Lettre du Roi à M. farchevéque de l'arls
Mon cousin, j'ai pris la résolution de me rendre sur ma frontière de Flandre pour y commander en personne l'armée que j'y ai fait assembler, et je tous fais cette lettre pour vous dire que je souhaite que vous ordonniez des prières publiques pour l'iieureux succès de mon voyage et pour attirer la bénédiction du ciel sur mes justes entreprises. La ennnnissanee que j'ai de votre affection pour mon service m'assure que vous vous conformerez avec zèle ù mes intentions. Sur ce je prie Dieu qu'il vous ait, mon cousin, en sa sainte et digue garde. Écrit à Versailles, le 2 mai 1744. Signé Louis, et plus bas Phélippeaiîx.
I*;t au dos est écrit: A mon cousin rarchevéque de Paris, duc de Saint Cloud, pair de France, conmiandeur de Tordre du Saint-Esprit.
15. Mandement de M, l'arckecéque de Paris pour les prières des quarante heures.
Le Roi, qui au commencement des troubles dont l'Europe est agitée s'étoît proposé. de ne prendre part h la guerre qu'en donnant à ses alliés les secours qu'il èloit engagé à leur fournir, se voit aujourd'hui contraint d'armer pour la siircté de ses propres f'.tats et pour s'opposer à des entreprises qui ne peuvent être regardées que comme de véritables hostilités de la part dos pinssaïu-es qui les ont formées.
C'est dans la vue d'exécuter avec vigueur les résolutions que Sa Majesté a prises à ce sujet et d'animer par sa présence le courage de ses troupes (pi'elle vient de se dérober à sa cour pour se rendre à leur tête et pour partager avec elles les périls auxquels elles s'ciiposent et tes pénibles travaux que la gloire et l'intérêt de l'Ktat leur fout supporter.
En des conjoDclures si intéressantes , demandons au Seigneur qu'il
A L'ANJNÉE 17-4/1.
envoie devant ce [miice , si elier à sos peuples , un aage bienfaisant , chargé de vcilU'r à sa conservation et d'écarter tous les accidents que nous pourrions craindro ponr sa personne sacrée, Convaincus que de Dien seul dépend le sort: des combats, et que quand il lui plaît ua homme en poursuit utille. et deiu sont suffisants pour fn mettre dix mille en fuite et eu déroute , conjuions-le de rendrt! inutiles les efforts Bdes nattons qui aiment et veulent la guerre, et de bénir ceux d'un Roi Wqui ne l'eatrepreud qu'à regret et ne d(^ire de vaioere qu'nlin d'obliger ceux qui fomentent la discorde à concourir au rétablissement de In tranquillité publique.
Mois en même temps qui; nous nous efforcerons d'obtenir par la ferveur de nos [mères la prospérité de nos armes, continuons à demander la paix avec les plus vives instances , et employons les larmes et Ips regrets d'une sincère pénitence ponr recouvrer un bien si précieux, (jne nos péi-bés nous ont ravi. T/intérét de la religion et le nôtre se réiilûsseut :i nous faire désirer la tin de ces tristes divisions, qui sont toujours tes funestes sources d'une infinité de crimes, de profanations et •: de désordres, et presque toujours de redoutables (léauv du ciel, mfime Bpour les peuples soumis à des souverains victorieuvet conquéranls. H A ces cjuses et pour nous conformer aux intentions de Sa Majesté,
■ dous ordonnons qu'aussitôt aivrès la réception de noire présent man-
■ dénient et jusqu'à la fin delà campagne, au lieu de la collecte pro Pace, I on dira à toutes les messes celle intitulée dans le missel pro Kegc et I p/ws exercilu ; que mercredi prochain, sixième jour du présent mois de K mai, et iesdeux jours suivants on fera dans notre dite église les prières H de quarante heures avec exposition du très-Saint-Sacrement ; qu'en
chacun des dits jours les dites prières coiiimeniTront le matin par une messe solennelle et finiront le soir par un sahit dans lequel on chantera O snlitfarls hostia, avec le verset J'nnem de cvph, l'ornison
IDeusqui nabis, îe trait Domine non seruntlauif le verset Osiende nobis, Oomifje, et les oraisons Exatidi, Ine/fabllem, Deus qui cittpayVantieniiei'uô tuum prxsidiam, le verset Ora pro ttobi'xeX l'oraison Protège, Domine, fff m ulos titossnbsia'Us /;«£.«, la prière pourleRoi Oomifu'saliium/ac regem, \c\TrsvXt'iatmanustHa^ l'oraison QuiEsumus, omnipotens Deus, la prièrti pour la paix, Da pacem, le verset Fiat pax, l'oraison Deus a qiiosancta deskieria,recfa vonsilia; que les mêmes prières de quarante beures seront faites pendant trois jours, dans toutes les autres églises de la ville et du diocèse, suivant l'ordre qui sera marqué ù la suite deuotre présent mandement. Nous accordonsù toutes le.s personnes qui étant bien disposées y assisteront quarante jours d'indulgences.
Nous ordonnons on outre que jusqu'au retour de Sa Majesté on fera dans notre dite éf^lise métropolitaine et dans toutes les autres églises
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APPENDICE
(le notre diocèse, Ions les «limnnclies et toutes les fPtes fêtées, entre vPpres et eoniplies, des proeessioiis où l'on rliaiilera Ips litonies des saints et ensitite le trait Domine non secundum et tout ce qui est marciiiéci-desstis, ù l'exception de l'antienne, du verset et de l'oraison du Saint-Sacrement.
Nous exhortons les Tidèles de joindre à ces pn'ères lejertnc, l'ati* tndnc et d'autres œuvres propres à attirer sur ce royaume et sur la personne de notre auguste monarque la protection du ciel.
Si vous mandons, etc.
A Parii, le s mni 174.4.
16. Discours de M. l' ambassadeur de Hollande au Roi, a Formée I campée à Cisoin (1), le 16 mai 1744.
Sire,
Leurs Hautes Puissances, mes mattres, m'envoient vers Votre Majesté pour lui donner les témoisDfigea et les assurances les plus sincères de leur respeil et du désir ardent qu'elles ont d'entretenir et de cultiver de plus en plus avec Votre Majesté cette ancienne intelligi'iice et amitié qui fait ta gloire de la république et que les traités qui subsistent entre Votre Majesté et Leurs Hautes Puissances doivent rendre inaltérables ; c'est sur ce fondement si inébranlable et si sacré que Tueurs Hautes Puissances se (laltent de la ferme es|)érance de conserver cette première bienveillance dont Votre Majesté les a constamiucnt honorées depuis son avènement au troue, et qu'elle daignera dissiper les justes inquiétudes que leur causent les troubles dont l'Kurope est agitée.
Leurs Hautes Puissaaces voyant avec la plus sensible douleur ces troubles augmenter et s'étendre vers leurs frontières, elles supplient ^ otre Majestcde vouloir contribuer à rétablir le calme et la paix. C'est, Sire, le grand but que Votre Mnjesté se propose. Leurs Hautes Puissauces ont ret'u avec joie les assurances réitérées de sa part ; elles soubaitenl ardemmeiit de contribuer avec Votre Majesté au rétablissement d'une pai\ solide et équitable ; c'est l'objet de mon ministère, c'est celui de !a lettre que j'ai rhoniicitr de présenter à Votre Majesté avec h plus profond respt et.
Quel bonheur pour moi si en m'aequittant des devoirs que mes maîtres m'imposent, je puis me rendre digue de la protection de Votre Majesté!'
(!) Là plaine de Cisoin est pièe dr L<lic.
A L'ANNKK 1744.