et je voudrois bien suivre le vùtre en d'autres cîioses, »

Il y a quelques jours que le Roi a donné à M. le vicomte de Courtonier un guidon de gendarmerie dans les chevaulégers de Bretagne ; il étoit vacant parla retraite de M. le marquis de Faudoas de Normandie.

Du mercredi 28, Versailles. — Dimanche, le Roi entendit la messe en bas; ce fut M. de Cahors qui officia et M"" de Soubise qui quêta. L'après-dlnée il y eut sermon;

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